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Opinion

Bâtir des relations canado-brésiliennes : il est temps d’agir

6 juin 2012

La version anglaise de cet article d’opinion a paru dans la revue Embassy le 6 juin 2012.

Par Paul Davidson
Président-directeur général
Association des universités et collèges du Canada

Le Canada doit accorder une importance accrue à ses relations avec le Brésil. En effet, il existe peu de pays offrant des possibilités de partenariats et de collaboration au profit de la prospérité aussi solides et abondantes. Il importe toutefois de ne pas perdre de temps.

La nécessité d’agir pour renforcer les liens avec le Brésil a une nouvelle fois été mise en lumière la semaine dernière avec la publication du rapport du Comité permanent des affaires étrangères et du commerce international du Sénat, qui appelle le gouvernement fédéral à faire converger ses relations avec le Brésil dans les domaines de l’éducation, de la science et de la technologie. Selon ce rapport, le gouvernement du Canada doit jouer un rôle stratégique en faisant de l’éducation l’un des moteurs de l’intensification des relations canado-brésiliennes. Les universités canadiennes partagent pleinement ce point de vue.

Le renforcement des partenariats avec le Brésil constitue une priorité pour les universités canadiennes, comme en témoigne la mission internationale des recteurs au Brésil, le printemps dernier. D’une ampleur sans précédent, cette mission était dirigée par le gouverneur général du Canada, David Johnston.

Du 25 avril au 2 mai, lors de leurs visites à Rio de Janeiro, à São Paulo, à Campinas et à Brasília, les quelque 30 recteurs participants à la mission ont pu constater sur le terrain l’ampleur des possibilités de collaboration avec le Brésil en matière de recherche, d’innovation et d’enseignement supérieur.

Le gouverneur général a joué un rôle déterminant dans le succès de la mission en obtenant de la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, l’engagement de dépêcher au Canada 12 000 étudiants brésiliens au cours des quatre années à venir, dans le cadre du programme Science sans frontières créé par son pays.

Les recteurs canadiens ont pour leur part annoncé la mise sur pied de 75 nouveaux partenariats et programmes de bourses d’études destinés à renforcer la collaboration canado-brésilienne.

Le temps est venu d’agir ensemble

Le gouvernement, les universités et l’industrie sont tous conscients du potentiel de la puissance économique qu’est le Brésil. Leur défi consiste désormais à œuvrer de concert à l’établissement de nouveaux partenariats au profit de la prospérité du Canada et du Brésil.
Les perspectives de croissance du Canada sont fortement accrues lorsqu’il peut tirer parti des atouts stratégiques dont il dispose. La collaboration constitue la clé de ses relations avec le Brésil.

Pourquoi le Brésil? Il faut l’admettre, la population canadienne est relativement peu conscient des incroyables retombées potentielles de la collaboration avec ce pays. Dynamique, le Brésil est ressorti du récent ralentissement économique mondial plus puissant que nombre des partenaires traditionnels du Canada. Il investit massivement au profit de la recherche, de l’innovation et de l’éducation, y compris de la mobilité étudiante, dans le but de renforcer sa position sur la scène mondiale.

Le Brésil est récemment devenu la sixième puissance économique au monde, devant le Royaume-Uni, et il est en voie de devenir la cinquième d’ici quelques années. Les investissements du Canada au Brésil dépassent désormais ses investissements combinés en Inde et en Chine.

L’établissement de partenariats dans le domaine de l’éducation est aujourd’hui essentiel. La collaboration en matière d’enseignement supérieur avec des pays comme le Brésil crée des liens commerciaux et diplomatiques, et est indispensable à la compétitivité du Canada au sein de l’économie mondiale.

Une stratégie internationale en matière d’éducation s’impose

Pour tisser les liens qui s’imposent, le Canada doit se doter d’une stratégie internationale ambitieuse et durable en matière d’éducation et fondée sur des partenariats.

Le milieu universitaire attend impatiemment la publication du rapport du Comité consultatif sur la stratégie internationale en matière d’éducation du gouvernement fédéral, chargé de formuler des recommandations visant l’établissement d’une stratégie qui permette  au Canada d’exploiter au maximum les débouchés économiques associés à l’éducation, partout dans le monde, et d’affermir sa position sur les principaux marchés.

La stratégie devra favoriser l’atteinte des objectifs du Canada en matière d’innovation, de science et de technologie. Notre pays a jusqu’ici investi pour se doter de chercheurs et d’une infrastructure de recherche dynamiques, mobilisés et prêts à affronter le monde. Il doit maintenant se doter de mécanismes qui favorisent la collaboration internationale en matière de recherche à grande échelle. Cela exigera l’établissement de partenariats, ainsi qu’une solide participation du gouvernement et du secteur privé.

La stratégie internationale du Canada en matière d’éducation doit évoluer et aller au-delà  du recrutement d’étudiants étrangers. Elle doit assurer aux étudiants canadiens un financement durable qui leur permet d’étudier, de mener de la recherche, de travailler et de faire du bénévolat partout dans le monde. Lors de presque toutes les rencontres tenues dans le cadre de la mission au Brésil, des représentants d’universités brésiliennes demandaient combien d’étudiants le Canada comptait envoyer au Brésil.

Le Brésil investit dans divers partenariats stratégiques internationaux. En plus de financer son ambitieux programme Science sans frontières, qui permettra à quelque 100 000 étudiants d’étudier à l’étranger, il poursuit une politique dynamique d’investissements en matière de recherche et d’innovation, y compris de collaboration internationale en matière de recherche.

Le Canada se contente trop souvent de mettre sur pied des programmes pilotes, sans par la suite les développer. Il lui arrive même d’abolir certains programmes pour atteindre ses objectifs de réduction du déficit. En plus de manquer d’ambition, cette démarche ternit l’image du Canada, entrave l’amorce d’une dynamique et nuit à la compétitivité internationale du pays.

De nombreux autres pays frappent à la porte du Brésil. La visite du premier ministre Stephen Harper au Brésil l’an dernier, la mise sur pied du Forum des PDG Canada-Brésil ainsi que la réussite de la mission des recteurs canadiens au Brésil ont sensiblement contribué à donner du Canada l’image d’un partenaire de choix.

Il est aujourd’hui temps de poursuivre sur cette lancée et de mobiliser des ressources considérables au sein du gouvernement, du milieu de l’enseignement supérieur et du secteur privé, qui doivent travailler ensemble afin d’exploiter pleinement le potentiel des relations canado-brésiliennes.

Sujets : Brésil