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Opinion

La valeur des diplômes augmente

14 décembre 2012

Paul Davidson
Président-directeur général, Association des universités et collèges du Canada

Le rapport publié par la TD sur l’apprentissage chez les jeunes enfants est louable. Cependant, la suggestion de Carol Goar d’aller puiser le financement à même les fonds des universités est tout simplement ridicule (Early learning is a better bargain than universities, 7 décembre).

Aujourd’hui, les universités font davantage avec moins de ressources. Le financement gouvernemental par étudiant pour l’éducation postsecondaire a diminué de moitié depuis 1977. Or, malgré les pressions qui en résultent, les universités continuent à former des citoyens du monde et des diplômés dont le marché du travail a besoin.

Dans son article, Mme Goar affirme à tort que la valeur des diplômes universitaires diminue. Tous les rapports de recensement indiquent au contraire que la valeur des diplômes augmente.

De 1990 à 2011, le nombre d’emplois occupés par des diplômés universitaires au Canada a plus que doublé, passant de 1,9 million à 4,5 millions, tandis que le nombre d’emplois dans les métiers spécialisés n’a augmenté que de 31 pour cent. Pendant cette même période, 1,7 million de postes de professionnels et de gestionnaires ont été créés, dont 1,4 million sont occupés par des diplômés universitaires.

Chez les nouveaux diplômés, le taux d’emploi et la pertinence de l’emploi par rapport aux études augmentent avec le temps. Ainsi, selon une étude réalisée en 2010, en Ontario 92 pour cent des diplômés universitaires trouvent un emploi dans les six mois suivant l’obtention de leur diplôme, et 94 pour cent occupent un emploi deux ans après l’obtention du diplôme. Six mois après l’obtention de leur diplôme, 78 pour cent des diplômés travaillent dans un domaine lié à leurs études, et deux ans après l’obtention du diplôme, la proportion grimpe à 84 pour cent.

Mme Goar soutient que de nombreux employeurs dans des domaines comme la vente au détail exigent que leurs employés détiennent un diplôme universitaire. En réalité, seulement 1,7 pour cent des emplois dans la vente au détail sont occupés par des diplômés universitaires, qui touchent un salaire annuel moyen de 49 807 $. Dans le domaine de la vente, deux fois plus de diplômés universitaires travaillent dans les secteurs des produits pharmaceutiques, des appareils médicaux, du matériel technique et de la technologie des communications pour un salaire annuel moyen allant de 75 000 $ à 91 000 $. La vaste majorité des diplômés universitaires – plus de 80 pour cent – occupent des postes de professionnels, de gestionnaires, d’experts technologiques et d’administrateurs.

Il n’est pas étonnant que les inscriptions à l’université augmentent. Or, le Canada a besoin d’encore plus de diplômés. Selon les estimations du gouvernement fédéral, 75 pour cent des nouveaux emplois qui verront le jour au cours de la prochaine décennie exigeront une formation postsecondaire. Compte tenu des importants changements démographiques qui s’amorcent au Canada et de la concurrence internationale accrue, le Canada doit mobiliser toutes ses ressources et tous ses talents pour maintenir la qualité de vie à laquelle aspirent légitimement les Canadiens – ce qui comprend, bien sûr, une meilleure éducation préscolaire.