Réunions des membres qui marquent le centenaire de l’AUCC
Hôtel Hyatt Regency, Montréal « Nous ouvrir à de plus vastes horizons »
Stephen J. Toope
Recteur et vice-chancelier, University of British-Columbia
Président du conseil d’administration, Association des universités et collèges du Canada
Chers collègues et amis, c’est un grand honneur pour moi d’être parmi vous en tant que président du conseil d’administration de l’Association. C’est à ce titre que je m’adresse à vous ce matin, en souhaitant que mon allocution ne vous soit pas trop pénible.
La raison de notre rassemblement d’aujourd’hui est à la fois ordinaire et extraordinaire. Ce qu’il y a d’ordinaire c’est que nous sommes bien sûr ici pour participer aux réunions de l’Association des universités et collèges du Canada qui ont lieu deux fois l’an, en avril et en octobre. Et nous voilà déjà en octobre.
Ces réunions ont également un côté extraordinaire, car elles coïncident avec l’anniversaire de l’Association. Nous sommes rassemblés ici, à Montréal, parce que les recteurs des universités canadiens se sont réunis pour la toute première fois dans la salle Redpath de l’Université McGill il y a 100 ans. C’est dans cette même salle que nous avons dîné hier soir et écouté les propos inspirants de son Excellence, le très honorable gouverneur général du Canada.
Cette réunion était, au sens large du terme, une convocation. Elle a marqué le début d’une série de conversations sur l’avenir du Canada et le rôle que joue l’enseignement supérieur pour l’avenir du pays. Ces échanges se poursuivent encore aujourd’hui. La convocation des recteurs en 1911 a donné naissance à ce qu’est aujourd’hui l’AUCC, et ces échanges continus – avec les Canadiens et à propos du Canada – constituent sa principale raison d’être.
J’ai délibérément utilisé le mot « convocation ». Vous savez sans doute que ce mot est fréquemment utilisé dans le milieu universitaire anglophone, mais dans un sens très précis, pour parler des cérémonies entourant la remise des diplômes. Mais son sens ne se limite pas à celui d’une collation des grades ou à une cérémonie. Du latin convocare, le mot « convocation » signifie « appeler un groupe à se réunir dans un but précis ».
Cette réunion a le potentiel d’être extraordinaire parce qu’elle fait un retour sur notre histoire, mais aussi parce qu’elle nous permet de nous tourner vers l’avenir.
Pourquoi sommes-nous appelés à nous réunir? Quel est ce but précis?
Ceux d’entre nous qui occupent la fonction de recteur consacrent l’essentiel de leur temps et de leur énergie au progrès leur propre établissement. C’est un important volet de notre mission, qui peut bien sûr instaurer un climat de concurrence entre nous. Il est tout à fait normal que chacun de nous se soucie d’abord de son université, le contraire serait étonnant. C’est l’une des responsabilités importantes de tout recteur, mais attention : ce n’est pas sa principale responsabilité. Ce n’est pas non plus pour cette raison que nous sommes rassemblés aujourd’hui.
De même, l’AUCC travaille sans relâche pour défendre les intérêts des 95 établissements d’enseignement supérieur public et privé à but non lucratif qui en sont membres. À titre de représentants de nos dossiers communs, les membres du personnel de l’AUCC livrent concurrence à d’autres groupes et d’autres institutions pour obtenir une part des ressources qu’on pourrait qualifier de limitées. Cette activité est nécessaire, et nous, les membres, appuyons les efforts de l’AUCC et y prenons part. Toutefois, elle ne constitue pas notre principale responsabilité. Elle fait partie intégrante de nos activités, mais elle ne définit pas qui nous sommes.
Notre histoire ne repose pas sur la concurrence. Elle repose sur la contribution.
Nous sommes d’abord et avant tout des Canadiens dont la vocation – ou l’appel, si vous préférez – est de contribuer à la production et à l’avancement du savoir afin d’avoir une influence positive dans le monde.
Chaque recteur membre de l’AUCC a la responsabilité de défendre les intérêts de son propre établissement, mais je vais tenter aujourd’hui de mettre de côté mon indéfectible loyauté (même si je demeure convaincu que mon université est la meilleure au monde).
