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Opinion

L’avantage du Canada sur la scène internationale : le regard du monde est tourné vers les universités canadiennes

28 juin 2013

La version anglaise de cet article d’opinion a paru dans Embassy le 28 juin 2013

Par Paul Davidson, président de l’AUCC

Alors que la période de la collation des grades tire à sa fin au pays, les universités ouvrent leurs portes à leurs homologues étrangers, qui souhaitent s’inspirer du Canada pour favoriser l’accessibilité et l’excellence. Elles ont récemment accueilli des visiteurs de la Chine, qui s’intéressaient à l’enseignement des sciences humaines au Canada. La Chine reconnaît que c’est un volet de son système d’enseignement supérieur qu’elle doit renforcer afin de conserver sa position concurrentielle. Le gouvernement brésilien est tellement satisfait de la qualité de l’enseignement offert aux étudiants de son pays sur les campus des universités canadiennes qu’il incite fortement un plus grand nombre d’étudiants à venir au Canada. En outre, l’Allemagne et le Canada entretiennent de nouvelles collaborations en matière de recherche, un bon exemple du  système d’éducation allemand recherchant l’excellence du système d’enseignement supérieur canadien  

Les pays concurrents du Canada manifestent un vif intérêt pour ses innovations en matière d’enseignement, ses activités de recherche en plein essor et ses collaborations avec le secteur privé et la société civile. Cet intérêt marqué soulève cependant une question importante : les autres pays voient-ils dans le secteur canadien de l’enseignement supérieur un atout que nous-mêmes négligeons?

Malheureusement, la réponse est oui. L’importance du secteur universitaire est sous-évaluée au Canada. Au sein d’une économie mondiale hautement concurrentielle, nous pouvons difficilement nous permettre de ne pas exploiter nos principales forces.

Les universités comptent parmi une poignée seulement d’institutions qui existent depuis le Moyen Âge. Pourtant, elles figurent parmi les ambassadeurs les plus dynamiques du Canada sur la scène internationale. Elles font progresser le savoir, favorisent la prospérité et renforcent la position du Canada à l’étranger. Et leurs contributions ne passent pas inaperçues aux yeux du monde.

Au cours de la dernière décennie, le nombre d’étudiants a augmenté de plus de 50 pour cent dans les universités canadiennes en réponse aux signaux envoyés par le gouvernement et les entreprises, qui expriment un besoin de plus en plus pressant de travailleurs hautement qualifiés pour se démarquer dans un marché très concurrentiel. Même si certains affirment le contraire, ces diplômés obtiennent des emplois bien rémunérés. En effet, même au plus fort de la récession, soit de juillet 2008 à juillet 2012, plus de 700 000 emplois ont été créés pour les diplômés des universités.

La nouvelle génération de professeurs représente un autre avantage concurrentiel du Canada. En effet, plus de la moitié de ceux qui enseignent à l’université à l’heure actuelle sont entrés en poste depuis 2000. Beaucoup d’entre eux ont étudié à l’étranger et sont membres de réseaux de recherche internationaux, ce qui les place parmi les travailleurs les plus ouverts sur le monde de l’ensemble des secteurs de l’économie canadienne.

L’expérience étudiante évolue elle aussi. Il n’y a pas si longtemps, les programmes d’enseignement coopératif se faisaient plutôt rares. Aujourd’hui, plus de la moitié des étudiants au premier cycle participent à un stage, à un programme coopératif ou à une expérience d’apprentissage par le service à la collectivité. La recherche sur le terrain devient également la norme au premier cycle. Les avancées technologiques ouvrent la voie à de nouveaux modes d’enseignements qui mettent l’accent sur l’interaction entre étudiants et professeur. Par exemple, dans la salle de classe inversée, les exposés et les documents d’appui sont mis en ligne avant le cours. Le temps passé en classe peut donc servir à la discussion et au débat, ainsi qu’aux travaux en équipe.

La croissance des effectifs étudiants s’est accompagnée d’une augmentation des capacités et des objectifs de recherche. Le Canada se situe aujourd’hui au quatrième rang mondial sur le plan de la qualité de la recherche, tout juste derrière les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne. Cette position envieuse est d’autant plus remarquable étant donné les investissements massifs des pays émergents en recherche.

Des données révèlent que les chercheurs canadiens sont très productifs et deux fois plus susceptibles que ceux d’autres pays de collaborer avec des partenaires étrangers, étendant ainsi la portée et renforçant la réputation du Canada à l’étranger.

Les effectifs des programmes d’études en sciences, en technologie, en génie et en mathématiques connaissent une croissance plus rapide au Canada que dans n’importe quel autre pays membre de l’Organisation de coopération et de développement économiques, en particulier aux cycles supérieurs. Les effectifs en informatique sont également à la hausse, tandis que ceux dans les domaines moins en demande ont reculé de 15 pour cent. Les étudiants répondent aux signaux envoyés par le marché de l’emploi, et les universités répondent aux besoins des étudiants.

Les étudiants étrangers entraînent des retombées économiques immédiates d’environ huit milliards de dollars par année dans les collectivités de toutes tailles au pays. Ce chiffre est supérieur à celui des exportations canadiennes de blé ou de bois d’œuvre, ce qui fait de l’éducation internationale un des seuls secteurs qui a connu une croissance constante tout au long de la récession. À cela s’ajoutent les avantages à long terme d’accueillir d’excellents candidats à l’immigration, dans le cas de ceux qui choisissent de s’établir ici, et de tisser des liens durables avec ceux qui retournent dans leur pays après leurs études.

Comme le dit Dominic Barton, directeur général mondial de McKinsey & Company : « Dans un contexte de plus en plus mondialisé, il est crucial, pour notre compétitivité et notre réussite à long terme, de veiller à ce que les étudiants canadiens aient accès non seulement aux meilleurs programmes d’études au monde, mais également à la crème des étudiants étrangers. » Le Canada devrait considérer son secteur universitaire comme un de ses fleurons; à la place, beaucoup d’établissements sont confrontés à des compressions budgétaires et à l’incertitude.

 Cette semaine, des dirigeants universitaires étrangers rencontreront des recteurs canadiens à Ottawa pour discuter d’approches novatrices en matière d’enseignement et de recherche dans un contexte de concurrence internationale accrue, de pressions financières et de grands changements technologiques. Des représentants de pays comme l’Inde, la Chine et le Brésil se joindront ainsi à nos partenaires de longue date des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne et de l’Australie pour analyser les tendances mondiales qui touchent les universités de partout dans le monde. Ils sont ici pour en apprendre davantage sur les mesures prises pour assurer l’accessibilité et l’excellence du système d’enseignement supérieur canadien. Les universités canadiennes sont quant à elles impatientes de découvrir des avancées prometteuses qui les aideront à maintenir leur position de chefs de file.

Les universités canadiennes sont déterminées à maintenir leur avantage sur la scène internationale avec l’appui du gouvernement, du secteur privé et de la société civile. En mettant à profit les contributions des universités, le Canada se dote d’un avantage concurrentiel – un atout à ne pas négliger dans le contexte actuel.