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Opinion

Le potentiel des Autochtones est un maillon incontournable du potentiel du Canada

2 janvier 2012

La version anglaise de cet article d’opinion a paru dans le Toronto Star.

par Paul Davidson
Président-directeur général, Association des universités et collèges du Canada

À mesure que les Canadiens saisissent l’ampleur et la complexité de la crise qui touche bon nombre des collectivités autochtones du Canada, il peut leur sembler impossible de trouver des solutions durables à ces problèmes de longue date. Toutefois, ce n’est pas nécessairement le cas. Pour trouver ces solutions encore imprécises, il convient principalement d’écouter davantage les personnes qui ont sans doute le plus à gagner de celles-ci : les jeunes Autochtones.

Le 12 décembre, des étudiants autochtones de partout au Canada ont participé à un dialogue en ligne sur l’éducation postsecondaire diffusé en direct depuis la Mount Saint Vincent University à Halifax. Ceux-ci ont discuté de leurs aspirations et de leurs points de vue sur l’éducation universitaire avec des professeurs et des dirigeants d’universités et de collectivités autochtones à l’échelle du Canada. Organisée par l’Assemblée des Premières Nations et l’Association des universités et collèges du Canada, cette discussion franche et ouverte a porté sur les obstacles qui nuisent à l’éducation complémentaire, la volonté exprimée par les professeurs et les étudiants autochtones de créer un avenir meilleur pour la population autochtone, ainsi que le besoin urgent d’une collaboration entre tous les partenaires afin d’atteindre cet objectif. Ces étudiants se sont avérés de jeunes ambitieux et visionnaires ayant une foule de bonnes idées. Ils nécessitent et méritent un engagement soutenu à poursuivre le dialogue sur l’avenir de leurs collectivités et à réaliser de véritables changements.

Les jeunes Autochtones constituent le segment de la population qui connaît la croissance la plus rapide au pays. On compte près d’un demi-million d’Autochtones âgés de moins de 20 ans, pourtant leur taux de réussite universitaire ne représente que le tiers de la moyenne nationale. Il existe un écart important et croissant en matière d’éducation au pays et il faut inverser cette tendance.

Contrairement à la croyance populaire, les étudiants autochtones ne sont pas assurés de recevoir du financement pour fréquenter des établissements postsecondaires. En fait, bon nombre d’entre eux ne poursuivent pas leurs études après le secondaire en raison d’un manque de ressources financières et d’autres mesures de soutien. De plus, la piètre situation de l’enseignement sur les réserves de la maternelle à la 12e année empêche beaucoup de jeunes Autochtones d’atteindre ce niveau.

Les Canadiens, peut-être maintenant plus que jamais, reconnaissent la nécessité d’effectuer de véritables changements. Nous ne pouvons plus accepter que les Canadiens autochtones se voient refuser la qualité de vie élevée et les nombreuses possibilités que bon nombre d’entre nous tenons pour acquises.

Peu de choses transforment une société comme une réforme de l’éducation audacieuse et visionnaire. Puisque le gouvernement fédéral s’est récemment engagé à collaborer avec l’Assemblée des Premières Nations à complètement restructurer les écoles situées sur les réserves, il est possible d’envisager un changement fondamental dans les perspectives de la population croissante de jeunes Canadiens autochtones.

Les universités canadiennes contribuent à améliorer l’expérience d’apprentissage des étudiants autochtones à tous les niveaux. Bon nombre d’universités ont mis en œuvre des programmes de sensibilisation complets et efficaces dans les collectivités autochtones. Elles fournissent ainsi aux étudiants un soutien pédagogique et des possibilités de mentorat dès le primaire. De plus, elles renforcent les mesures de soutien aux étudiants et élaborent des programmes d’études qui reflètent les expériences de vie des Autochtones.

En plus de l’obligation morale d’instaurer des changements, la prospérité future de l’ensemble de notre pays dépend de notre capacité à aider les jeunes Autochtones à réaliser leur potentiel et leurs aspirations pour l’avenir. Les jeunes Autochtones doivent participer pleinement à la société canadienne de demain.

Notre population est vieillissante. D’ici 20 ans, le nombre de retraités doublera, tandis que la population active du Canada n’augmentera que de huit pour cent. Plus de six millions de baby-boomers prendront leur retraite au cours des 15 prochaines années, ce qui contraindra l’économie et la société canadiennes à répondre à une demande accrue en matière de services juridiques, de services sociaux et de services de santé. Nous devons nous assurer de doter tous les jeunes Canadiens des outils dont ils auront besoin pour jouer leur rôle au sein d’un Canada nouveau genre.

Il s’agit d’un enjeu de taille. Si nous ne réglons pas la situation, nous gaspillerons le potentiel d’une génération de jeunes Canadiens autochtones et, par le fait même, une grande partie du potentiel du Canada.