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Opinion - 3 octobre 2012

La version anglaise de cet article d’opinion a été publié par Embassy

par Paul Davidson
Président-directeur général de l’Association des universités et collèges du Canada

La vision est audacieuse; le potentiel est réel. Cela dit, comment procéder pour faire du Canada un chef de file mondial en matière d’éducation internationale? Il nous faudra faire preuve de beaucoup de coordination, d’esprit de décision et de détermination afin d’agir rapidement, de manière à ne pas laisser filer les occasions qui s’offrent à nous.

Telle est la vision formulée récemment par le Comité consultatif sur la stratégie du Canada en matière d’éducation internationale – une stratégie ambitieuse qui vise à faire du Canada un leader du XXIe siècle par sa capacité d’attirer les meilleurs talents et de préparer les Canadiens pour l’économie mondiale. Il est temps de concrétiser cette vision.

Le Canada a déjà fait de grands progrès, à maints égards. Ses universités ont depuis longtemps pris conscience de l’importance de l’internationalisation des campus par le recrutement d’étudiants étrangers, la création de programmes conjoints avec des partenaires étrangers, et le financement de stratégies nouvelles et novatrices permettant aux étudiants canadiens de vivre des expériences à l’étranger.

Des progrès considérables ont également été accomplis à l’échelon fédéral. Les politiques d’immigration canadiennes, par exemple, tiennent désormais clairement compte du fait que les étudiants étrangers constituent de précieuses ressources pour notre pays. Ils correspondent au type même d’immigrants que le Canada souhaite et doit attirer pour pallier ses problèmes de pénurie de main-d’œuvre.

Les politiques axées sur l’avenir mises en place par Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) confèrent à notre pays un avantage par rapport aux autres pays désireux d’accueillir des étudiants étrangers. Ces derniers peuvent désormais travailler au Canada, sur campus ou hors campus, tout en poursuivant leurs études. Ils ont la possibilité de prendre part à des programmes coopératifs, et même de continuer à travailler au Canada pendant trois ans après l’obtention de leur diplôme. Le programme Catégorie de l’expérience canadienne a été institué pour permettre à ceux possédant à la fois un diplôme d’un établissement d’enseignement canadien et une expérience de travail au Canada d’acquérir le statut de résident permanent. Le 20 000e étudiant étranger vient tout juste d’acquérir ce statut dans le cadre de ce programme mis sur pied il y a quatre ans à peine, ce qui témoigne de son succès remarquable.

CIC a par ailleurs récemment amorcé un processus consultatif visant l’évaluation de son Programme des étudiants étrangers. L’examen a trois objectifs : renforcer l’intégrité du système d’immigration canadien, accentuer l’imputabilité et améliorer la réputation du Canada comme destination de choix pour les étudiants étrangers. Il est essentiel que ces trois objectifs soient atteints pour préserver la capacité du Canada à attirer sa juste part des trois millions d’étudiants étrangers que compte la planète.

Prochaines étapes 

Des problèmes persistent toutefois, et des obstacles doivent être levés. Les délais de traitement des visas augmentent, malgré la diligence déployée pour les réduire. Les agents d’immigration canadiens en poste à l’étranger sont tenus de traiter un nombre croissant de demandes de permis d’études, en dépit des compressions financières imposées et de la réduction des dépenses gouvernementales. Il en résulte des retards involontaires de traitement qui poussent certains étudiants à opter finalement pour un autre pays, apte à leur fournir un visa d’étudiant plus rapidement que le Canada. Il est impératif de faire en sorte que CIC puisse répondre à la demande. Il est temps d’explorer de nouvelles pistes pour doter les bureaux des visas des ressources nécessaires au traitement des demandes de permis d’études. Cela passe entre autres par la révision des frais exigés pour ces permis.

