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Cameroun

Nouveaux agents biologiques de lutte contre la pourriture brune qui touche les cacaoyers

Nouveaux agents biologiques de lutte contre la pourriture brune qui touche les cacaoyers

Le cacao représente près de 30 pour cent des exportations non pétrolières du Cameroun. Il génère chaque année des revenus de près de 19 milliards de dollars canadiens, pour quelque 600 000 producteurs. Malheureusement, les cacaoyers sont menacés par la pourriture brune, causée par le Phytophthora megakarya. À ce jour, les efforts visant à éradiquer ce fléau ou à restreindre son expansion n’ont été qu’à moitié couronnés de succès.

Le projet cité en titre visait à mettre au point une méthode de lutte contre la pourriture brune au moyen d’agents biologiques, de même qu’à offrir à des chercheurs et à des étudiants africains une formation portant sur ces agents. Il visait également à consolider les efforts des chercheurs canadiens en vue de la création d’un réseau de recherche international, dont ils seraient membres.

En collaboration avec deux étudiants africains, l’équipe de recherche a réalisé véritable une percée scientifique en démontrant que la souche bactérienne JJY4 appartenait à une nouvelle espèce. Les propriétés antibiotiques du JJY4 se sont révélées efficaces contre le Phytophthora megakarya. Il a également été prouvé que ces propriétés stimule la croissance des cacaoyers, même en l’absence du pathogène. Cet aspect de la biofertilisation était inattendu et mérite d’être étudié plus à fond.

Soixante étudiants aux cycles supérieurs et postdoctoraux de l’Université de Yaoundé l et de l’Université de Dschang, au Cameroun, ont suivi un cours sur les agents biologiques donné par Mme Beaulieu. Leur note moyenne à l’examen écrit, soit 90 pour cent, témoigne de l’efficacité de cet exercice de transmission du savoir. Ces étudiants ont par la suite constitué la base d’un réseau de recherche québéco-camerounais.

Le projet a entre autres favorisé la participation des femmes à la recherche scientifique. En plus de codiriger un cours sur les femmes et la science, Mme Beaulieu a facilité l’organisation d’une conférence placée sous le thème de l’objectivité scientifique et du rôle des femmes en sciences. Cette conférence, à laquelle 40 personnes ont participé, a entre autres été marquée par une discussion stimulante sur les similitudes entre les chercheuses d’Amérique du Nord et leurs homologues africains de sexe masculin.

Compte tenu de la rareté des nouvelles recherches sur les antibiotiques issus de micro-organismes africains, la nouvelle molécule pourrait fort bien intéresser non seulement le secteur agricole, mais également l’industrie pharmaceutique. L’équipe entend donc, en toute logique, faire breveter sa découverte une fois la structure de la molécule stabilisée.

Il ne fait aucun doute que cette découverte intéressera également les politiques et les décideurs du Cameroun. Des représentants des ministères camerounais de l’Agriculture et du Développement rural ainsi que de la Recherche scientifique et de l’Innovation ont d’ailleurs pris part à l’une des cinq conférences organisées par Mme Beaulieu au Cameroun. M. Boudjeko prévoit assurer le suivi nécessaire auprès de ces deux ministères.