Même si nous sommes tous, à titre de membres de l’AUCC, responsables de l’avancement de nos dossiers communs, j’aimerais profiter du fait que j’occupe ce poste depuis peu pour mettre de côté la notion d’universités en tant que « groupe d’intérêt » (sans pour autant négliger nos efforts au nom de l’enseignement supérieur).
En tant que défenseurs de l’éducation au Canada, nous partageons un but ultime qui doit orienter toutes nos actions, même si ce but n’est pas toujours au centre de nos activités quotidiennes. C’est ce dont j’aimerais vous parler aujourd’hui. Notre plus grande responsabilité est d’assurer le bien-être des Canadiens, la santé du domaine de l’éducation au Canada et la capacité de l’enseignement supérieur d’exercer une influence positive sur les Canadiens, nos collectivités et le monde entier.
Cette responsabilité envers les Canadiens, le Canada et le reste du monde définit notre histoire. Je veux saisir l’occasion qui s’offre à moi aujourd’hui pour vous parler de l’histoire des universités canadiennes et de leurs contributions à l’égard des Canadiens, des collectivités et, finalement, du Canada à l’échelle nationale et internationale.
Nous faisons partie d’un continuum au sein du milieu de l’éducation, sans lequel le Canada ne pourrait pas prospérer. En cette ère marquée par une accélération du changement, notre tâche consiste à créer les conditions nécessaires pour que les Canadiens puissent découvrir de nouveaux univers sans cesse plus vastes, et s’y aventurer avec succès. Notre ambition est d’ouvrir ces univers aux individus, aux collectivités et au Canada tout entier.
Cette tâche, nous ne l’entreprenons pas seuls, indépendamment du reste de la société canadienne, mais plutôt en tant que maillon de la chaîne de la société canadienne. Le cliché qui veut que les universités soient des tours d’ivoire réservées à l’élite n’a pas lieu d’être. Chaque Canadien a un rôle à jouer sur le plan de l’enseignement supérieur, qu’il soit ou non allé à l’université.
Nous devons raconter cette histoire non seulement pour le bien de nos propres établissements et non seulement pour le bien du milieu de l’enseignement supérieur, mais nous devons d’abord et avant tout la raconter parce que le bien-être de notre société, de notre culture et de notre économie en dépend.
Dans le cadre des activités du centenaire, nous avons entrepris au cours de l’année des dialogues avec les établissements membres et des intervenants de partout au Canada. Nous leur avons posé une question simple : « À quoi servent les universités? » En plein le genre de questions difficiles dans lesquelles les universités excellent. Nous avons reçu des réponses de tout ordre : économique, social, culturel, politique… Certaines portaient sur l’importance de l’éducation, d’autres sur la valeur de la recherche, d’autres encore sur l’apport des universités aux collectivités. Nous avons également reçu des réponses d’ordre personnel. En les écoutant, nous avons constaté qu’il s’en dégageait peu à peu un fil conducteur.
L’enseignement supérieur nous ouvre à de plus vastes horizons.
C’est le cas des étudiants qui quittent la maison pour la première fois. C’est le cas des chercheurs qui font une découverte qui permet de mieux comprendre les mystères de la santé humaine. C’est le cas de tous ceux qui n’ont jamais fait d’études supérieures, mais qui bénéficient de la présence d’une université dans leur collectivité. C’est également le cas du Canada et des Canadiens, qui évoluent au sein d’une économie mondiale en constante évolution.
Le rôle de l’enseignement supérieur au Canada est vaste. Il repose sur une vision personnelle qui rejoint chacun d’entre nous. J’entends par là que les retombées pour le Canada ne sont pas seulement produites par les universités en tant qu’établissements, mais également et principalement par les personnes dont la vie a été changée grâce à l’université.
Arrêtons-nous pour penser aux Canadiens en tant que personnes.
Les universités nous aident à découvrir qui nous sommes et libèrent notre potentiel. Elles y parviennent par la transmission du savoir, de même qu’en favorisant la croissance personnelle.
Nous vivons à une époque où les connaissances à elles seules ne suffisent plus. Le monde évolue tout simplement trop rapidement. La réussite économique, sociale et personnelle ne dépend pas tant de nos connaissances que de notre capacité à apprendre, à penser et à s’adapter au changement. Le mot d’ordre du xxe siècle était « sécurité »; celui du xxie siècle sera « résilience ». Les universités sont des sources de compétences et de connaissances, mais elles sont surtout des laboratoires de changement et des incubateurs de résilience. Elles sont donc en parfaite position pour former des citoyens du monde prêts à évoluer dans un contexte qui change constamment.
