Grâce à des investissements des gouvernements fédéral et provinciaux et d’autres sources, totalisant 3,2 milliards de dollars, les universités canadiennes procèdent à la réfection ou à l’expansion de leurs installations ou construisent de nouveaux campus à la fine pointe de la technologie. Les universités se sont engagées à investir dans les installations afin d’attirer les meilleurs étudiants de partout au monde.
Le Programme d’infrastructure du savoir – un investissement du gouvernement fédéral de 1,3 milliard de dollars – fournit le financement grandement nécessaire pour la brique et le mortier, et va encore plus loin : il fournit de solides bases pour l’éducation, pour la recherche et pour l’avenir.
Les 183 projets sur 79 campus établissent les fondations pour l’avenir.

Longue Maison à la University of the Fraser Valley – Campus Chilliwack
Comme la moitié des jeunes Autochtones ont moins de 25 ans, il est plus important que jamais d’améliorer leur accès aux études universitaires, et la University of the Fraser Valley y travaille concrètement. L’établissement construit une longue maison sur son nouveau campus dans le Canada Education Park, situé à Chilliwack, en Colombie-Britannique. À l’aide d’une subvention de 3,1 millions de dollars du Programme, l’installation permettra d’organiser des cérémonies, des célébrations et des activités étudiantes et servira de salon pour les aînés. L’Université croit que la maison, ancrée dans la culture, le savoir et les traditions autochtones, aura un effet décisif sur l’augmentation du nombre d’étudiants autochtones. Elle s’efforce également d’améliorer la convivialité autochtone sur ses campus en offrant un programme de formation pour enseignants autochtones (en collaboration avec la University of British Columbia), un programme d’études en art autochtone, un programme d’études en travail social qui comporte un volet axé sur les Premières Nations, ainsi qu’un programme de transition d’un an sur la culture et les langues autochtones. Hugh Brody, anthropologue, cinéaste et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en études autochtones, enseigne à une nouvelle génération d’étudiants autochtones à faire de la recherche et à découvrir les éléments nécessaires à la création de collectivités durables.
Le Complexe de biosciences et de médecine familiale Cairns de la Brock University améliorera les capacités en recherche du Canada et renforcera sa réputation de chef de file en matière de santé humaine et de biosciences. Le Complexe, d’une valeur de 111,4 millions de dollars – dont 38 millions proviennent du Programme – est doté d’une installation de bioconfinement de niveau 3 qui bourdonne d’activités. Des mouches noires, des tiques et des moustiques y seront l’objet d’études liées à la maladie de Lyme, à la dengue et au virus du Nil occidental. Fiona Hunter y étudiera les mouches noires et le virus du Nil occidental. Dans la serre, Vincenzo De Luca, qui est titulaire d’une chaire de recherche du Canada, s’intéressera à la pervenche de Madagascar, qui sert à la fabrication de deux importants médicaments anticancéreux. Dans son laboratoire, Tomas Hudlicky, également titulaire d’une chaire de recherche du Canada, étudiera les analgésiques et les médicaments anticancéreux sous l’angle de la chimie verte. Les travaux de M. Hudlicky ont attiré dans son laboratoire des collaborateurs étrangers. Enfin, dans l’incubateur d’entreprises, professeurs et dirigeants d’entreprise travailleront ensemble au développement et à la commercialisation des découvertes.
Ça bouge à la University of New Brunswick. Marche, course, équilibre sont au programme de la journée. Selon le doyen de la faculté de kinésiologie, Wayne Albert, le nouveau Centre Richard J. Currie, construit au coût de 62,5 millions de dollars – dont huit millions proviennent du Programme – est impressionnant vu de l’extérieur, mais il l’est encore plus à l’intérieur. Au cœur de cet immeuble de cinq étages baigné de lumière se trouve le laboratoire de performance humaine, qui étudie toutes les déclinaisons du mouvement, des accidents de travail à la réadaptation. Des systèmes de capture du mouvement à la fine pointe de la technologie permettent de suivre les mouvements, d’estimer la charge supportée par les articulations et de surveiller l’activité musculaire. Depuis l’ouverture du Centre en mai 2011, on peut y trouver Vicky Chester, spécialiste de la biomécanique clinique, en train de travailler avec des enfants qui souffrent d’infirmité motrice cérébrale ou utilisent un appareil orthopédique. On peut également y apercevoir Chris McGibbon, un kinésiologue qui étudie la biomécanique du mouvement, en train de travailler avec des personnes âgées qui ont des problèmes d’équilibre ou qui souffrent d’arthrite. M. Albert explique que les professeurs et les étudiants s’enthousiasment pour la recherche appliquée comme celle-ci, car elle a des retombées directes pour les chirurgiens, les infirmières et le personnel des hôpitaux et du centre de réadaptation de Fredericton, ainsi que pour le monde en général.
L’Université de Sherbrooke a une vision en matière de recherche sur le cancer, qui se reflétera parfaitement dans son Centre de recherche appliquée sur le cancer modernisé au coût de 31,4 millions de dollars – dont 9,1 millions proviennent du Programme. Sherbrooke est à l’avant-garde de la recherche sur le cancer, en particulier dans les domaines des cancers du système digestif et de la génomique, qui permet de détecter précocement les cancers et de trouver des traitements ciblés. Selon le vice-doyen à la recherche, Darel Hunting, le cancer est une maladie complexe qui nécessite une approche pluridisciplinaire. L’ajout d’installations de recherche d’une superficie de 3 000 mètres carrés permettra de regrouper 31 équipes de recherche sur le cancer. Des chercheurs en biochimie, en biologie moléculaire et en immunologie pourront ainsi travailler en harmonie, à la manière d’un orchestre, comme se plaît à dire M. Hunting. Grâce à son centre modernisé axé sur le travail d’équipe et doté d’équipement de pointe, l’Université de Sherbrooke aura une longueur d’avance en matière de recherche appliquée sur le cancer qui, à long terme, devrait réduire le fardeau de la maladie sur le système de santé en favorisant la détection précoce et le recours à des traitements efficaces.
