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Opinion

Le fédéral doit faire des investissements audacieux et ambitieux en éducation internationale

3 septembre 2012

La version anglaise de cet article d’opinion a paru dans le Hill Times le 3 septembre 2012.

Par Paul Davidson
Président-directeur général
Association des universités et collèges du Canada

Un produit de grande qualité, un prix abordable et une demande croissante. Voilà la recette de la réussite en affaires. Lorsqu’il est question d’éducation internationale, ces trois ingrédients sont gages de croissance économique dans les collectivités de partout au pays. Et le Canada les possède tous.

Nous avons la chance d’offrir des programmes d’éducation exceptionnels à tous les niveaux. Au niveau universitaire, nos programmes de très grande qualité jumelés à des frais de scolarité abordables procurent une valeur hors du commun. La demande visant l’excellence en éducation est en croissance partout dans le monde, et en particulier dans des pays comme l’Inde, le Brésil et la Chine, où la classe moyenne grandissante recherche des programmes d’études de grande qualité à l’étranger.

Le défi à relever est pressant et consiste à déterminer comment tirer parti de nos atouts afin de renforcer l’image de notre système d’éducation à l’étranger, d’améliorer les possibilités d’éducation internationale offertes aux étudiants canadiens et de répondre aux besoins changeants du marché de l’emploi canadien. Un nouveau rapport publié cette semaine propose au gouvernement fédéral une feuille de route pour y parvenir.

Le rapport du comité consultatif sur la stratégie du Canada en matière d’éducation internationale, publié le 14 août, présente un solide plan pour accroître la prospérité au Canada par des investissements et par la création de partenariats stratégiques pour accroître le domaine de l’éducation internationale.

Afin de maximiser le fort potentiel du Canada en matière d’éducation internationale, les partenaires du gouvernement, du milieu de l’enseignement supérieur et du secteur privé doivent s’unir pour renforcer l’image de marque du système d’éducation canadien, d’établir des partenariats en recherche et en innovation et de faire en sorte qu’un nombre accru d’étudiants canadiens profitent d’expériences d’études à l’étranger. Les investissements produiront des retombées importantes et durables sur les plans économique, social et culturel.

Le Canada dispose d’une base solide sur laquelle prendre appui. En 2011, le nombre d’étudiants étrangers inscrits dans les universités canadiennes était à la hausse pour une 16e année consécutive. Les effectifs étrangers à temps plein ont augmenté de plus de 11 pour cent depuis 2010 et ont quadruplé depuis 1995. Quelque 100 000 étudiants étrangers originaires de plus 200 pays fréquentent actuellement les universités du Canada, attirés par son milieu d’éducation renommé offrant de nombreuses possibilités et par ses campus sécuritaires et accueillants.

Ces étudiants de partout dans le monde viennent enrichir l’expérience d’éducation des Canadiens, apportant une vision mondialisée et de nouvelles perceptions culturelles sur les campus. Leur présence produit également d’immenses retombées économiques. Selon un rapport publié par le gouvernement fédéral en juillet 2012, les étudiants étrangers au Canada génèrent 81 000 emplois, injectent près de huit milliards de dollars dans l’économie et plus de 445 millions de dollars en revenus pour le gouvernement. Ces chiffres sont supérieurs à ceux des exportations canadiennes de blé. Le Canada, qui était auparavant « le grenier du monde », est devenu aujourd’hui le « cerveau du monde ».

Parmi ses recommandations les plus importantes, le comité consultatif propose de créer un important programme de mobilité des étudiants canadiens à l’étranger. Les employeurs canadiens réclament des travailleurs qui possèdent une connaissance des pays, des langues et des cultures étrangers. Nous avons besoin de diplômés en mesure d’établir des partenariats avec des collègues de partout dans le monde. Nous avons besoin de former des citoyens du monde.

Malheureusement, seulement trois pour cent des étudiants au premier cycle participent à une expérience d’études à l’étranger menant à l’obtention de crédits pendant la durée de leur programme. Des considérations d’ordre financier sont souvent citées comme principal obstacle à la participation à un échange universitaire, à une collaboration en recherche ou à un stage à l’étranger. Le comité recommande de permettre à 50 000 étudiants canadiens de prendre part annuellement à un séjour d’études, à un échange culturel ou à une activité d’apprentissage par le service ou l’expérience à l’étranger d’ici 2022. Les partenariats sont un élément clé de cette stratégie, suivant l’idée que les universités, les gouvernements provinciaux et territoriaux ainsi que les partenaires du secteur privé doivent, conjointement avec le gouvernement fédéral, participer au financement de ce nouveau programme de mobilité étudiante d’envergure.

Les universités canadiennes sont d’avis que les partenariats et la collaboration sont essentiels à la réussite dans le domaine de l’éducation internationale. Cinq associations nationales qui représentent le secteur de l’éducation, dont l’AUCC, collaborent dans le cadre du Consortium canadien pour le marketing international de l’éducation afin de renforcer l’image d’excellence du Canada dans le marché mondial de l’éducation. Les universités canadiennes travaillent également avec leurs partenaires du secteur privé et du gouvernement à l’établissement de relations internationales dans les domaines de l’éducation, de la recherche et de l’innovation.

Le rapport du comité consultatif offre au gouvernement fédéral l’occasion de mieux coordonner ses stratégies en matière de développement économique, de sciences et de technologie, de commerce mondial, d’immigration et d’emploi. Il propose un plan qui permettra au Canada de devenir un chef de file international en éducation, en recherche et en innovation, ainsi qu’un plan d’affaires visant des investissements dans des secteurs clés au profit de la prospérité.

Les changements constants dans le marché mondial de l’éducation dicteront la portée, l’étendue et l’urgence des prochaines étapes pour le Canada. Ces étapes devront être réfléchies, coordonnées, audacieuses et ambitieuses. À nous de les définir.