par Paul Davidson
Président-directeur général, Association des universités et collèges du Canada
Bonjour. Je suis heureux d’être ici, à Montréal, l’endroit même où a été fondée l’AUCC et où nous célébrerons le centenaire de notre association à la fin d’octobre. En jetant un regard sur le passé, nous voyons un siècle de croissance, de dynamisme et de diversité. En jetant un regard vers l’avenir, nous voyons à quel point l’éducation et la recherche de qualité seront essentielles pour la prospérité du Canada dans la mondialisation.
Vous êtes actuellement dans une position enviable : vous avez gagné la confiance des électeurs de vos circonscriptions et, pour la première fois depuis près d’une décennie, le gouvernement dispose d’un mandat de quatre ans. Chacun de vous a la possibilité de faire quelque chose d’extraordinaire pour le Canada.
Les universités canadiennes reconnaissent que nous traversons une période d’intense incertitude à l’échelle mondiale et elles aident la population canadienne à traverser cette période trouble.
Lors de la dernière crise économique, le gouvernement a agi rapidement pour créer le Programme d’infrastructure du savoir. Témoignant d’une harmonie remarquable entre les gouvernements fédéral et provinciaux par rapport aux priorités nationales, le Programme a permis aux campus se transformer.
Le Programme a été un modèle de réussite tant sur le plan des politiques publiques que de la mise en œuvre; il n’a fallu que six semaines pour que sa mise sur pied soit annoncée, puis six mois pour que les décisions touchant son financement soient prises.
Le mois prochain, les universités de l’ensemble du pays ouvriront leurs portes pour présenter des installations nouvelles, agrandies ou rénovées dont les améliorations ont été rendues possibles grâce au Programme d’infrastructure du savoir. C’est leur façon de montrer à la population canadienne la valeur durable que procurent des mesures de reprise intelligentes. Plus de 59 activités publiques se dérouleront sur les campus et illustreront l’apport du Programme d’infrastructure du savoir à la qualité de la recherche et à la formation des étudiants canadiens. Nous espérons que vous participerez en grand nombre.
Cette année, les universités canadiennes accueillent un nombre record d’étudiants, en grande partie parce que les étudiants et leurs parents reconnaissent la valeur d’un diplôme universitaire. En effet, au cours de la récession de 2008 à 2010, plus de 300 000 nouveaux emplois destinés aux diplômés universitaires ont été créés, tandis que 430 000 emplois accessibles aux personnes sans formation postsecondaire ont été perdus.
Nous devrons accroître encore davantage la participation pour combler les besoins d’une population vieillissante, alors que le nombre de personnes à la retraite doublera et la population active connaîtra une augmentation de seulement huit pour cent.
Permettez-moi maintenant d’aborder le budget de 2012.
Nous reconnaissons que la reprise demeure fragile et que la souplesse sera de mise dans les mois à venir.
Le gouvernement actuel mérite d’être félicité pour le maintien des investissements en recherche, même au cours de la crise économique. Ces investissements ont maintenant des retombées pour les individus et les collectivités. Par le passé, le Comité m’a demandé d’élaborer sur ces retombées, et je suis heureux d’annoncer aujourd’hui que nous publions de nouvelles données à l’intention des députés sur la valeur de la recherche universitaire pour la prospérité du Canada.
En ce qui concerne le budget de 2012, nous avons trois grandes priorités.
Premièrement, la recherche universitaire : Le financement accordé par l’entremise des trois organismes subventionnaires de recherche et de la Fondation canadienne pour l’Innovation, en plus de soutenir les découvertes, les produits et les procédés nouveaux, permet aux professeurs de faire participer les étudiants à l’expérience pratique de la recherche. Les étudiants acquièrent ainsi les compétences analytiques et novatrices dont ils auront besoin pour réussir dans l’économie du savoir actuelle.
Deuxièmement, le renforcement des liens avec le secteur privé et de la culture de l’innovation : Nous devons créer des liens entre étudiants et professeurs et des partenaires du secteur privé de manière à renforcer la collaboration et les réseaux.
Nous avons besoin d’un nouveau mécanisme de financement qui aidera les entreprises à faire participer de nouveaux talents à leurs activités, qui permettra aux diplômés hautement qualifiés d’être en contact avec les entreprises canadiennes. Un tel mécanisme permettra de créer des emplois dans le secteur privé pour les titulaires de maîtrise et de doctorat, et de créer une véritable culture de l’innovation au Canada.
Enfin, la connectivité du Canada en matière d’éducation avec le reste du monde :
L’an dernier je vous ai parlé de l’Inde. En effet, en novembre dernier, les universités canadiennes ont consacré quatre millions de dollars afin de promouvoir la mobilité étudiante et la collaboration en matière de recherche avec l’Inde; et il reste encore beaucoup à faire. Nous sommes ravis de l’annonce du premier ministre concernant la présence du gouverneur général du Canada à la tête de la mission de l’AUCC au Brésil au printemps 2012.
Pourquoi est-ce que je fais continuellement référence au besoin d’améliorer la connectivité en matière d’éducation? En raison de la portée de la question, de son ampleur et de l’urgence de l’aborder.
Le Brésil vient d’annoncer la création d’un programme de bourses d’études pour permettre à 75 000 de ses étudiants de se rendre à l’étranger. L’Inde permet à 160 000 de ses étudiants de faire des études à l’étrangers – dont seulement 3 000 sont accueillis au Canada. La Chine a connu une hausse des effectifs étudiants de deux millions en deux ans.
Notre pays doit être en mesure de saisir les occasions d’entrer en contact avec les marchés en croissance – particulièrement lorsque ses concurrents ne peuvent pas le faire.
C’est pourquoi notre troisième priorité concerne la mise en place d’un important fonds de recherche mondial, axé sur des pays prioritaires comme le Brésil et l’Inde, et permettant à davantage d’étudiants et de professeurs de participer à des programmes de collaboration internationale en matière de recherche, ainsi que de créer des liens essentiels pour la prospérité future.
Conclusion :
Nous sommes heureux de constater que d’autres intervenants ont suivi notre recommandation d’améliorer l’accès à l’éducation et la réussite des jeunes Canadiens autochtones, et nous continuons de considérer la question comme un enjeu national urgent.
Nous devons nous assurer que la génération actuelle d’étudiants est le mieux formé possible et qu’elle est prête à relever les défis auxquels fait face le Canada. Nous croyons qu’un parcours universitaire axé sur la recherche et ouvert sur le monde au sein d’une culture d’innovation constitue la clé de la prospérité pour le Canada dans un monde en constante évolution.