Monsieur Wayne D. Peters
Président,
Association canadienne des professeures et professeurs d’université
Monsieur James L. Turk
Directeur général,
Association canadienne des professeures et professeurs d’université
2705, promenade Queensview
Ottawa, ON K2B 8K2
Monsieur le président,
Monsieur le directeur général,
Je vous remercie de votre lettre du 4 novembre dernier en réponse à la nouvelle Déclaration sur la liberté universitaire de l’Association des universités et collèges du Canada (AUCC). Nous apprécions ce dialogue sur la définition et la protection de la liberté universitaire au sein des universités canadiennes.
Cette déclaration est le résultat d’un processus rigoureux et réfléchi qui a commencé par un entretien approfondi entre 35 recteurs et vice-recteurs en décembre 2010. Après d’autres discussions entre les établissements membres de l’AUCC en avril 2011, le Comité consultatif permanent de la loi et des statuts de l’AUCC a rédigé une nouvelle déclaration. À titre de professeurs et de dirigeants universitaires, les membres du Comité ont enrichi le processus de leur vaste expérience. Après son approbation par le conseil d’administration en juin 2011, la nouvelle déclaration a été adoptée à l’unanimité par les établissements membres le 25 octobre 2011.
La déclaration de l’AUCC repose sur la conviction que la liberté universitaire est une valeur durable et fondamentale pour les universités canadiennes.
Nous croyons que la liberté universitaire vise un but précis : appuyer le rôle des universités au sein d’une société démocratique en ce qui a trait à la recherche et à la diffusion de la vérité.
Comme l’indique clairement la nouvelle déclaration, nous croyons également que la liberté universitaire doit être soumise à des normes rigoureuses de recherche et orientée par la raison ainsi que par les normes professionnelles de la recherche dans une discipline. Nous faisons confiance au processus d’examen par les pairs et aux normes de recherche et d’enseignement de nos disciplines universitaires. Nous ne partageons pas votre inquiétude découlant de la possibilité que ces processus et normes pourraient ne pas s’appliquer aux « idées marginales ou critiques des courants dominants ». Notre position repose sur la rigueur de la recherche et non sur son résultat.
La responsabilité d’un établissement d’organiser sa mission est une limite appropriée à la liberté universitaire. Ainsi, la responsabilité d’une université de prévoir ses horaires de cours et d’examens et de préparer son calendrier universitaire ne devrait pas être restreinte par une définition vague de la liberté universitaire.
La liberté universitaire est donc très différente du grand concept de liberté d’expression qui s’applique à tous les Canadiens. Le droit de chacun de s’exprimer à l’extérieur du campus est protégé par la Constitution canadienne; la Déclaration sur la liberté universitaire est axée sur ce qui se produit dans le milieu universitaire.
Votre lettre critique le fait que notre déclaration ne mentionne pas précisément le « service ». Or, la déclaration de l’AUCC est délibérément axée sur l’enseignement et la recherche. Les aspects du service liés à l’enseignement et à la recherche sont bien entendu protégés par la liberté universitaire.
Il est important de prendre note que la définition de la liberté universitaire évolue continuellement. Ce concept n’est ni statique, ni figé dans le temps; il s’adapte aux circonstances et aux réalités qui changent. Votre réponse fait référence au Statement on Academic Freedom and Tenure de 1915 de l’American Association of University Professors. Cependant, cet énoncé a été modifié en 1925, révisé de 1934 à 1940, puis modifié de manière substantielle de nouveau en 1940. Des commentaires interprétatifs ont également été ajoutés depuis. En 1945, on a axé l’énoncé sur les responsabilités particulières liées à la liberté universitaire. Depuis 1915, des déclarations au sujet des énoncés extra-muros ont également été publiées afin de clarifier les circonstances dans lesquelles on peut les utiliser ou les juger.
