OTTAWA – Les universités canadiennes lancent aujourd’hui une nouvelle ressource en ligne visant à faciliter l’accès des étudiants autochtones à l’information sur les programmes et services offerts sur les campus canadiens. Conçue par l’Association des universités et collèges du Canada (AUCC), cette base de données permettra aux étudiants autochtones de prendre connaissance des ressources disponibles pour eux sur les campus.
Les futurs étudiants et leurs familles peuvent utiliser cet outil pour trouver de l’information sur 286 programmes d’études spécifiquement destinés aux étudiants autochtones ainsi que sur d’autres ressources utiles comme l’aide financière, le logement, les activités culturelles, les services-conseils, l’accès aux aînés, les lieux de rassemblement et les services de mentorat.
Les jeunes Autochtones constituent un des segments de la population canadienne qui connaît la croissance la plus rapide. Le Canada compte plus de 560 000 Autochtones de moins de 25 ans, mais le taux d’obtention de diplôme universitaire n’est que de huit pour cent chez les Autochtones, soit le tiers de la moyenne nationale.
« Il existe un écart important et croissant en matière d’éducation au pays. Cela doit changer », affirme Paul Davidson, président-directeur général de l’AUCC. « Reconnaissant ce fait, les universités canadiennes ont accru le nombre de programmes d’études adaptés aux cultures autochtones ainsi que de programmes de soutien et d’aide financière destinés aux étudiants autochtones. Grâce à cette base de données, il sera dorénavant très facile de trouver ces services et d’y avoir accès. »
Cette nouvelle ressource en ligne témoigne des efforts soutenus des universités visant à améliorer l’accès de la population autochtone aux études universitaires, ainsi que leur réussite. Cinquante-cinq établissements disposent maintenant de lieux de rassemblement pour les étudiants autochtones, et plus de 60 organisent des activités sociales et culturelles à leur intention. En plus d’offrir des services de soutien sur leurs campus, bon nombre d’universités ont instauré des programmes de sensibilisation efficaces dans les collectivités autochtones. Elles fournissent ainsi aux étudiants un soutien pédagogique et des possibilités de mentorat dès le niveau primaire.
« Je souhaite exprimer ma reconnaissance à l’AUCC d’avoir créé un répertoire en ligne pour aider les étudiants à trouver les programmes et les services qui reflètent les langues et les cultures des Premières Nations, des Métis et des Inuit, ainsi que les ressources qui favoriseront la réussite de leurs études universitaires », a déclaré Shawn A-in-chut Atleo, chef national de l’Assemblée des Premières Nations.
Ce répertoire en ligne constitue une version renouvelée et améliorée d’un document élaboré par l’AUCC en 2006 et en 2010. Il fera l’objet d’une mise à jour régulière afin de tenir compte des ajouts ou des améliorations touchant les services offerts aux étudiants autochtones dans les universités canadiennes. Cette base de données constitue un complément à l’information contenue dans le Répertoire des universités canadiennes, publié chaque année par l’AUCC.
L’éducation des Autochtones est une priorité pour les universités canadiennes. Le mémoire prébudgétaire de 2013 de l’AUCC adressé au gouvernement fédéral souligne la nécessité d’augmenter le financement des bourses d’excellence postsecondaires pour les étudiants autochtones et de le doter d’un financement de contrepartie provenant du secteur privé. Au cours des dernières années, l’AUCC a également pris d’importantes initiatives visant à aider les universités à déterminer, à mettre au point et à exprimer leurs points de vue sur les pratiques exemplaires concernant les programmes et services conçus à l’intention des jeunes Autochtones.
Le Répertoire des programmes et services offerts aux étudiants autochtones par les universités canadiennes se trouve au : www.aucc.ca/repertoire-pour-les-Autochtones.
L’AUCC, porte-parole des universités canadiennes, représente 95 universités et collèges universitaires canadiens publics et privés à but non lucratif.
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Personnes-ressources
Helen Murphy
Gestionnaire des communications
Association des universités et collèges du Canada
hmurphy@aucc.ca
613 563-1236, poste 238
Nadine Robitaille
Agente des communications, AUCC
nrobitaille@aucc.ca
613 563-3961, poste 306
La version anglaise de cet article d’opinion a paru dans la revue Embassy, le 18 décembre 2012.
Par Paul Davidson
Président-directeur général
Association des universités et collèges du Canada
En participant à la délégation du gouverneur général au Mexique ce mois-ci, j’ai entendu Son Excellence David Johnston en appeler à une « diplomatie du savoir », qu’il décrit comme la volonté et la capacité de travailler ensemble, d’une discipline à l’autre et d’un pays à l’autre.
Une telle diplomatie fondée sur des liens interpersonnels est très puissante. Collaborer et échanger des idées partout dans le monde nous permet d’avancer comme pays. Au lieu d’entretenir une concurrence internationale pour attirer le talent, nous devrions envisager une collaboration internationale à cet égard.