Tant du point de vue de la politique étrangère que sur le plan commercial, les universités sont de plus en plus perçues comme un atout sous-exploité pour faire la promotion du Canada dans le monde. Le Comité consultatif sur la stratégie du Canada en matière d’éducation internationale a soumis ses recommandations au ministre des Finances, Jim Flaherty, ainsi qu’au ministre du Commerce international, Edward Fast. L’une de ces recommandations, très directe, consiste à mettre en place un conseil de l’éducation internationale et de la recherche formé de hauts fonctionnaires et de représentants du secteur dont les travaux porteraient sur cet aspect si important de l’économie canadienne et qui seraient chargé de coordonner les stratégies du pays en matière de recherche, d’innovation, de commerce et de ressources humaines.

Les consultations visant à mettre à jour la Stratégie commerciale mondiale du Canada ont permis d’établir que l’accès aux talents constitue une priorité pour les employeurs canadiens et est essentiel pour attirer des étudiants et des chercheurs étrangers de haut calibre. La collaboration internationale en matière de recherche à l’échelle mondiale est pour sa part considérée comme favorisant la croissance économique, le commerce bilatéral et la formation des talents. Compte tenu des liens qui existent entre tous ces aspects, l’éducation doit être clairement considérée comme un secteur économique prioritaire et être activement promue et soutenue par le Service des délégués commerciaux du Canada.

Afin de relever ces défis, les agents en poste à l’étranger auront un travail exigeant à accomplir –surtout ceux qui ont été embauchés sur place et qui n’ont aucune expérience de l’éducation au Canada. L’AUCC et ses partenaires sont prêts à faire profiter le personnel des missions canadiennes à l’étranger de leur expertise, ainsi qu’à les aider à mieux comprendre le secteur de l’éducation.

L’éducation internationale est, à tous égards, essentielle à la réussite du Canada dans une économie du savoir mondiale en rapide évolution. La stratégie ambitieuse recommandée par le Comité consultatif sur la stratégie du Canada en matière d’éducation internationale profitera aux Canadiens de l’ensemble du pays. Elle permettra aux employeurs d’avoir accès aux talents et aux marchés mondiaux dont ils ont besoin, enrichira les collectivités et contribuera à rendre notre pays plus prospère et novateur. Voilà une vision à mettre en œuvre.

Communiqué - 27 septembre 2012

OTTAWA – Un rapport du Conseil des académies canadiennes souligne la qualité exceptionnelle des chercheurs universitaires canadiens et signale l’influence grandissante du Canada en matière de savoir sur la scène internationale. Commandé par Industrie Canada et rendu public aujourd’hui, le document L’état de la science et de la technologie au Canada, 2012 souligne l’excellence et la portée de la recherche universitaire canadienne dans une vaste gamme de domaines. Faisant suite à un autre rapport qui portait sur une étude réalisée en 2006, le récent rapport évoque la haute considération internationale à l’égard de la qualité et de la rigueur des chercheurs canadiens en science et technologie.

« Le rapport du Conseil des académies canadiennes insiste sur le rôle essentiel que jouent les chercheurs des universités canadiennes sur la scène internationale, a déclaré Paul Davidson, président-directeur général de l’Association des universités et collèges du Canada. Nos universités contribuent à la recherche et à l’innovation et obtiennent le respect international pour la qualité de leurs travaux dans une vaste gamme de disciplines. »

Préparé par un comité d’experts présidé par Elliott Phillipson, ancien président de la Fondation canadienne pour l’innovation, et formé de 18 membres, dont Sara Diamond, rectrice de l’OCAD University, le rapport porte un regard ambitieux et de grande envergure sur l’état actuel de la recherche au Canada.

Voici certaines des conclusions du rapport :

  • Entre 2005 et 2010, le Canada a produit environ 60 pour cent plus d’articles scientifiques qu’au cours des cinq années précédentes – l’augmentation la plus forte parmi les pays du G7.
  • Parmi les chercheurs les plus cités au monde, près de quatre sur 10 classent le Canada au rang des cinq meilleurs pays dans leurs domaines respectifs, et 68 pour cent considèrent le Canada comme étant de force égale au reste du monde. Ces chiffres placent le Canada quatrième au monde (après les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne).
  • Même si le Canada abrite moins de 0,5 pour cent de la population mondiale, il produit près de cinq pour cent des articles scientifiques les plus cités.