Il faut également noter que le cas de Harry Crowe, que vous citez, n’était pas seulement basé sur la compréhension de la liberté universitaire. Les spécialistes de l’ACPPU ont également constaté que les principes d’équité et de justice naturelle avaient alors été violés. Ces principes inscrits dans la réglementation canadienne, de même que les conventions collectives, protègent les droits des professeurs canadiens.
La Déclaration sur la liberté universitaire de l’AUCC est le résultat d’un processus solide. Elle reconnaît que les droits entraînent certaines responsabilités. Nous espérons qu’elle stimulera un dialogue constructif dans la collégialité de nos milieux universitaires.
Cordialement,
Stephen J. Toope
Président du conseil d’administration, Association des universités et collèges du Canada
Paul Davidson
Président-directeur général, Association des universités et collèges du Canada
WINNIPEG – Les universités sont au cœur même de plus d’une centaine de collectivités un peu partout au Canada et elles contribuent à la qualité de vie des résidents de manière significative. La nouvelle brochure rendue publique aujourd’hui par l’Association des universités et collèges du Canada (AUCC) porte précisément sur la manière dont les universités contribuent à créer des collectivités intelligentes, saines, dynamiques et prospères.
« Les universités sont le lieu commun où se rencontrent les gens et les idées au profit de tous les Canadiens », a affirmé Paul Davidson, président-directeur général de l’AUCC, qui s’adressait aujourd’hui aux membres du conseil d’administration de la University of Winnipeg où la brochure a été rendue publique.
« Pour les collectivités de l’ensemble du Canada, l’université locale est bien plus qu’un moteur économique important; elle est aussi un endroit où les arts s’expriment, où l’apprentissage à vie est possible et où les familles profitent des installations récréatives. Il n’y a pas de réelle frontière entre l’université et la collectivité; les deux s’appuient mutuellement, se complètent et travaillent ensemble à renforcer le Canada », a ajouté M. Davidson.
Avec des dépenses directes de 30 milliards de dollars par année, les universités canadiennes engendrent plus d’activité économique que le secteur des pâtes et papier ou l’industrie de la construction résidentielle. Elles attirent en outre comme de véritables aimants l’élite mondiale de la recherche et de l’innovation vers les collectivités locales. À titre d’exemple, environ 550 titulaires de Chaires de recherche du Canada (soit 30 pour cent) ont été recrutés à l’étranger, dont la moitié était des Canadiens expatriés.
L’internationalisation des universités canadiennes signifie pour sa part que 100 000 étudiants étrangers sont aujourd’hui inscrits dans une université canadienne, comparativement à 25 500 en 1995. Les étudiants étrangers contribuent au développement économique et social des collectivités locales dont ils renforcent la diversité, et qu’ils enrichissent de leur point de vue unique et de leur expérience personnelle.
Pour obtenir un complément d’information relativement aux répercussions des universités canadiennes sur nos collectivités, téléchargez un exemplaire de la nouvelle brochure de l’AUCC.
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Pour obtenir un complément d’information ou une entrevue :
Helen Murphy
Gestionnaire des communications, AUCC
hmurphy@aucc.ca
613 563-1236, poste 238
OTTAWA – Cette semaine, les universités canadiennes invitent les Canadiens à constater les retombées des investissements rendus possibles grâce au Programme d’infrastructure du savoir du gouvernement fédéral en partenariat avec d’autres bailleurs de fonds. Du 4 au 13 novembre, 64 universités d’un océan à l’autre participeront aux Journée portes ouvertes dans les universités, organisées par l’Association des universités et collèges du Canada (AUCC).
« Les Journée portes ouvertes dans les universités offrent aux Canadiens l’occasion de constater comment le Programme d’infrastructure du savoir a transformé nos établissement d’enseignement, stimulé la recherche au Canada et amélioré les expériences d’apprentissage des étudiants », a affirmé Paul Davidson, président-directeur général de l’AUCC.