Le parcours universitaire des étudiants canadiens représente sans doute la phase la plus marquante de leur vie, l’étape la plus transformatrice de leur existence. D’un point de vue pratique, les diplômés universitaires ont de fortes chances de trouver un emploi gratifiant, qui les comblera. Ils gagnent d’ailleurs en moyenne 1,3 million de dollars de plus au cours de leur vie que les personnes détenant seulement un diplôme d’études secondaires. Toutefois, ce que notre histoire raconte, le plus important, l’essentiel, c’est que les universités profitent à tous les Canadiens.
Les diplômés universitaires sont en meilleure santé et utilisent moins le système de santé, ils sont moins susceptibles de devenir un fardeau pour l’État et ils sont plus enclins à faire du bénévolat et à s’investir dans leur collectivité. Ils prennent parfois de remarquables initiatives scientifiques, culturelles ou économiques, ou font des découvertes qui améliorent la vie de tous les Canadiens et rentabilisent les investissements dans l’éducation.
L’apport collectif des diplômés universitaires à la société permet à tous les Canadiens de profiter des avantages qui leur tiennent le plus à cœur. Sans l’enseignement supérieur, le Canada ne serait pas la grande nation que l’on connaît.
Intéressons-nous maintenant aux collectivités. Les universités transforment la vie d’étudiants qui, en retour, transforment leur collectivité, leur pays et le monde. Elles sont profondément engagées au sein des collectivités canadiennes. Collectivement, les universités canadiennes représentent une entreprise qui génère pour 30 milliards de dollars en dépenses directes dans les collectivités qui les accueillent. Cette contribution à l’économie canadienne dépasse celle de l’industrie des pâtes et papiers ou de l’extraction du pétrole et du gaz. De plus, ce chiffre ne tient pas compte de la valeur des connaissances, des nouvelles technologies et des entreprises issues du génie des chercheurs universitaires. Pour les collectivités, les universités constituent une ressource, une destination, un moteur économique, un carrefour artistique et culturel, une source d’information et de savoir et un partenaire en matière d’affaires civiques.
Les collectivités, en retour, transforment les universités en orientant leurs activités d’enseignement et de recherche et en inspirant de nouvelles idées aux étudiants et aux professeurs.
Élargissons encore notre point de vue pour passer de la collectivité au pays. Les retombées dont profite le Canada proviennent des contributions des citoyens conjuguées à l’incidence considérable de la recherche de calibre mondial.
Notre pays a la chance de pouvoir compter sur des ressources naturelles très importantes. Cependant, la pleine exploitation de ces ressources exige des compétences de plus en plus spécialisées. L’enseignement supérieur offre le meilleur rendement qui soit pour la formation des ressources humaines capables de faire progresser notre économie en dépit des fluctuations cycliques du marché des produits de base.
En 1911, quelque 13 000 étudiants fréquentaient les 18 universités canadiennes. Cette année, les effectifs ont franchi le cap du million. Cette étape charnière montre l’importance qu’accordent les Canadiens à l’enseignement supérieur. Nous devons toutefois comprendre que cette reconnaissance n’échappe pas aux autres pays. La Chine, par exemple, a vu ses effectifs universitaires augmenter d’un million d’étudiants en une année seulement. L’Inde a déterminé qu’elle aura besoin de créer 1 300 nouvelles universités au cours de la prochaine décennie. Les nouveaux chefs de file de l’économie mondiale du XXIe siècle – des pays comme la Chine, l’Inde, la Corée et le Brésil – ont placé les investissements en enseignement supérieur parmi leurs priorités.
Notre avenir sera façonné, de l’intérieur comme de l’extérieur de nos frontières, par les changements engendrés par une population de citoyens du monde créatifs, hautement qualifiés et ambitieux. Nous constatons les choix que les autres font, et comme un sage l’a déjà dit : « Même si vous êtes sur la bonne voie, on vous écrasera si vous ne bougez pas. »
La recherche stimule l’excellence du Canada comme nation. Et, ici comme ailleurs, ce sont les personnes qui stimulent la recherche d’excellence et qui en bénéficient.