« Nos universités sont bien placées pour aider le Canada à livrer concurrence sur la scène mondiale des idées, soutient M. Davidson. Les contributions du milieu de la recherche canadien sont solides, croissantes, concurrentielles à l’échelle internationale et respectées. »

L’AUCC, porte-parole des universités canadiennes, représente 94 universités et collèges universitaires canadiens publics et privés à but non lucratif.

 -30-

Renseignements :

Nadine Robitaille
Agente des communications
Association des universités et collèges du Canada
nrobitaille@aucc.ca
613 563-1236, poste 306

Opinion - 21 septembre 2012

La version anglaise de cet article d’opinion a été publié par Research Money

Par Daniel Woolf 
Principal et vice-chancelier de la Queen’s University
Président du Comité consultatif permanent de la recherche universitaire de l’Association des universités et collèges du Canada

Les étudiants ont vécu la rentrée et sont maintenant bien intégrés à la vie universitaire ici sur le campus de la Queen’s University. Bon nombre de ceux qui étudient aux cycles supérieurs ont passé l’été sur le campus à travailler auprès de professeurs à divers projets de recherche – la recherche ne dort jamais.

Au Canada, nous avons la cote pour les réalisations en matière de recherche. Les équipes de recherche canadiennes ont élevé notre rendement au rang de chef de file mondial dans des domaines d’expertise comme les technologies de l’information et des communications, la santé, l’éducation et la gestion de l’environnement. Nous devons toutefois aller encore plus loin pour livrer concurrence aujourd’hui dans le marché mondial hautement concurrentiel de la recherche qui est de l’ordre de billions de dollars. Nos contemporains consacrent déjà beaucoup de ressources et d’attention à ce marché.

Prenons le Brésil. Ce pays est en voie de devenir la cinquième économie mondiale au cours des prochaines années. Ses universités accueillent 5,4 millions d’étudiants et elles forment déjà plus de titulaires de doctorats que le Canada. D’autres parties du monde sont aussi devenues des moteurs économiques mondiaux; d’ici vingt ans, plus de 40 pour cent du produit intérieur brut mondial seront concentrés en Asie.

La collaboration est devenue à la fois une norme et une nécessité parmi les chercheurs de renommé internationale. Au Canada, 40 pour cent des professeurs ont reçu leur premier grade ou leur grade le plus élevé dans un pays étranger, et 30 pour cent des titulaires de Chaires de recherche du Canada ont été recrutés à l’étranger. Les plus grands chercheurs collaborent comme jamais auparavant afin de tirer parti de la mise en commun des données et des connaissances, et de travailler ensemble. Près de 50 pour cent des publications universitaires du Canada sont cosignées par un auteur étranger, un taux deux fois plus élevé qu’il y a 15 ans et deux fois celui de la moyenne mondiale. Nous devons à présent intensifier nos efforts afin de nous adapter au contexte mondial de la recherche en constante évolution.

On se tourne vers les partenariats étrangers lorsque les puissances mondiales traditionnelles se retrouvent en situation financière difficile. La reprise économique plus lente que prévu aux États-Unis et l’instabilité économique persistante au sein de l’Union européenne ont ouvert la voie au Brésil, à la Chine et à l’Inde. Devant de tels changements, la constance se définit par la reconnaissance internationale et collective du fait que les investissements en recherche universitaire stimulent la croissance économique à court et à long terme. Au cours des dix dernières années, nos concurrents ont consacré des ressources considérables dans tous les secteurs de la recherche.

La Royal Society of London estime que le nombre total de chercheurs dans le monde s’élève à sept millions. Dans l’économie mondiale axée sur la recherche, les nouveaux joueurs qui profitent de démographies florissantes, accordent une grande importance à la recherche et la croissance économique.