Le Programme a été lancé par le gouvernement fédéral en 2009, dans le cadre du Plan d’action économique. Étalé sur deux ans et doté d’une enveloppe de deux milliards de dollars, il visait à améliorer les infrastructures dans les établissements d’enseignement postsecondaires. Le gouvernement fédéral a investi la somme de 1,3 milliard de dollars qui, jumelée aux investissements des gouvernements provinciaux et d’autres bailleurs de fonds, a totalisé 3,2 milliards de dollars au profit des campus à l’échelle du pays.
Grâce aux 183 projets réalisés sur 79 campus universitaires, les étudiants d’aujourd’hui disposent de salles de classe dotées de nouvelles technologies, ainsi que de laboratoires de recherche et de bibliothèques résolument modernes, et font leurs études sur des campus tournés vers le développement durable. La réussite du programme tient à la collaboration fédérale-provinciale qui a permis de relever les défis financiers et d’investir dans l’avenir. Elle démontre aussi la souplesse et la réceptivité du milieu universitaire canadien qui, à titre de partenaire, a fait en sorte que les grands projets d’infrastructure ont été réalisés en temps opportun. Il n’a fallu que six semaines pour que la mise sur pied du Programme soit annoncée, puis six mois pour que les décisions soient prises.
« Les Journées portes ouvertes ont pour objectif de démontrer à la population canadienne la valeur de ces investissements. En plus d’avoir les retombées favorables sur la présente génération d’étudiants, les infrastructures universitaires nouvellement créées façonneront l’avenir de l’éducation, de la recherche et de l’innovation au Canada », a déclaré M. Davidson.
Porte-parole des universités canadiennes depuis 100 ans, l’AUCC représente 95 universités et collèges universitaires publics et privés à but non lucratif au Canada.
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Consulter des exemples de nouvelles installations rendues possibles grâce au Programme d’infrastructure du savoir.
Renseignements :
Helen Murphy
Gestionnaire des communications
Association des universités et collèges du Canada
Courriel : hmurphy@aucc.ca
Tél. : 613 563-1236, poste 238
OTTAWA – L’Association des universités et collèges du Canada accueille favorablement l’initiative du Programme des travailleurs qualifiés de Citoyenneté et Immigration Canada permettant d’offrir une voie vers la résidence permanente aux étudiants au doctorat. La possibilité de demeurer au Canada pour travailler et s’installer est très attirante pour les étudiants étrangers et constitue un facteur déterminant dans le choix du pays où ils souhaitent étudier. « Cette initiative donnera aux universités canadiennes un avantage concurrentiel pour attirer les meilleurs talents étrangers à venir faire faire un doctorat au Canada et ensuite les garder au pays, a déclaré Paul Davidson, président-directeur général de l’AUCC. Nous nous réjouissons de cette annonce et appuierons les efforts déployés par CIC. »
L’AUCC se joint aussi à CIC pour célébrer l’admission du 10 000e résident permanent reçu au Canada au titre de la catégorie de l’expérience canadienne. Depuis sa création, il y trois ans, la catégorie de l’expérience canadienne permet d’offrir de manière efficace une voie vers la résidence permanente aux étudiants étrangers diplômés des universités et des collèges canadiens.
Le Programme des travailleurs qualifiés et la catégorie de l’expérience canadienne sont deux mécanismes fédéraux utiles qui appuient les efforts du Canada pour attirer et retenir les meilleurs talents étrangers, un élément essentiel pour réussir à bâtir un pays éclairé et bienveillant.
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Communiqué de Citoyenneté et Immigration Canada
Pour obtenir un complément d’information :
Rachel Lindsey
Analyste principale des politiques, AUCC
613-563-3961 poste 249
rlindsey@aucc.ca
Réunions des membres qui marquent le centenaire de l’AUCC
Hôtel Hyatt Regency, Montréal « Nous ouvrir à de plus vastes horizons »
Stephen J. Toope
Recteur et vice-chancelier, University of British-Columbia
Président du conseil d’administration, Association des universités et collèges du Canada
Chers collègues et amis, c’est un grand honneur pour moi d’être parmi vous en tant que président du conseil d’administration de l’Association. C’est à ce titre que je m’adresse à vous ce matin, en souhaitant que mon allocution ne vous soit pas trop pénible.