Nous nous sommes rendus au Mexique pour promouvoir une coopération accrue en matière d’innovation, de technologie, d’éducation et de développement local. Il s’agit d’un début. Le véritable changement résultera de l’établissement de relations de travail concrètes, c’est-à-dire de liens personnels directs.
Sur le plan universitaire, il y a d’excellentes raisons de renforcer la collaboration par la mobilité des étudiants et des professeurs et par la recherche internationale, non seulement avec le Mexique, mais à l’échelle mondiale. La Chine, l’Inde et le Brésil, en particulier, offrent une foule de possibilités dans de nombreux secteurs qu’il est urgent de saisir.
Notre main-d’œuvre vieillit : au cours des 20 prochaines années, six millions de Canadiens de la génération des baby-boomers prendront leur retraite. Le marché du travail qu’ils quittent a cependant beaucoup changé depuis le début de leur carrière. Ceux qui les remplaceront devront posséder des compétences et des connaissances qui dépassent les marchés locaux d’autrefois. La génération actuellement en formation doit donc acquérir des compétences internationales. Leur préparation sera garante de la prospérité du Canada pour les 50 prochaines années.
Une partie de la solution consiste à attirer davantage d’étudiants étrangers, qui enrichissent l’expérience d’apprentissage des étudiants canadiens sur nos campus par leurs points de vue, leurs langues et leurs cultures. Ces étudiants engendrent également des retombées économiques considérables pour les collectivités canadiennes. Bien que notre pays ait beaucoup à offrir, l’attrait des États-Unis est puissant. Nos efforts pour attirer des gens de partout dans le monde doivent donc être plus ambitieux et plus énergiques.
Le Mexique, par exemple, devrait être un lieu de recrutement tout désigné, en raison de sa proximité géographique et de près de 70 ans de relations diplomatiques et de collaboration en matière d’enseignement supérieur avec notre pays. Environ 44 000 étudiants mexicains ont effectué des études supérieures à l’étranger en 2008-2009. La part du lion, soit plus de 14 000, s’est dirigée vers les États-Unis. Moins de 2 000 d’entre eux sont venus au Canada, qui occupe ainsi le sixième rang, derrière des pays comme l’Allemagne et la France, pourtant beaucoup plus éloignés. Même l’Australie accentue ses efforts au Mexique.
J’ai invité les étudiants que nous avons rencontrés au Mexique à envisager le Canada comme destination d’études. Les établissements de tout le pays offrent une excellente formation. Nos universités et les frais de subsistance des étudiants sont abordables. Nos campus sont également ouverts à la diversité.
Le corps professoral des universités canadiennes a aussi beaucoup à offrir : la moitié des professeurs ont été embauchés au cours de la dernière décennie; ils sont jeunes, hautement qualifiés et proposent des méthodes d’enseignement et de recherche novatrices; ils font preuve de collaboration et sont tournés vers le monde; beaucoup d’entre eux ont acquis de l’expérience à l’étranger. Ajoutez à cela la démarche pratique offerte par les programmes coopératifs et les stages, qui sont devenus une marque de commerce de l’expérience universitaire canadienne, et vous obtenez des possibilités infinies de recherche et d’enseignement novateurs.
Les entreprises étrangères ont également intérêt à regarder du côté du Canada lorsqu’elles cherchent des stagiaires. En plus d’offrir une expérience pratique à un étudiant sur le point d’entamer sa carrière, les entreprises bénéficient ainsi d’une source d’idées et des pratiques novatrices, ainsi que d’un dynamisme renouvelé. Le diplômé qui intégrera bientôt le marché du travail quitte son stage avec une compréhension approfondie des forces de l’entreprise; il est prêt à travailler et peut être recruté, étant déjà présélectionné.
J’ai par exemple rencontré une vice-présidente de Bombardier Transport à Querétaro, au Mexique. Diplômée de l’Université de Sherbrooke, elle a fait ses débuts chez Bombardier comme stagiaire au milieu des années 1990, et n’a jamais quitté l’entreprise.
Bombardier a établi des partenariats avec de grandes universités mexicaines, dont Tecnológico de Monterrey qui, pour sa part, a conclu des ententes de réseautage avec 24 universités canadiennes, ce qui témoigne de l’attrait international des universitaires canadiens et de leur expertise.
Ce genre de liens personnels ouvrent des portes aux étudiants et aux chercheurs et favorisent la croissance économique des deux pays. Le gouvernement fédéral peut promouvoir ce type de relation en adoptant une stratégie durable, élaborée et bien financée; une stratégie dirigée par le secteur et liée aux objectifs nationaux.
Pour voir grand, nous devons aller au-delà des améliorations graduelles. Le changement ne se fera pas seulement en signant davantage d’ententes ou en effectuant des visites à l’étranger : il faut créer un tout nouveau type de relation qui correspond aux défis et aux occasions qui nous attendent, tant par sa portée que par son envergure.
Paul Davidson
Président-directeur général, Association des universités et collèges du Canada
Le rapport publié par la TD sur l’apprentissage chez les jeunes enfants est louable. Cependant, la suggestion de Carol Goar d’aller puiser le financement à même les fonds des universités est tout simplement ridicule (Early learning is a better bargain than universities, 7 décembre).
