Les histoires d’enfants servent d’illustration au processus de correction.
Une fois le diagnostic prononcé chez un enfant, ce dernier est immédiatement orienté vers une clinique de traitement du pied bot.
La première étape de la méthode Ponseti, traitement non chirurgical du pied bot, consiste à recouvrir le membre déformé d’un plâtre orthopédique afin de maintenir les os en place.
Le plâtre est fourni gratuitement par l’hôpital. Un rouleau coûte environ 1 $US. Lorsqu’il n’y en a pas, les parents doivent en acheter dans une pharmacie près de l’hôpital.
Après cinq à sept plâtres, les enfants doivent porter un appareil orthopédique jusqu’à l’âge de quatre ans. Ces appareils sont fabriqués dans la région à partir de matériaux locaux, ce qui les rend abordables et accessibles.
Le traitement est moins efficace s’il est entrepris une fois que l’enfant a appris à marcher. Après cet âge, le traitement demeure utile, mais la correction de la malformation sera plus difficile.
La disponibilité et le coût des matériaux, l’éloignement des services médicaux et les frais de transport sont les principales entraves au traitement. Certains parents doivent prendre la décision déchirante de laisser leur enfant vivre avec un tuteur.
Des milliers d'agents ougandais de santé primaire ont appris à reconnaître les déformations du pied chez les nourrissons et à référer ces enfants dans les cliniques pied bot. Le traitement des dorénavant accessible aux enfants du pays qui en ont le plus besoin.
Les récits qui suivent ont été recueillis au cours de la visite de l’AUCC à la Mulago Hospital Clubfoot Clinic de Kampala, en Ouganda, le 15 mars 2012. Ils témoignent de chaque étape du processus de guérison.
Dellick, qui n’a même pas un mois, visite aujourd’hui la clinique pour la première fois. La pose de son plâtre sert aussi de formation à 12 physiothérapeutes, sages-femmes et résidents en orthopédie.
Sara, âgée de cinq mois, en est à sa troisième visite à la clinique. Ce plâtre est son dernier. Lorsqu’il lui sera enlevé, on lui posera des appareils orthopédiques dans l’espoir de corriger sa malformation.
Esther, quatre mois, est la preuve qu’on peut traiter le pied bot si le diagnostic est précoce. Son cas particulièrement complexe a fait l’objet de traitement peu après sa naissance. Elle porte depuis un mois des appareils orthopédiques qu’elle gardera jusqu’à l’âge de quatre ans environ.
Erin n’a été diagnostiquée qu’à cinq ans, car elle vivait dans un village éloigné. Aujourd’hui âgée de six ans, ses parents l’ont confiée à un tuteur de Buloba , village situé à 18 km de Kampala. Celui-ci prendra soin d’elle et l’emmènera à la clinique chaque fois que ce sera nécessaire.
L’hôpital ne disposait pas de rouleau de plâtre en ce jour de visite. Le tuteur d’Erin, qui n’en avait que quatre au lieu des huit nécessaires, a dû rassembler l’argent nécessaire. Grâce à sa persévérance et à un peu de chance, Erin a pu avoir son nouveau plâtre.
Aldrian est né en 2007. Son traitement a commencé la même année à la Mubende District Hospital Clubfoot Clinic, à plus de 150 km de Kampala.
Aldrian est conduit aujourd’hui à la Mulago Hospital Clubfoot Clinic par son père pour la pose d’un plâtre. Le manque d’appareils orthopédiques à la clinique de son district a entraîné une régression.
Le traitement de la malformation de Nicole, diagnostiquée à sa naissance, a commencé lorsqu’elle avait trois mois. Âgée aujourd’hui d’un an et cinq mois, sa malformation est presque corrigée. Elle visite la clinique pour se faire remettre un nouvel appareil orthopédique.
La mère de Nicole s’est rendue à la clinique régionale de Masaka, à 130 km de Kampala, pour y acheter des appareils orthopédiques, l’hôpital de Mulago n’en disposant pas au moment où elle en avait besoin. Elle met tout en œuvre afin que la malformation de sa fille soit corrigée avant son entrée à l’école.
Le traitement de Dan a commencé alors qu’il avait un mois. Aujourd’hui âgé de trois ans, il est guéri, mais doit retourner à la clinique tous les six mois jusqu’à son quatrième anniversaire pour un suivi.
Ce projet a été financé par l’Agence canadienne de développement international avec la contribution financière des partenaires.
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