Le bénévolat au cœur du développement des étudiants

20 octobre 2011



Les universités canadiennes entretiennent avec les communautés dans lesquelles elles évoluent de nombreux liens dynamiques, dont le bénévolat est un des plus essentiels.

En effet, si nos communautés veulent rester viables et prospères dans un contexte de défis économiques, démographiques et sociaux en constante évolution, elles doivent pouvoir compter davantage sur l’engagement bénévole des étudiants, des professeurs, du personnel et des diplômés des universités canadiennes. À cet égard, le Canada pourrait considérablement intensifier ses efforts, notamment chez les jeunes.

Selon les sondages, un peu moins de la moitié des Canadiens et Canadiennes s’implique dans des actions bénévoles, mais le plus gros de la charge repose sur les épaules d’une petite minorité. Ces efforts sont ainsi fournis par une poignée de « super bénévoles » dont la plupart sont sur le point de prendre leur retraite et de transmettre le flambeau aux générations suivantes.

Du reste, l’étude pancanadienne « Combler les lacunes » (2010) a révélé que les objectifs de la prochaine génération de bénévoles seront vraisemblablement très différents de ceux de la précédente. En effet, nos étudiants – qui doivent généralement jongler entre études, travail et obligations familiales – semblent rechercher davantage de souplesse, d’occasions à court terme, d’activités de groupe et de tâches qui les sortent de leur quotidien professionnel ou universitaire.

Le gouverneur général du Canada, M. David Johnston, qui a pendant longtemps occupé les fonctions de recteur d’université, encourage avec raison les jeunes du pays à être plus actifs en matière de bénévolat. D’ailleurs, nos universités peuvent endosser un rôle de leaders naturels dans cette recommandation. Car ne l’oublions pas, nombre d’établissements d’enseignement canadiens ont été fondés par des personnes ou des groupes qui ont consacré leurs ressources personnelles, professionnelles et financières à l’éducation.

À Concordia, donner de son temps gratuitement constitue depuis longtemps une valeur fondamentale. J’en veux pour exemple nos deux établissements fondateurs, la Sir-George-Williams University et le Loyola College, dont l’histoire et l’influence sur la société datent de la fin des années 1800. Nous pensons par conséquent que l’enseignement et l’apprentissage doivent s’accompagner d’un sens social de l’engagement et de la responsabilité dans la conscience d’un but significatif à atteindre.

Notre nouveau plan directeur, en cours de préparation, insiste sur l’importance d’encourager les étudiants à saisir les occasions de bénévolat, en particulier lorsqu’elles correspondent à leurs objectifs d’études. Pour ce faire, nous pourrions créer des programmes crédités tels que l’apprentissage collaboratif par le service communautaire, ou encore reconnaître le bénévolat par un dossier d’engagement communautaire ou au moyen d’un supplément au diplôme.

Concordia a pour sa part instauré un Bilan d’engagement communautaire (BEC), qui souligne officiellement l’expérience bénévole d’un étudiant en fonction de ses activités parascolaires, de son sens de l’initiative et des services rendus à la communauté. Créé en septembre 2010, il est le seul document du genre à être offert par une université québécoise.

L’encadrement est en outre indispensable. C’est pourquoi nous apprenons à ceux qui le souhaitent à devenir des bénévoles efficaces, et nous tentons de leur trouver des projets qui répondent à leurs attentes. À cet effet, Concordia a inauguré en août 2010 le Centre de bénévolat LIVE (« Leadership Initiative and Volunteer Engagement »), qui a depuis informé plus de 1 200 étudiants des multiples possibilités de bénévolat qui s’offrent à eux.

Alors que les Nations Unies célèbrent le 10e anniversaire de l’Année internationale des volontaires, les universités canadiennes, de même que ceux qui les soutiennent et leurs partenaires, doivent travailler à être aussi souples, accessibles et créatives que possible pour que le bénévolat devienne partie intégrante du développement de leurs étudiants.

Les entreprises peuvent d’ailleurs apporter leur appui en offrant des bourses d’études ciblées facilitant l’acquisition d’un sens du bénévolat qui s’exprimera tout au long de la vie. Les gouvernements, pour leur part, peuvent mettre en place des mesures financières incitatives et innovantes sous forme de compensations de prêts qui récompensent les étudiants bénévoles, par exemple. Enfin, les organisations non gouvernementales peuvent élaborer des programmes axés sur le bénévolat ainsi que des cercles de mentorat, qui préparent les étudiants à s’engager à leur façon.

Les liens entre les universités canadiennes et leurs différentes communautés – locales et internationales – s’approfondiront ainsi grâce au bénévolat, qui s’enracine dans une longue tradition et a de fortes chances de s’intensifier au cours des années à venir. Pour y parvenir, il sera cependant nécessaire que les gouvernements, les entreprises et la société en général se concertent pour intervenir en commun.

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