| Début : | octobre 2010 |
| Fin : | juin 2012 |
Au cours des deux prochaines décennies, la demande mondiale en énergie devrait doubler, ce qui entraînera une augmentation des coûts du carburant. Parallèlement, la production de carburants plus écologiques demeure encore très coûteuse. En fait, beaucoup craignent que la production de biocarburants à partir d’aliments végétaux comme le maïs entraîne une flambée des prix des grains.
Dans ce contexte, des chercheurs ont tenté de produire du biocarburant à partir de l’huile de cuisson usée et du jatropha, une plante non comestible. En plus de tirer parti d’une ressource facilement accessible, le recyclage de l’huile usée permet de boucler la boucle de l’agriculture, de la production alimentaire et de la production de déchets. Comme le jatropha pousse sur des terres non arables, sa culture en vue d’en récolter de l’huile ne monopoliserait pas des terres arables, et aurait donc peu d’incidence sur les prix des denrées.
L’équipe a obtenu des résultats prometteurs. Pour la toute première fois, l’estérification-transestérification en deux étapes de l’huile de jatropha, de même qu’un nouveau catalyseur, le carbonate de potassium, ont été utilisés conjointement pour obtenir un rendement en biodiésel de 94,8 pour cent. Ce nouveau catalyseur a également été utilisé pour la première fois dans la transestérifiation de l’huile végétale usée afin de produire un biodiésel affichant un rendement de 95 pour cent.
Comme l’équipe ne disposait pas de suffisamment de temps pour évaluer le rendement du biodiésel dans les moteurs, elle a comparé la qualité du biodiésel à celle du diésel d’origine fossile et à celle d’un mélange de biodiésel et de diésel d’origine fossile. Elle a également entrepris la conception d’une usine pilote de biodiésel au Ghana et analysé la faisabilité d’une production à grande échelle. Si l’usine de biodiésel est viable, le projet pourrait également créer des emplois pour des femmes ayant un faible revenu, car il faudra de la main-d’oeuvre pour planter et récolter le jatropha et en extraire de l’huile.
S’appuyant sur une ancienne collaboration, les chercheurs principaux ont fait appel au talent de trois étudiants ghanéens aux cycles supérieurs – Patrick Boakye, Arnold Painsil et Maame Addai – qui ont tous rédigé une thèse à partir des travaux réalisés. L’équipe a soumis deux articles à des revues scientifiques. Par ailleurs, M. Boakye envisage de faire un doctorat.
En collaboration avec la faculté des ressources renouvelables de la KNUST, l’équipe entend présenter ses résultats de recherche au gouvernement du Ghana. Avec en main des preuves éloquentes, les chercheurs espèrent convaincre le gouvernement d’intégrer la production de biodiésel à la politique énergétique nationale.