L’enseignement universitaire au Canada : Point de vue de la UNBC

24 octobre 2011



À bord d’un vol reliant Prince George à Vancouver, je tente en vain de me rappeler combien de fois j’ai pris l’avion cette année. La situation de la University of Northern British Columbia (UNBC), une université du Nord au service du Nord, nécessite le déploiement d’efforts et de ressources financières importantes. L’établissement accueille également des étudiants du sud de la Colombie-Britannique et tous ceux qui ont un intérêt pour les domaines d’études qui y sont offerts. Beaucoup d’étudiants choisissent la UNBC pour apprendre et faire de la recherche dans un établissement de petite taille qui offre un environnement plus intime. Nous avons établi de solides liens avec des pays nordiques, où la UNBC semble plus reconnue que d’autres établissements de la Colombie-Britannique et d’où nous proviennent d’excellents étudiants. Comme beaucoup d’universités canadiennes, la UNBC s’internationalise grâce à la présence d’un nombre croissant d’étudiants étrangers sur ses campus. Nous nous efforçons d’offrir des programmes pour les étudiants des Premières Nations sur nos quatre campus, de même que dans le cadre du programme Wilp Wilxo’oskwhl Nisga’a dans la vallée de la Nass.

Le semestre d’automne est bien entamé, et déjà les examens et les travaux de mi-parcours occupent toutes les conversations dans les couloirs de l’Université. Même si la situation semble en tous points similaire à celle de l’an dernier, j’ai pourtant l’impression que quelque chose a changé. La situation économique mondiale est préoccupante. Cette période d’incertitude jumelée à la situation financière de la Colombie-Britannique posent de grandes difficultés pour nos gouvernements, ce qui se répercute sur la gestion des universités. Je crois que l’environnement dynamique dans lequel nous évoluons nous envoie certains signaux qui doivent guider notre réflexion au sujet de la formation offerte sur nos campus.

Les universités sont-elles en mesure de remplir leur promesse de jouer un rôle essentiel à la prospérité future du Canada? À l’évocation de cette idée s’élèvent dans les couloirs des grincements de dents qui résonnent et s’apparentent aux bruits de friction des banquises ou des plaques tectoniques. Permettez-moi de remettre en question l’idée que « nous sommes déjà passés par là ». Quand je pense aux problèmes environnementaux, aux conséquences de l’explosion de la classe moyenne dans les pays en développement, aux tendances en matière d’énergies fossiles et à la situation financière des grandes économies mondiales, j’ai l’impression que nous avançons en terrain inconnu. Nous devons réagir rapidement si nous voulons aider activement les collectivités et les entreprises canadiennes à s’adapter et à livrer concurrence dans un monde où le changement se produit à la manière d’un tsunami.

Il est plus important que jamais d’offrir d’excellents programmes d’études qui prépareront les étudiants et leur inculqueront la confiance nécessaire pour évoluer dans ce monde en constant changement. Nous devons maintenir l’excellence en enseignement dans les cours de base qui sont le fondement de nos programmes menant à un grade. Nos diplômés doivent être compétents et en mesure de concurrencer les meilleurs au monde, car les défis et les possibilités sont de plus en plus mondialisés. Pour y parvenir efficacement, nous devons poursuivre l’examen de nos modèles pédagogiques. Comme la recherche favorise l’avancement des connaissances, il est difficile d’offrir des programmes actuels et pertinents en se limitant au calendrier scolaire; beaucoup d’entre nous suivons encore un calendrier agraire dépassé. Pour relever le défi, nous devons revoir notre mode de prestation des programmes d’études. J’admire les établissements qui ont réussi à intégrer des disciplines et à adopter des démarches interdisciplinaires, de même que ceux qui ont opté pour des années scolaires et des formats de cours – comme l’enseignement par blocs – non traditionnels.

Beaucoup d’entreprises attribuent leur réussite à une association avec une université. Certaines sont même nées d’une idée ou d’une découverte. En outre, pour la plupart des entreprises, l’accès au talent et à l’infrastructure sur nos campus offre des avantages considérables. Pour les étudiants et les professeurs, les partenariats avec l’entreprise offrent un contexte idéal pour la recherche et l’apprentissage. J’estime que les occasions de partenariat sont nombreuses au-delà des traditionnels programmes coopératifs, et que les installations et le talent présents en industrie pourraient faire partie intégrante de la prestation de programmes d’études. Par exemple, nous avons imaginé un programme de génie qui ferait appel à des ingénieurs provenant de grandes entreprises forestières pour enseigner une partie de la matière et utiliserait des laboratoires industriels.

Vu sa taille restreinte et son mandat particulier dans une vaste région, la UNBC est très vulnérable aux pressions financières. Je constate cependant que le dynamisme et la souplesse de notre jeune collectivité nous aideront fortement à relever les défis énumérés précédemment. Je crois que l’enrichissement du parcours d’apprentissage contribuera grandement à former des diplômés qui possèdent la confiance nécessaire pour mettre en pratique les connaissances qu’ils ont acquises et pour continuer à apprendre tout au long de leur vie. J’espère également que ces diplômés sauront remettre en question nos associations professionnelles plutôt conservatrices afin qu’elles s’adaptent aux besoins de la société.

Lors de la dernière collation des grades, une étudiante a traversé la scène pour me serrer chaleureusement la main et me dire : « Merci! J’ai eu du bon temps ici, et je n’oublierai jamais la UNBC ». Alors que je la regardais descendre les marches, mon sens des responsabilités par rapport au travail que nous accomplissons s’est mêlé à un rafraîchissant sentiment d’optimisme, tant pour elle que pour nous tous qui évoluons dans un monde en constante évolution.

Non classé

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*