Comme d’autres l’ont dit avant moi, le Canada devra faire des choix. Une révolution économique, sociale et technologique est en cours partout dans le monde. Au cours des prochaines décennies, nous devrons faire face à des enjeux de taille dans les domaines de l’économie, de la santé et de l’emploi en raison des changements démographiques qui se dessinent. D’ici 2030, la proportion de la population âgée de 65 ans et plus doublera tandis que la population active (les 25 à 64 ans) n’augmentera que de huit pour cent. Pour compenser et demeurer concurrentiel sur la scène internationale, le Canada doit se servir de ses atouts considérables sur le plan de la recherche pour stimuler l’innovation et accroître sa productivité.

Les collaborations internationales donnent déjà des résultats concrets, et ce n’est que le début. Le travail d’équipe dans le cadre de partenariats avec l’étranger en matière de planification et de recherche sur les pandémies permettra de mieux connaître les maladies infectieuses et en combattre plus rapidement la propagation. En ce qui concerne les grands bouleversements écologiques ou la surpopulation, la collaboration permettra de cerner les problèmes et de gérer adéquatement les ressources de la planète.

La Queen’s University travaille par exemple en partenariat avec l’Université Fudan de Shanghai et l’Université du Sud-Ouest de la Chine pour offrir des programmes universitaires de l’Ontario dans le domaine de la biologie de terrain. Ainsi, des étudiants des deux pays effectuent des études sur les milieux aquatiques et les écosystèmes du fleuve Yangzi Jiang dans les environs du projet du Barrage des Trois-Gorges en Chine, ainsi que dans les régions du fleuve Saint-Laurent et de l’arche de Frontenac de l’Est de l’Ontario.

En outre, Colin Funk, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en médecine moléculaire, cellulaire et physiologique à la Queen’s University, est le seul scientifique canadien à collaborer avec un consortium international composé de 39 chercheurs provenant de 18 établissements de quatre pays. Leurs travaux consistent à personnaliser la pharmacothérapie des médicaments les plus consommés dans le monde pour entre autres réduire les risques de crise cardiaque et d’insuffisance cardiaque.

Ces exemples démontrent que le Canada dispose de talent à offrir. Si nous voulons que le Canada soit perçu comme un partenaire intéressant, il faut placer la R-D au sommet des priorités d’investissements, et faire connaître cet engagement partout dans le monde. La concurrence est féroce. Nos collègues étrangers à la recherche de collaboration dans le cadre de projets complexes iront naturellement là où les ressources, le talent et les investissements sont disponibles.

Alors que ses concurrents font un bond en avant, le Canada doit s’engager à faire des investissements en R-D, particulièrement du côté du secteur privé, car si nous ne manifestons pas davantage d’intérêt, nos collaborateurs potentiels iront faire des affaires ailleurs, et nous risquons de voir partir aussi les chercheurs canadiens.

Pour assurer la prospérité chez soi, il faut faire de ses concurrents étrangers des alliés. Concurrence et collaboration vont désormais de pair et permettent, lorsqu’on parvient à concilier les deux, d’améliorer l’innovation, la productivité, le mieux-être, l’esprit d’entreprise et l’emploi au Canada.

Opinion - 10 septembre 2012

La version anglaise de cet article d’opinion a été publié par le Toronto Star le 8 septembre 2012.

Par Alastair Summerlee
Recteur, Guelph University
Administrateur d’office, Association des universités et collèges du Canada

La mobilité des étudiants aux cycles supérieurs est un processus bidirectionnel. Nous voulons à la fois attirer les meilleurs étudiants étrangers dans nos universités et faire profiter les étudiants canadiens d’une expérience à l’étranger. Alors que le flot d’étudiants entrant au Canada se porte plutôt bien et présente un bon potentiel de croissance, il est loin d’en être de même dans l’autre direction.

Même si le Canada accuse encore un retard par rapport à d’autres pays concurrents en matière de recrutement d’étudiants étrangers, sa part du marché augmente. En 2011, le nombre d’étudiants étrangers inscrits dans les universités canadiennes était à la hausse pour une 16e année consécutive. À l’heure actuelle, quelque 100 000 étudiants étrangers originaires de plus 200 pays fréquentent les universités du Canada.