Le Canada se démarque en offrant un milieu propice au développement du talent. Les universités, avec l’aide des gouvernements fédéral et provinciaux, ont mis en place les conditions nécessaires pour attirer des chercheurs de partout dans le monde et pour retenir les meilleurs chercheurs canadiens, afin qu’ils puissent effectuer leur travail remarquable ici. La réputation du Canada sur la scène mondiale dépend de cette capacité. L’ensemble du Canada participe au secteur de la recherche et en tire des avantages, car ce secteur ne nécessite pas seulement des installations de pointe. Il a également besoin de collectivités dynamiques, sécuritaires, diversifiées et accueillantes pour inciter les chercheurs étrangers à s’établir ici plutôt qu’ailleurs.
Éducation, engagement communautaire et recherche.
Ces trois volets nous ouvrent à de plus vastes horizons et nous préparent à y évoluer avec succès. Ce sont les trois piliers de notre mission au service de l’enseignement supérieur. Les recteurs les connaissent très bien. Pourtant, chaque établissement se distingue par la manière dont il mène ses activités. L’éducation, la recherche et l’engagement communautaire ne sont pas non plus l’apanage des universités : elles font partie du tissu même de la vie canadienne. C’est ce qui les rend si importants, et rend notre mission à leur égard absolument essentielle au bien-être de chacun d‘entre nous.
Notre Association regroupe 95 universités et collèges universitaires, et je pense pouvoir affirmer que nos membres répondent aux besoins des Canadiens et concrétisent les trois éléments de notre mission commune d’au moins 95 façons différentes. C’est une preuve de la résilience des universités, qui leur a permis de demeurer utiles et pertinentes en période de changement, pas seulement au cours du siècle dernier au Canada mais depuis leur origine au début de la période médiévale il y a près d’un millénaire.
Leur résilience s’explique par un équilibre dynamique entre conservatisme et changement. Nous traversons une époque de profonds bouleversements, et les universités, individuellement et collectivement, réfléchissent, réagissent et, souvent, sont les chefs de file du changement. C’est là un rôle à la fois nécessaire et important. J’aimerais vous parler des conditions qui sous-tendent l’évolution et le changement au Canada, mais il ne faut pas oublier que les universités, même si elles évoluent avec le Canada, doivent toujours demeurer fidèles aux valeurs constantes qui les guident :
Ce dernier point, c’est-à-dire l’importance d’accomplir des changements significatifs, je l’appelle notre responsabilité.
Même si nous adhérons profondément aux valeurs qui nous définissent, nous devons constamment nous adapter aux besoins évolutifs des Canadiens. Cette capacité d’adaptation est également une responsabilité.
Chacun des 95 établissements membres de l’Association est sensible à ce qui passe autour de lui et réagit constamment à l’environnement local et mondial. Au cours de l’année, les membres de l’AUCC ont participé, partout au pays, à des échanges intenses; ils ont discuté des besoins émergents des Canadiens, des changements qu’ils observent, ainsi que des mesures qu’ils adoptent en réponse aux situations. Partant de la masse d’information recueillie, le personnel et les établissements membres de l’AUCC se sont employés, au cours de la dernière année, à définir et à articuler cinq besoins récurrents et émergents que nous, en tant que défenseurs de l’éducation, nous engageons à combler. J’aimerais vous faire part de ces engagements aujourd’hui, et je me réjouis à l’idée d’en discuter de façon plus approfondie avec vous.
Les universités prennent ces engagements communs à l’aube du deuxième siècle :
1. Nous nous engageons à élargir la vision de l’éducation. Nous faisons partie d’un système plus vaste d’éducation, et nous ne pouvons contribuer pleinement à l’avenir du Canada que si l’ensemble du système est sain et solide. Nous nous engageons donc à initier et à mener un vaste dialogue pancanadien sur l’ensemble du système d’éducation, de la maternelle au postdoctorat, pour le bien de tous les Canadiens.
