Accroître la valeur d’un diplôme par la consultation auprès des étudiants

07 novembre 2011



Les universités et les collèges s’efforcent de trouver le juste équilibre entre offrir une formation et offrir une expérience. Pour y parvenir, ils se dotent de bureaux administratifs dont le responsable, qu’il s’agisse d’un ombudsman ou d’un vice-recteur aux étudiants, est chargé de travailler directement avec les étudiants. L’objectif est de fournir aux étudiants un accès direct aux décideurs. Cependant, les personnes responsables de ces fonctions ont souvent pour rôle de recevoir et de traiter les plaintes, agissant davantage comme conseillers que comme promoteurs des idées des étudiants.

Partout au pays, la grogne étudiante se fait entendre. Devant les hausses récentes des coûts associés à la formation, plusieurs s’interrogent sur la valeur d’un diplôme collégial ou universitaire. Selon le plus récent rapport de Statistique Canada, il en coûtera 4,3 pour cent de plus aux étudiants pour fréquenter l’école cette année (2011-2012), ce qui porte les frais de scolarité moyens à 5 200 $ à l’université et à 2 500 $ au collège. Ces montants n’incluent pas les frais connexes, les frais de subsistance, le coût du matériel scolaire et quelques dépenses de loisir. De leur côté, les établissements accusent des arriérés de 6,4 milliards de dollars causé par l’entretien différé accumulé, dont des travaux urgents de 2,4 milliards de dollars. Même si la situation du Canada est enviable par rapport à celle d’autres pays sur le plan des coûts associés à la formation postsecondaire, ce n’est pas une raison pour laisser les coûts augmenter et la situation se dégrader.

Une bonne part de la solution aux problèmes en éducation au Canada repose entre les mains des législateurs, mais les établissements peuvent toutefois prendre des mesures pour accroître leur valeur aux yeux des étudiants potentiels et des anciens étudiants.

Comment peuvent-ils y parvenir? En menant des consultations auprès des étudiants. Dans beaucoup d’établissements, les relations sont tendues entre la direction et les étudiants. Lorsque j’étais président de mon association étudiante, j’ai souvent eu des discussions houleuses avec la direction parce qu’elle ne prenait pas suffisamment au sérieux le point de vue et les commentaires des étudiants.

Dans son ouvrage Reflections of a University President, William Brown affirme, au sujet de l’importance des consultations sur les campus :

« Même s’ils prennent du temps, les processus consultatifs permettent souvent d’en arriver à de meilleures décisions que celles prises en catimini dans les hautes sphères. […] Ils peuvent susciter un sentiment de loyauté et d’appartenance accru. Ils peuvent même faire gagner du temps à long terme en permettant d’éviter les faux pas et le besoin de réparer les torts causés par l’absence de consultations préalables. » (Brown, 2011, p. 17)

Le collège ou l’université forme l’étudiant au sens classique du terme, mais le forme également à la participation. J’aime envisager le campus comme un village de formation. Les étudiants, quel que soit leur âge, fréquentent les établissements d’enseignement supérieur pour être mieux formés et préparés à affronter le monde.

En faisant participer les étudiants aux discussions et aux décisions relatives à l’établissement, il est possible d’améliorer véritablement leur expérience d’apprentissage et leur relation avec leur alma mater, et d’en faire des anciens fidèles et des citoyens engagés. Les établissements peuvent y parvenir en assurant une représentation étudiante au sein du conseil d’administration ou du sénat, ou simplement en créant un comité consultatif auprès du recteur. L’important est d’offrir aux étudiants un moyen de participer aux décisions stratégiques au lieu de simplement se plaindre.

Pour accroître le rôle consultatif des étudiants, les établissements peuvent prendre des mesures aussi simples que de faciliter les rassemblements et les marches sur les campus. Ils peuvent également entreprendre des changements culturels beaucoup plus vastes et complexes. Peu importe le moyen choisi, les étudiants doivent être considérés comme des électeurs ou des contribuables, c’est-à-dire comme des intervenants clés.

Ces consultations doivent se dérouler par l’intermédiaire de l’association étudiante, car elle est formée de représentants élus par les étudiants. Les processus et les méthodes de consultation sont multiples, mais rien ne vaut la communication en personne, car de grandes choses peuvent ressortir d’une simple conversation.

Non classé