Pourquoi est-ce important? Tout d’abord, les étudiants étrangers enrichissent l’expérience d’apprentissage de leurs homologues canadiens en apportant leurs points de vue, leurs langues et leurs cultures sur nos campus. Ils contribuent également à la prospérité du Canada.

Certains croient que ces étudiants venus d’ailleurs coûtent cher aux contribuables, mais ce n’est pas du tout le cas. En règle générale, ils couvrent entièrement le coût de leur formation et produisent des retombées économiques considérables. Selon un rapport publié par le gouvernement fédéral en juillet 2012, les étudiants étrangers au Canada génèrent 81 000 emplois, injectent près de huit milliards de dollars dans l’économie et produisent plus de 445 millions de dollars en revenus annuels pour le gouvernement. Ces chiffres sont supérieurs à ceux des exportations canadiennes de blé.

Au cours des prochaines années, les universités canadiennes et leurs partenaires du gouvernement et du secteur privé prévoient intensifier leur collaboration afin d’attirer en plus grand nombre les étudiants étrangers sur leurs campus. Il ne faudrait cependant pas oublier d’offrir davantage de possibilités d’études à l’étranger aux Canadiens. Malheureusement, seulement 12 pour cent des étudiants au premier cycle participent à une expérience d’études à l’étranger menant à l’obtention de crédits pendant la durée de leur programme d’études. Le monde exige davantage de la part du Canada.

L’avenir du Canada est de plus en plus façonné par des forces mondialement interconnectées qui évoluent rapidement. Pour se démarquer, le Canada a besoin d’une main-d’œuvre possédant une connaissance d’autres pays, d’autres cultures et d’autres langues et apte à établir des partenariats avec des collègues étrangers. En permettant à un plus grand nombre d’étudiants canadiens de vivre et d’apprendre tout en côtoyant une autre culture que la leur, le Canada formera des citoyens du monde et la main-d’œuvre dont il a besoin pour prospérer dans la nouvelle économie du savoir.

Selon une enquête récente du BCEI, 91 pour cent des employeurs disent reconnaître la valeur des candidats ayant vécu une expérience à l’étranger parce que cette expérience leur a permis d’acquérir la compréhension d’une autre culture. Par ailleurs, 50 pour cent des employeurs ont affirmé qu’à compétences égales, ils privilégieraient un candidat ayant vécu une expérience d’études à l’étranger.

Les expériences d’études à l’étranger jouent également un rôle important dans le processus de croissance personnelle des étudiants. Les années passées à l’université ont une influence déterminante sur la vie de beaucoup de jeunes Canadiens. Le contact avec des langues, des cultures et des milieux étrangers ainsi que les expériences que celles-ci les amènent à vivre les enrichissent encore davantage. Ils reviennent au pays non seulement avec une meilleure compréhension du monde qui les entoure, mais également avec une meilleure compréhension d’eux-mêmes. À leur retour, ils saisissent aussi mieux la valeur de l’identité canadienne.

À la University of Guelph, j’ai vu des centaines d’étudiants revenir d’une expérience d’études à l’étranger avec une compréhension nouvelle de ce qui distingue le Canada et de la chance qu’ils ont d’y habiter. Ils s’émerveillent de tout ce que nous pouvons accomplir chaque jour; des choses qu’ils tenaient auparavant pour acquises.

À moins d’augmenter considérablement le nombre d’étudiants canadiens appelés à vivre une expérience à l’étranger, le Canada risque d’être dépassé. Il suffit de regarder ses concurrents économiques. Environ 33 pour cent des étudiants allemands et 20 pour cent des étudiants américains effectuent un séjour à l’étranger pendant leurs études universitaires.

Des considérations d’ordre financier sont souvent citées comme principal obstacle à l’augmentation des taux de participation aux expériences d’études à l’étranger. Nous pouvons faire quelque chose.