2. Nous nous engageons à innover sur le plan de l’apprentissage. La recherche en matière d’enseignement et d’apprentissage et les nouvelles technologies fournissent une foule d’outils et de méthodes pédagogiques. De plus, les trois piliers de la mission universitaire – l’éducation, la recherche et l’engagement communautaire – convergent de plus en plus, offrant une expérience d’apprentissage de plus en plus intégrée. Nous nous engageons à améliorer l’expérience d’apprentissage des étudiants des programmes au premier cycle, aux cycles supérieurs et de formation professionnelle en tirant parti de toutes les possibilités qu’offrent l’enseignement, la recherche et la collectivité et en les enrichissant d’une dimension internationale et de nouvelles technologies.
3. Nous affirmons notre engagement envers l’excellence. Nous avons la responsabilité commune de faire en sorte que les étudiants disposent de tous les outils dont ils auront besoin pour jouer leur rôle dans le monde et au sein du Canada nouveau genre.
4. Nous nous engageons à trouver des solutions aux grands problèmes de notre monde. Nous sommes déterminés à accroître les études aux cycles supérieurs et à adhérer à un solide programme de recherche en vue de générer de nouvelles connaissances et de trouver des solutions aux grands problèmes de notre monde de plus en plus complexe.
5. Nous nous engageons à favoriser l’engagement et les partenariats. Nous allons au-delà de nos établissements afin de créer des alliances, des partenariats et des projets qui poursuivent des objectifs communs. Nous collaborons avec des organisations communautaires et des groupes sociaux à trouver des solutions aux problèmes locaux et mondiaux. Nous sollicitons des partenariats avec le secteur privé en vue d’améliorer la transmission du savoir et de renforcer la culture de l’innovation. Nous multiplions les collaborations entre les universités au Canada et à l’étranger afin d’accélérer le rythme de la recherche et d’unir nos forces pour réaliser des projets complexes de portée mondiale.
Ces engagements sont vastes et ouverts. Nous les partageons avec tous les Canadiens, mais ils représentent une motivation et un défi différents pour chacun de nous. Plus tard au cours de la journée, nous aurons l’occasion de nous pencher de plus près sur ces engagements. Je suis convaincu que ce sera le début d’une conversation d’importance vitale qui nous guidera vers un deuxième siècle productif et inspirant.
L’enseignement supérieur canadien ne repose pas sur un modèle unique. Il existe différents types d’intelligence, différents types d’apprentissage, et le monde a besoin de tout un éventail de compétences et de talents. Mais une chose est certaine : le Canada est et demeurera une « nation avertie et bienveillante », pour reprendre les mots du très honorable David Johnston. Pour que nous puissions prospérer, individuellement et collectivement, chacun d’entre nous doit exploiter son plein potentiel, quel qu’il soit, et s’engager à l’utiliser pleinement, de façon « avertie et bienveillante ». C’est ainsi que nous pourrons nous ouvrir à de plus vastes horizons. Dans le cadre de notre mission au service de l’enseignement supérieur, nous avons le privilège et la responsabilité d’aider les Canadiens et le Canada à y parvenir de toutes les façons possibles.
L’heure de la convocation a sonné. Nous sommes appelés à continuer de bâtir, tous ensemble, une grande nation, le Canada.
Tous ici présents, nous avons pour mission de faire progresser l’enseignement supérieur et de permettre à tous ceux qui le souhaitent d’y accéder, au bénéfice de tous les êtres humains du monde. En réalité, nous sommes, au Canada, tous appelés à remplir cette mission. Nous formons une immense collectivité d’apprenants interdépendants, et chaque personne sera un jour ou l’autre touchée, de près ou de loin, par ce que nous faisons ou avons fait.
Laissez-moi illustrer cette idée avec une image évocatrice. Il y a longtemps, l’homme a maîtrisé le feu. Cette découverte a tout changé. Certains vivent pour entretenir la flamme, tandis que d’autres s’y réchauffent. Certains étudient la physique de la combustion, puis vont allumer la flamme de l’innovation ailleurs. Quoi qu’il en soit, nous contribuons tous à la chaleur, et nous profitons tous de la lumière que le feu dégage. Il s’agit d’une responsabilité intemporelle et propre à l’homme. Les humains ont tracé la voie, des premiers feux aux tout derniers lasers. Les outils évoluent, mais le but demeure le même.
Nous, les universités, avons choisi de nous regrouper pour pénétrer les coins sombres et jeter la lumière sur de nouveaux horizons. Rien n’est plus important, peu importe le point de vue que l’on adopte.
Je vous remercie et me réjouis à l’idée de poursuivre notre conversation.