La version anglaise de cet article d’opinion a paru dans le Toronto Star.
Le congrès de l’Association américaine pour l’avancement des sciences (AAAS) est l’une des plus prestigieuses conférences scientifiques au monde. Du 16 au 20 février 2012, 8 000 personnes se réuniront à Vancouver pour découvrir les toutes dernières percées scientifiques et présenter les nouveaux domaines de recherche qui façonneront la science au cours des prochaines décennies. Cette année, le congrès se tient hors des États-Unis pour la deuxième fois seulement en 164 ans d’existence – la première fois c’est Toronto qui l’avait accueilli en 1981.
À l’époque, j’étais étudiant au secondaire et la motivation de mon professeur de science nous avait poussés à participer à la conférence. Le Canada n’était pas un chef de file en recherche, et notre participation visait tout particulièrement à nous faire connaître les grandes universités des États-Unis ou du Royaume-Uni pouvant présenter un intérêt pour aller étudier un jour. Évidemment nous avions étudié la découverte de l’insuline, 60 ans auparavant, mais nous avions bien que les grandes découvertes scientifiques se faisaient « ailleurs ».
Aujourd’hui, les étudiants de cette même école secondaire participent à des travaux de recherche sur les cellules souches dans le cadre de leurs stages coopératifs à la Hospital for Sick Children, dans des laboratoires à la fine pointe de la technologie, en compagnie de sommités scientifiques mondiales. Aujourd’hui, plus de un million de Canadiens font des études universitaires au premier cycle, et plus de 190 000 aux cycles supérieurs, ce qui témoigne des possibilités et de la poursuite de l’excellence à la grandeur du pays.
En 1981, une seule université au Canada effectuait pour plus de 50 millions de dollars de recherche annuellement. Aujourd’hui, on en compte 26 qui en font autant et 12 d’entre elles effectuent pour plus de 300 millions de dollars de recherche par année. La University of Toronto, la plus grande université de recherche au pays, effectue annuellement pour près de un milliard de dollars de recherche. Grâce à des investissements continus, le Canada est devenu un chef de file dans les domaines de la science, de la technologie et de l’innovation.
En 1981, on comptait moins de 10 000 étudiants au doctorat au Canada. Aujourd’hui, le pays en compte environ 45 000 à temps plein, et ces étudiants effectuent des travaux de recherche qui façonneront le XXIe siècle. Un tel accroissement des possibilités a permis au Canada de se doter des personnes hautement qualifiées dont il a besoin dans l’économie mondiale.
Les universités sont maintenant très internationalisées, tant dans leurs perspectives que dans leur composition. En 1981, on ne comptait que 28 000 étudiants étrangers au Canada alors qu’aujourd’hui ils sont près de 100 000 et proviennent de plus de 200 pays différents. Les universités sont des fenêtres ouvertes sur le monde; elles renforcent les liens entre les nations et entre les gens.
Si on considère les relations avec la Chine, en 1981, seulement 250 Chinois étudiaient au Canada, alors que maintenant on en compte environ 20 000. Comme l’a mentionné le premier ministre Harper la semaine dernière à Beijing, ces liens internationaux prennent une importance croissante, particulièrement avec les superpuissantes mondiales émergentes.
Nous devrions être fiers de tout ce que nous avons accompli. En ce qui concerne l’avenir, le Canada doit maintenir ses investissements dans la recherche et l’innovation et trouver de nouvelles façons de former des collaborations internationales en matière de recherche afin que les grands problèmes mondiaux soient confiés aux plus brillants cerveaux.
En 1981, Toronto était une ville convenable pour tenir une conférence, juste au nord de la frontière des États-Unis. Cette semaine, lorsque les délégués arriveront à Vancouver, ils constateront à quel point le Canada a changé. Ils verront tout ce qui a été fait pour qu’il acquière sa réputation de destination internationale, de partenaire et de pair en matière de recherche de pointe.
En me préparant pour le congrès de Vancouver, je constate avec plaisir que plusieurs centaines d’étudiants du secondaire y assisteront, et je me demande ce qu’ils accompliront au cours des 30 prochaines années.