La raison de notre rassemblement d’aujourd’hui est à la fois ordinaire et extraordinaire. Ce qu’il y a d’ordinaire c’est que nous sommes bien sûr ici pour participer aux réunions de l’Association des universités et collèges du Canada qui ont lieu deux fois l’an, en avril et en octobre. Et nous voilà déjà en octobre.
Ces réunions ont également un côté extraordinaire, car elles coïncident avec l’anniversaire de l’Association. Nous sommes rassemblés ici, à Montréal, parce que les recteurs des universités canadiens se sont réunis pour la toute première fois dans la salle Redpath de l’Université McGill il y a 100 ans. C’est dans cette même salle que nous avons dîné hier soir et écouté les propos inspirants de son Excellence, le très honorable gouverneur général du Canada.
Cette réunion était, au sens large du terme, une convocation. Elle a marqué le début d’une série de conversations sur l’avenir du Canada et le rôle que joue l’enseignement supérieur pour l’avenir du pays. Ces échanges se poursuivent encore aujourd’hui. La convocation des recteurs en 1911 a donné naissance à ce qu’est aujourd’hui l’AUCC, et ces échanges continus – avec les Canadiens et à propos du Canada – constituent sa principale raison d’être.
J’ai délibérément utilisé le mot « convocation ». Vous savez sans doute que ce mot est fréquemment utilisé dans le milieu universitaire anglophone, mais dans un sens très précis, pour parler des cérémonies entourant la remise des diplômes. Mais son sens ne se limite pas à celui d’une collation des grades ou à une cérémonie. Du latin convocare, le mot « convocation » signifie « appeler un groupe à se réunir dans un but précis ».
Cette réunion a le potentiel d’être extraordinaire parce qu’elle fait un retour sur notre histoire, mais aussi parce qu’elle nous permet de nous tourner vers l’avenir.
Pourquoi sommes-nous appelés à nous réunir? Quel est ce but précis?
Ceux d’entre nous qui occupent la fonction de recteur consacrent l’essentiel de leur temps et de leur énergie au progrès leur propre établissement. C’est un important volet de notre mission, qui peut bien sûr instaurer un climat de concurrence entre nous. Il est tout à fait normal que chacun de nous se soucie d’abord de son université, le contraire serait étonnant. C’est l’une des responsabilités importantes de tout recteur, mais attention : ce n’est pas sa principale responsabilité. Ce n’est pas non plus pour cette raison que nous sommes rassemblés aujourd’hui.
De même, l’AUCC travaille sans relâche pour défendre les intérêts des 95 établissements d’enseignement supérieur public et privé à but non lucratif qui en sont membres. À titre de représentants de nos dossiers communs, les membres du personnel de l’AUCC livrent concurrence à d’autres groupes et d’autres institutions pour obtenir une part des ressources qu’on pourrait qualifier de limitées. Cette activité est nécessaire, et nous, les membres, appuyons les efforts de l’AUCC et y prenons part. Toutefois, elle ne constitue pas notre principale responsabilité. Elle fait partie intégrante de nos activités, mais elle ne définit pas qui nous sommes.
Notre histoire ne repose pas sur la concurrence. Elle repose sur la contribution.
Nous sommes d’abord et avant tout des Canadiens dont la vocation – ou l’appel, si vous préférez – est de contribuer à la production et à l’avancement du savoir afin d’avoir une influence positive dans le monde.
Chaque recteur membre de l’AUCC a la responsabilité de défendre les intérêts de son propre établissement, mais je vais tenter aujourd’hui de mettre de côté mon indéfectible loyauté (même si je demeure convaincu que mon université est la meilleure au monde).