La mise sur pied d’un programme pancanadien de mobilité étudiante, financé par le gouvernement et le secteur privé, permettrait aux étudiants canadiens d’acquérir l’expérience internationale dont ils ont besoin pour réaliser leur plein potentiel et contribuer à l’économie mondiale. Un tel programme devrait offrir des possibilités d’études, de travail et de recherche de durée variée à l’étranger. La participation du secteur privé est indispensable pour permettre aux étudiants d’acquérir une expérience pratique grâce à des stages et autres expériences semblables.

Je suis de plus en plus convaincu que ce programme verra le jour – et prochainement – à la lumière du rapport du comité consultatif sur la stratégie du Canada en matière d’éducation internationale, rendu public le 14 août. Le comité, présidé par Amit Chakma, recteur de l’Université Western, avait pour mandat de conseiller le gouvernement fédéral sur l’élaboration d’une nouvelle stratégie en matière d’éducation internationale. Il recommande la création d’un vaste programme de mobilité qui permettra à 50 000 étudiants canadiens de plus de prendre part annuellement à un séjour d’études, à un échange culturel ou à une activité d’apprentissage par le service ou l’expérience à l’étranger d’ici 2022.

Les expériences à l’international ouvrent de nouveaux horizons. Elles aident les jeunes à comprendre la place qu’occupe le Canada dans le monde, et la place qu’eux-mêmes occupent au Canada. Les études à l’étranger contribuent à former les travailleurs sensibles aux différentes cultures dont le marché du travail a besoin.

Plus important encore, ces expériences contribuent à former de jeunes adultes empathiques et au fait des enjeux mondiaux, qui sont prêts à prendre leur place dans le monde. Et c’est exactement ce dont le Canada a besoin.

Opinion - 4 septembre 2012

La version anglaise de cet article d’opinion a paru dans le Globe and Mail le 4 septembre 2012.

Par Paul Davidson
Président-directeur général
Association des universités et collèges du Canada

Tout comme la ruée pour acheter de nouvelles chaussures de course aux enfants et les soirées qui raccourcissent, les derniers jours d’août entraînent invariablement leur lot d’éditoriaux s’interrogeant sur la valeur d’une formation universitaire, déplorant le montant des frais de scolarité et rappelant avec nostalgie l’âge d’or prétendument révolu de l’enseignement supérieur. Récemment, ces opinions se retrouvent également dans des articles suggérant que les diplômés d’aujourd’hui sont mal préparés pour le marché du travail et que les universités ne contribuent pas à l’atteinte des objectifs du Canada en matière de recherche et d’innovation.

S’il est vrai que les frais de scolarité ont augmenté au cours des dernières années, il en va de même pour la valeur des diplômes. Les avantages que confèrent les diplômes universitaires sur le plan du revenu sont grands et augmentent sans cesse. En moyenne, un diplômé universitaire gagnera 1,3 million de dollars de plus pendant sa carrière qu’un diplômé du secondaire et un million de dollars de plus qu’un diplômé du collégial. Et contrairement à ce qu’on peut lire dans les journaux, il y a de l’emploi pour les diplômés universitaires. De juillet 2008 à juillet 2012, 700 000 nouveaux emplois ont été créés au Canada pour les diplômés universitaires, contre 320 000 pour les diplômés collégiaux. Le nombre d’emplois disponibles n’exigeant pas de formation postsecondaire a pour sa part diminué de plus de 640 000.

L’endettement est un problème grave que nous devrions tous tenter de résoudre, mais il importe de souligner que plus de quatre diplômés canadiens sur 10 terminent leurs études sans aucune dette. Parmi ceux qui ont une dette, près du tiers doivent moins de 12 000 $. Comment pouvons-nous assurer un bon équilibre entre la valeur privée, l’intérêt public et l’accès?

Généralement, les Canadiens surestiment le coût d’un diplôme et en sous-estiment la valeur. En cette période de grande incertitude, les études universitaires demeurent le moyen le plus sûr pour les Canadiens d’accéder à la prospérité.

