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Opinion

Le diplôme universitaire reste le moyen le plus sûr d’accéder à la prospérité

4 septembre 2012

La version anglaise de cet article d’opinion a paru dans le Globe and Mail le 4 septembre 2012.

Par Paul Davidson
Président-directeur général
Association des universités et collèges du Canada

Tout comme la ruée pour acheter de nouvelles chaussures de course aux enfants et les soirées qui raccourcissent, les derniers jours d’août entraînent invariablement leur lot d’éditoriaux s’interrogeant sur la valeur d’une formation universitaire, déplorant le montant des frais de scolarité et rappelant avec nostalgie l’âge d’or prétendument révolu de l’enseignement supérieur. Récemment, ces opinions se retrouvent également dans des articles suggérant que les diplômés d’aujourd’hui sont mal préparés pour le marché du travail et que les universités ne contribuent pas à l’atteinte des objectifs du Canada en matière de recherche et d’innovation.

S’il est vrai que les frais de scolarité ont augmenté au cours des dernières années, il en va de même pour la valeur des diplômes. Les avantages que confèrent les diplômes universitaires sur le plan du revenu sont grands et augmentent sans cesse. En moyenne, un diplômé universitaire gagnera 1,3 million de dollars de plus pendant sa carrière qu’un diplômé du secondaire et un million de dollars de plus qu’un diplômé du collégial. Et contrairement à ce qu’on peut lire dans les journaux, il y a de l’emploi pour les diplômés universitaires. De juillet 2008 à juillet 2012, 700 000 nouveaux emplois ont été créés au Canada pour les diplômés universitaires, contre 320 000 pour les diplômés collégiaux. Le nombre d’emplois disponibles n’exigeant pas de formation postsecondaire a pour sa part diminué de plus de 640 000.

L’endettement est un problème grave que nous devrions tous tenter de résoudre, mais il importe de souligner que plus de quatre diplômés canadiens sur 10 terminent leurs études sans aucune dette. Parmi ceux qui ont une dette, près du tiers doivent moins de 12 000 $. Comment pouvons-nous assurer un bon équilibre entre la valeur privée, l’intérêt public et l’accès?

Généralement, les Canadiens surestiment le coût d’un diplôme et en sous-estiment la valeur. En cette période de grande incertitude, les études universitaires demeurent le moyen le plus sûr pour les Canadiens d’accéder à la prospérité.

Une des plus grandes réussites des politiques publiques des trois dernières décennies a été l’amélioration de l’accès à un enseignement supérieur de grande qualité au Canada. Alors que l’enseignement supérieur a déjà été l’apanage de l’élite (en 1980, seulement 10 pour cent des jeunes Canadiens fréquentaient l’université), le nombre d’étudiants à temps plein a augmenté de façon constante si bien que cet automne, un jeune Canadien sur quatre fréquentera l’université à temps plein. En effet, depuis 2000 seulement, les inscriptions ont augmenté de plus de 50 pour cent. Pour la première fois l’automne dernier, les inscriptions à temps plein au premier cycle ont franchi le cap du million. Le Canada aura besoin de tous ces jeunes, et plus encore, pour compenser la vague de départs à la retraite qui a commencé à déferler. Au cours des 20 prochaines années, six millions de Canadiens partiront à la retraite, et bon nombre de ces postes, en plus des nouveaux emplois créés dans un monde de plus en plus axé sur le savoir, devront être pourvus par des diplômés universitaires. Il est essentiel d’injecter des fonds publics pour que les étudiants d’aujourd’hui aient droit à une éducation de qualité équivalente à celle des générations précédentes afin d’assurer la vigueur économique du Canada dans les années à venir.

En toute honnêteté, les investissements publics n’ont pas suivi la hausse effrénée des effectifs. En fait, en fonction du nombre d’étudiants, la contribution provinciale aux budgets de fonctionnement des universités est demeurée au niveau de 1997. Vous avez bien lu. Alors que 20 ans auparavant, l’aide publique au fonctionnement s’élevait en moyenne à 22 400 $ par étudiant, ce montant n’était plus que de 11 600 $ en 1997 et il est resté inchangé depuis. On peut présumer que les universités d’aujourd’hui arrivent à faire considérablement plus avec beaucoup moins.

Les programmes coopératifs et les stages, dans l’industrie et dans la société en général, sont devenus un élément caractéristique de l’expérience universitaire au Canada. Alors que ces formules étaient auparavant réservées à quelques programmes dans une poignée d’universités, c’est désormais plus de la moitié des étudiants qui mettent leurs idées au travail pendant leurs études. Ils profitent de ce premier contact avec le monde du travail tout comme les entreprises bénéficient de cette source accessible d’énergie, d’idées et de nouvelles méthodes.

Au Canada, plus de la moitié des professeurs ont été embauchés au cours des 10 dernières années. Partout au pays, une nouvelle génération de professeurs offre aux étudiants des occasions concrètes de recherche, une expérience qui stimule l’imagination et contribue à bâtir une culture de l’innovation. Aller à l’université, c’est plus qu’un rite de passage. C’est l’occasion de participer aux idées et à la recherche qui générera de nouvelles connaissances qui seront ensuite transformées en produits, processus et services. L’environnement de recherche est un lieu de formation essentiel pour les étudiants. La capacité à cerner un problème, à trouver des solutions et à appliquer de nouvelles connaissances dans des domaines connexes rend parfaitement l’idée d’innovation et se trouve au cœur de la mission des universités. La recherche transforme nos façons de penser, d’agir et de vivre.

Depuis 1997, les investissements fédéraux en recherche et en innovation ont doté le Canada d’une plateforme extraordinaire pour mener de la recherche de calibre mondial au profit des Canadiens et du monde entier. Ces investissements sont indispensables si le Canada veut se tailler une place de choix dans un contexte de mondialisation. Ils sont surtout essentiels à la réalisation de nouvelles découvertes et à l’éclosion de talents qui entraîneront l’amélioration des perspectives économiques pour tous les Canadiens. Finalement, l’apprentissage dans un milieu enrichi par la recherche permet aux diplômés universitaires du XXIe siècle d’acquérir les idées et les compétences que recherchent – et dont ont besoin – les employeurs d’aujourd’hui.

En passant, ces chaussures de course que vous achetez en prévision de la rentrée? Elles sont très perfectionnées grâce aux travaux de chercheurs universitaires, dont ceux du laboratoire de la performance humaine de l’Université de Calgary, qui emploie les plus grands spécialistes au monde en biomécanique des chaussures de sport.