Même si nous sommes tous, à titre de membres de l’AUCC, responsables de l’avancement de nos dossiers communs, j’aimerais profiter du fait que j’occupe ce poste depuis peu pour mettre de côté la notion d’universités en tant que « groupe d’intérêt » (sans pour autant négliger nos efforts au nom de l’enseignement supérieur).
En tant que défenseurs de l’éducation au Canada, nous partageons un but ultime qui doit orienter toutes nos actions, même si ce but n’est pas toujours au centre de nos activités quotidiennes. C’est ce dont j’aimerais vous parler aujourd’hui. Notre plus grande responsabilité est d’assurer le bien-être des Canadiens, la santé du domaine de l’éducation au Canada et la capacité de l’enseignement supérieur d’exercer une influence positive sur les Canadiens, nos collectivités et le monde entier.
Cette responsabilité envers les Canadiens, le Canada et le reste du monde définit notre histoire. Je veux saisir l’occasion qui s’offre à moi aujourd’hui pour vous parler de l’histoire des universités canadiennes et de leurs contributions à l’égard des Canadiens, des collectivités et, finalement, du Canada à l’échelle nationale et internationale.
Nous faisons partie d’un continuum au sein du milieu de l’éducation, sans lequel le Canada ne pourrait pas prospérer. En cette ère marquée par une accélération du changement, notre tâche consiste à créer les conditions nécessaires pour que les Canadiens puissent découvrir de nouveaux univers sans cesse plus vastes, et s’y aventurer avec succès. Notre ambition est d’ouvrir ces univers aux individus, aux collectivités et au Canada tout entier.
Cette tâche, nous ne l’entreprenons pas seuls, indépendamment du reste de la société canadienne, mais plutôt en tant que maillon de la chaîne de la société canadienne. Le cliché qui veut que les universités soient des tours d’ivoire réservées à l’élite n’a pas lieu d’être. Chaque Canadien a un rôle à jouer sur le plan de l’enseignement supérieur, qu’il soit ou non allé à l’université.
Nous devons raconter cette histoire non seulement pour le bien de nos propres établissements et non seulement pour le bien du milieu de l’enseignement supérieur, mais nous devons d’abord et avant tout la raconter parce que le bien-être de notre société, de notre culture et de notre économie en dépend.
Dans le cadre des activités du centenaire, nous avons entrepris au cours de l’année des dialogues avec les établissements membres et des intervenants de partout au Canada. Nous leur avons posé une question simple : « À quoi servent les universités? » En plein le genre de questions difficiles dans lesquelles les universités excellent. Nous avons reçu des réponses de tout ordre : économique, social, culturel, politique… Certaines portaient sur l’importance de l’éducation, d’autres sur la valeur de la recherche, d’autres encore sur l’apport des universités aux collectivités. Nous avons également reçu des réponses d’ordre personnel. En les écoutant, nous avons constaté qu’il s’en dégageait peu à peu un fil conducteur.
L’enseignement supérieur nous ouvre à de plus vastes horizons.
C’est le cas des étudiants qui quittent la maison pour la première fois. C’est le cas des chercheurs qui font une découverte qui permet de mieux comprendre les mystères de la santé humaine. C’est le cas de tous ceux qui n’ont jamais fait d’études supérieures, mais qui bénéficient de la présence d’une université dans leur collectivité. C’est également le cas du Canada et des Canadiens, qui évoluent au sein d’une économie mondiale en constante évolution.
Le rôle de l’enseignement supérieur au Canada est vaste. Il repose sur une vision personnelle qui rejoint chacun d’entre nous. J’entends par là que les retombées pour le Canada ne sont pas seulement produites par les universités en tant qu’établissements, mais également et principalement par les personnes dont la vie a été changée grâce à l’université.
Arrêtons-nous pour penser aux Canadiens en tant que personnes.