Plus de 80 chercheurs plongent avec bonheur la tête la première dans le Centre d’études sur les lacs Vale de l’Université Laurentienne. Selon Bill Keller, qui dirige le programme de recherche aquatique sur le changement climatique et les stresseurs multiples de l’Université, le Centre fera progresser la recherche sur les systèmes hydriques stressés de la région et deviendra un véritable modèle à l’échelle internationale. Conçu à l’allure du glacier qui a sculpté la région à l’époque glaciaire, le Centre construit au coût de 20,3 millions de dollars – dont 5,2 millions proviennent du Programme – abrite l’Unité conjointe d’écologie d’eau douce de l’Université, qui est déjà un chef de file en matière de restauration d’eau douce. Les installations de 26 000 pieds carrés appuient la réalisation d’un large éventail de projets en lien avec l’eau et les changements climatiques, les espèces envahissantes et les répercussions de l’exploitation minière sur les rivières, les lacs et les ruisseaux. Elles sont dotées d’un laboratoire du froid, de laboratoires de traitement de poissons et d’invertébrés vivant au fond de la mer – permettant entre autres l’échantillonnage de tissus pour l’évaluation des toxines – et même d’un dispositif de « nettoyage de véhicules » pour la gestion des espèces envahissantes.
Le campus de Mississauga de la University of Toronto était littéralement rempli à pleine capacité jusqu’à ce qu’un investissement de 70 millions de dollars – dont 35 millions proviennent du Programme – permette la construction d’un nouvel immeuble. L’effectif ayant doublé au cours des six dernières années, l’Université s’est vue forcée d’offrir des cours la fin de semaine tellement le manque de places était criant. Grâce au nouveau centre d’enseignement à la fine pointe de la technologie, les problèmes d’espace seront révolus. On y trouvera deux auditoriums de 500 et de 300 places, trois salles de conférence, des aires d’études et 19 salles de classe branchées et équipées de tous les outils technologiques, des systèmes de réponse interactifs à la vidéoconférence. Pour couronner le tout, le campus a opté pour l’architecture verte : chauffage géothermique, éclairage éconergétique, économiseurs d’eau, matériaux de construction renouvelables ou recyclés et toit vert. Lorsque le centre ouvrira ses portes aux étudiants, en plus de leur offrir tout l’espace dont ils ont déjà besoin, il permettra au campus de Mississauga de poursuivre son expansion.
Simon Peacock estime essentiel de former la prochaine génération de scientifiques, et, pour y parvenir, il est tout aussi essentiel de disposer de laboratoires modernes. Selon M. Peacock, doyen de la faculté des sciences de la University of British Columbia, l’immeuble des sciences « n’avait subi aucune amélioration depuis le lancement du spoutnik… impossible de travailler dans ces conditions ». Il se réjouit de l’investissement de 64,2 millions de dollars – dont 31,7 millions proviennent du Programme – car les étudiants et les professeurs de biologie et de zoologie pourront désormais effectuer de la recherche et aborder tous les sujets, des gènes aux écosystèmes, dans des laboratoires modernes aménagés en espace ouvert. Il envisage la construction d’un laboratoire aquatique doté de bassins de 10 mètres de profondeur où nageraient épinoches et saumons, de contrôles améliorés qui reproduisent les conditions ambiantes – salinité, température et lumière – et d’appareils de surveillance par Internet afin de faciliter la tâche des chercheurs qui étudient l’effet des changements climatiques sur les poissons. Les laboratoires permettent de percer les mystères de la vie, et M. Peacock croit qu’il est important d’offrir un espace de travail attrayant aux chercheurs de demain. Grâce au nouveau Complexe des biosciences, « la University of British Columbia continuera d’attirer les plus brillants cerveaux au monde ».
La toute première station expérimentale canadienne consacrée aux mollusques et aux crustacés est entièrement verte. D’une valeur de 8,6 millions de dollars, la station expérimentale de Deep Bay de la Vancouver Island University est le prolongement du Centre de recherche sur les mollusques et les crustacés de l’Université. Véritable exemple à suivre en matière de durabilité sur le plan de l’exploitation, de l’enseignement, de la recherche et de l’engagement communautaire, l’immeuble de 13 000 mètres carrés en forme de coquillage, unique en son genre, a été construit sur la rive de l’Île de Vancouver au moyen de ressources durables comme le bois et de matériaux locaux recyclés. Les résidus de bois sont convertis en terre végétale, les routes sont faites de coquilles d’huîtres broyées et les plantes sont indigènes. La station comprend des laboratoires d’eau de mer, une écloserie à mollusques et crustacés et des installations destinées aux études environnementales marines et aux écosystèmes côtiers. L’investissement de 2,1 millions de dollars du Programme a contribué à la construction d’un centre d’excellence qui se veut un outil d’enseignement non seulement pour les étudiants, mais aussi pour les résidents de l’Île et les travailleurs en aquaculture. La station expérimentale de Deep Bay créera des emplois pour les Canadiens autochtones et les habitants de la côte.