Une des plus grandes réussites des politiques publiques des trois dernières décennies a été l’amélioration de l’accès à un enseignement supérieur de grande qualité au Canada. Alors que l’enseignement supérieur a déjà été l’apanage de l’élite (en 1980, seulement 10 pour cent des jeunes Canadiens fréquentaient l’université), le nombre d’étudiants à temps plein a augmenté de façon constante si bien que cet automne, un jeune Canadien sur quatre fréquentera l’université à temps plein. En effet, depuis 2000 seulement, les inscriptions ont augmenté de plus de 50 pour cent. Pour la première fois l’automne dernier, les inscriptions à temps plein au premier cycle ont franchi le cap du million. Le Canada aura besoin de tous ces jeunes, et plus encore, pour compenser la vague de départs à la retraite qui a commencé à déferler. Au cours des 20 prochaines années, six millions de Canadiens partiront à la retraite, et bon nombre de ces postes, en plus des nouveaux emplois créés dans un monde de plus en plus axé sur le savoir, devront être pourvus par des diplômés universitaires. Il est essentiel d’injecter des fonds publics pour que les étudiants d’aujourd’hui aient droit à une éducation de qualité équivalente à celle des générations précédentes afin d’assurer la vigueur économique du Canada dans les années à venir.

En toute honnêteté, les investissements publics n’ont pas suivi la hausse effrénée des effectifs. En fait, en fonction du nombre d’étudiants, la contribution provinciale aux budgets de fonctionnement des universités est demeurée au niveau de 1997. Vous avez bien lu. Alors que 20 ans auparavant, l’aide publique au fonctionnement s’élevait en moyenne à 22 400 $ par étudiant, ce montant n’était plus que de 11 600 $ en 1997 et il est resté inchangé depuis. On peut présumer que les universités d’aujourd’hui arrivent à faire considérablement plus avec beaucoup moins.

Les programmes coopératifs et les stages, dans l’industrie et dans la société en général, sont devenus un élément caractéristique de l’expérience universitaire au Canada. Alors que ces formules étaient auparavant réservées à quelques programmes dans une poignée d’universités, c’est désormais plus de la moitié des étudiants qui mettent leurs idées au travail pendant leurs études. Ils profitent de ce premier contact avec le monde du travail tout comme les entreprises bénéficient de cette source accessible d’énergie, d’idées et de nouvelles méthodes.

Au Canada, plus de la moitié des professeurs ont été embauchés au cours des 10 dernières années. Partout au pays, une nouvelle génération de professeurs offre aux étudiants des occasions concrètes de recherche, une expérience qui stimule l’imagination et contribue à bâtir une culture de l’innovation. Aller à l’université, c’est plus qu’un rite de passage. C’est l’occasion de participer aux idées et à la recherche qui générera de nouvelles connaissances qui seront ensuite transformées en produits, processus et services. L’environnement de recherche est un lieu de formation essentiel pour les étudiants. La capacité à cerner un problème, à trouver des solutions et à appliquer de nouvelles connaissances dans des domaines connexes rend parfaitement l’idée d’innovation et se trouve au cœur de la mission des universités. La recherche transforme nos façons de penser, d’agir et de vivre.

Depuis 1997, les investissements fédéraux en recherche et en innovation ont doté le Canada d’une plateforme extraordinaire pour mener de la recherche de calibre mondial au profit des Canadiens et du monde entier. Ces investissements sont indispensables si le Canada veut se tailler une place de choix dans un contexte de mondialisation. Ils sont surtout essentiels à la réalisation de nouvelles découvertes et à l’éclosion de talents qui entraîneront l’amélioration des perspectives économiques pour tous les Canadiens. Finalement, l’apprentissage dans un milieu enrichi par la recherche permet aux diplômés universitaires du XXIe siècle d’acquérir les idées et les compétences que recherchent – et dont ont besoin – les employeurs d’aujourd’hui.

En passant, ces chaussures de course que vous achetez en prévision de la rentrée? Elles sont très perfectionnées grâce aux travaux de chercheurs universitaires, dont ceux du laboratoire de la performance humaine de l’Université de Calgary, qui emploie les plus grands spécialistes au monde en biomécanique des chaussures de sport.


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