Les universités nous aident à découvrir qui nous sommes et libèrent notre potentiel. Elles y parviennent par la transmission du savoir, de même qu’en favorisant la croissance personnelle.
Nous vivons à une époque où les connaissances à elles seules ne suffisent plus. Le monde évolue tout simplement trop rapidement. La réussite économique, sociale et personnelle ne dépend pas tant de nos connaissances que de notre capacité à apprendre, à penser et à s’adapter au changement. Le mot d’ordre du xxe siècle était « sécurité »; celui du xxie siècle sera « résilience ». Les universités sont des sources de compétences et de connaissances, mais elles sont surtout des laboratoires de changement et des incubateurs de résilience. Elles sont donc en parfaite position pour former des citoyens du monde prêts à évoluer dans un contexte qui change constamment.
Le parcours universitaire des étudiants canadiens représente sans doute la phase la plus marquante de leur vie, l’étape la plus transformatrice de leur existence. D’un point de vue pratique, les diplômés universitaires ont de fortes chances de trouver un emploi gratifiant, qui les comblera. Ils gagnent d’ailleurs en moyenne 1,3 million de dollars de plus au cours de leur vie que les personnes détenant seulement un diplôme d’études secondaires. Toutefois, ce que notre histoire raconte, le plus important, l’essentiel, c’est que les universités profitent à tous les Canadiens.
Les diplômés universitaires sont en meilleure santé et utilisent moins le système de santé, ils sont moins susceptibles de devenir un fardeau pour l’État et ils sont plus enclins à faire du bénévolat et à s’investir dans leur collectivité. Ils prennent parfois de remarquables initiatives scientifiques, culturelles ou économiques, ou font des découvertes qui améliorent la vie de tous les Canadiens et rentabilisent les investissements dans l’éducation.
L’apport collectif des diplômés universitaires à la société permet à tous les Canadiens de profiter des avantages qui leur tiennent le plus à cœur. Sans l’enseignement supérieur, le Canada ne serait pas la grande nation que l’on connaît.
Intéressons-nous maintenant aux collectivités. Les universités transforment la vie d’étudiants qui, en retour, transforment leur collectivité, leur pays et le monde. Elles sont profondément engagées au sein des collectivités canadiennes. Collectivement, les universités canadiennes représentent une entreprise qui génère pour 30 milliards de dollars en dépenses directes dans les collectivités qui les accueillent. Cette contribution à l’économie canadienne dépasse celle de l’industrie des pâtes et papiers ou de l’extraction du pétrole et du gaz. De plus, ce chiffre ne tient pas compte de la valeur des connaissances, des nouvelles technologies et des entreprises issues du génie des chercheurs universitaires. Pour les collectivités, les universités constituent une ressource, une destination, un moteur économique, un carrefour artistique et culturel, une source d’information et de savoir et un partenaire en matière d’affaires civiques.
Les collectivités, en retour, transforment les universités en orientant leurs activités d’enseignement et de recherche et en inspirant de nouvelles idées aux étudiants et aux professeurs.
Élargissons encore notre point de vue pour passer de la collectivité au pays. Les retombées dont profite le Canada proviennent des contributions des citoyens conjuguées à l’incidence considérable de la recherche de calibre mondial.
Notre pays a la chance de pouvoir compter sur des ressources naturelles très importantes. Cependant, la pleine exploitation de ces ressources exige des compétences de plus en plus spécialisées. L’enseignement supérieur offre le meilleur rendement qui soit pour la formation des ressources humaines capables de faire progresser notre économie en dépit des fluctuations cycliques du marché des produits de base.