Aujourd’hui, les universités font davantage avec moins de ressources. Le financement gouvernemental par étudiant pour l’éducation postsecondaire a diminué de moitié depuis 1977. Or, malgré les pressions qui en résultent, les universités continuent à former des citoyens du monde et des diplômés dont le marché du travail a besoin.
Dans son article, Mme Goar affirme à tort que la valeur des diplômes universitaires diminue. Tous les rapports de recensement indiquent au contraire que la valeur des diplômes augmente.
De 1990 à 2011, le nombre d’emplois occupés par des diplômés universitaires au Canada a plus que doublé, passant de 1,9 million à 4,5 millions, tandis que le nombre d’emplois dans les métiers spécialisés n’a augmenté que de 31 pour cent. Pendant cette même période, 1,7 million de postes de professionnels et de gestionnaires ont été créés, dont 1,4 million sont occupés par des diplômés universitaires.
Chez les nouveaux diplômés, le taux d’emploi et la pertinence de l’emploi par rapport aux études augmentent avec le temps. Ainsi, selon une étude réalisée en 2010, en Ontario 92 pour cent des diplômés universitaires trouvent un emploi dans les six mois suivant l’obtention de leur diplôme, et 94 pour cent occupent un emploi deux ans après l’obtention du diplôme. Six mois après l’obtention de leur diplôme, 78 pour cent des diplômés travaillent dans un domaine lié à leurs études, et deux ans après l’obtention du diplôme, la proportion grimpe à 84 pour cent.
Mme Goar soutient que de nombreux employeurs dans des domaines comme la vente au détail exigent que leurs employés détiennent un diplôme universitaire. En réalité, seulement 1,7 pour cent des emplois dans la vente au détail sont occupés par des diplômés universitaires, qui touchent un salaire annuel moyen de 49 807 $. Dans le domaine de la vente, deux fois plus de diplômés universitaires travaillent dans les secteurs des produits pharmaceutiques, des appareils médicaux, du matériel technique et de la technologie des communications pour un salaire annuel moyen allant de 75 000 $ à 91 000 $. La vaste majorité des diplômés universitaires – plus de 80 pour cent – occupent des postes de professionnels, de gestionnaires, d’experts technologiques et d’administrateurs.
Il n’est pas étonnant que les inscriptions à l’université augmentent. Or, le Canada a besoin d’encore plus de diplômés. Selon les estimations du gouvernement fédéral, 75 pour cent des nouveaux emplois qui verront le jour au cours de la prochaine décennie exigeront une formation postsecondaire. Compte tenu des importants changements démographiques qui s’amorcent au Canada et de la concurrence internationale accrue, le Canada doit mobiliser toutes ses ressources et tous ses talents pour maintenir la qualité de vie à laquelle aspirent légitimement les Canadiens – ce qui comprend, bien sûr, une meilleure éducation préscolaire.
Cette lettre d’opinion a été publié dans le Ottawa Citizen le 7 décembre 2012
Paul Davidson
président-directeur général, Association des universités et collèges du Canada
Objet : l’article « McGuinty delivered on education », paru le 3 décembre 2012.
La lettre d’opinion de L. Ian MacDonald fait l’éloge des réalisations du premier ministre sortant de l’Ontario en matière d’éducation. Il est cependant déplorable de constater à quel point M. MacDonald est mal informé en ce qui concerne les possibilités d’emploi pour les diplômés universitaires d’aujourd’hui, particulièrement si on les compare aux métiers spécialisés. Entre 1990 et 2011, le nombre d’emplois occupés par des diplômés universitaires a plus que doublé, passant de 1,9 million à 4,5 millions, alors que le nombre d’emplois pour les métiers spécialisés a augmenté du tiers seulement. Depuis 2000, la croissance de l’emploi pour les diplômés universitaires est nettement plus forte que pour n’importe quel autre niveau de formation. Même en Alberta, où l’économie est florissante, les emplois occupés par des diplômés universitaires surpassent les emplois occupés par des titulaires de diplômes professionnels dans une proportion de quatre pour un.
Les universités canadiennes forment adéquatement des diplômés en vue de carrières enrichissantes. Plus de la moitié des étudiants au premier cycle font des stages dans le cadre des programmes coopératifs et acquièrent ainsi une expérience de travail. Une formation universitaire offre toutefois bien davantage qu’une préparation au marché du travail. Les universités forment des citoyens du monde et des apprenants à vie : des jeunes dotés d’un esprit critique ainsi que de la capacité de résoudre des problèmes et de créer du nouveau savoir. Les diplômés universitaires sont adaptables aux changements du marché du travail.
Le Canada a besoin d’un nombre accru de diplômés universitaires. Les changements démographiques que nous connaissons, jumelés à une économie mondiale très concurrentielle, nous poussent à mobiliser toutes nos ressources – y compris un grand nombre de diplômés du niveau postsecondaire – afin d’assurer la prospérité et une bonne qualité de vie pour l’avenir.