En 1911, quelque 13 000 étudiants fréquentaient les 18 universités canadiennes. Cette année, les effectifs ont franchi le cap du million. Cette étape charnière montre l’importance qu’accordent les Canadiens à l’enseignement supérieur. Nous devons toutefois comprendre que cette reconnaissance n’échappe pas aux autres pays. La Chine, par exemple, a vu ses effectifs universitaires augmenter d’un million d’étudiants en une année seulement. L’Inde a déterminé qu’elle aura besoin de créer 1 300 nouvelles universités au cours de la prochaine décennie. Les nouveaux chefs de file de l’économie mondiale du XXIe siècle – des pays comme la Chine, l’Inde, la Corée et le Brésil – ont placé les investissements en enseignement supérieur parmi leurs priorités.
Notre avenir sera façonné, de l’intérieur comme de l’extérieur de nos frontières, par les changements engendrés par une population de citoyens du monde créatifs, hautement qualifiés et ambitieux. Nous constatons les choix que les autres font, et comme un sage l’a déjà dit : « Même si vous êtes sur la bonne voie, on vous écrasera si vous ne bougez pas. »
La recherche stimule l’excellence du Canada comme nation. Et, ici comme ailleurs, ce sont les personnes qui stimulent la recherche d’excellence et qui en bénéficient.
Le Canada se démarque en offrant un milieu propice au développement du talent. Les universités, avec l’aide des gouvernements fédéral et provinciaux, ont mis en place les conditions nécessaires pour attirer des chercheurs de partout dans le monde et pour retenir les meilleurs chercheurs canadiens, afin qu’ils puissent effectuer leur travail remarquable ici. La réputation du Canada sur la scène mondiale dépend de cette capacité. L’ensemble du Canada participe au secteur de la recherche et en tire des avantages, car ce secteur ne nécessite pas seulement des installations de pointe. Il a également besoin de collectivités dynamiques, sécuritaires, diversifiées et accueillantes pour inciter les chercheurs étrangers à s’établir ici plutôt qu’ailleurs.
Éducation, engagement communautaire et recherche.
Ces trois volets nous ouvrent à de plus vastes horizons et nous préparent à y évoluer avec succès. Ce sont les trois piliers de notre mission au service de l’enseignement supérieur. Les recteurs les connaissent très bien. Pourtant, chaque établissement se distingue par la manière dont il mène ses activités. L’éducation, la recherche et l’engagement communautaire ne sont pas non plus l’apanage des universités : elles font partie du tissu même de la vie canadienne. C’est ce qui les rend si importants, et rend notre mission à leur égard absolument essentielle au bien-être de chacun d‘entre nous.
Notre Association regroupe 95 universités et collèges universitaires, et je pense pouvoir affirmer que nos membres répondent aux besoins des Canadiens et concrétisent les trois éléments de notre mission commune d’au moins 95 façons différentes. C’est une preuve de la résilience des universités, qui leur a permis de demeurer utiles et pertinentes en période de changement, pas seulement au cours du siècle dernier au Canada mais depuis leur origine au début de la période médiévale il y a près d’un millénaire.
Leur résilience s’explique par un équilibre dynamique entre conservatisme et changement. Nous traversons une époque de profonds bouleversements, et les universités, individuellement et collectivement, réfléchissent, réagissent et, souvent, sont les chefs de file du changement. C’est là un rôle à la fois nécessaire et important. J’aimerais vous parler des conditions qui sous-tendent l’évolution et le changement au Canada, mais il ne faut pas oublier que les universités, même si elles évoluent avec le Canada, doivent toujours demeurer fidèles aux valeurs constantes qui les guident :
Ce dernier point, c’est-à-dire l’importance d’accomplir des changements significatifs, je l’appelle notre responsabilité.
Même si nous adhérons profondément aux valeurs qui nous définissent, nous devons constamment nous adapter aux besoins évolutifs des Canadiens. Cette capacité d’adaptation est également une responsabilité.
Chacun des 95 établissements membres de l’Association est sensible à ce qui passe autour de lui et réagit constamment à l’environnement local et mondial. Au cours de l’année, les membres de l’AUCC ont participé, partout au pays, à des échanges intenses; ils ont discuté des besoins émergents des Canadiens, des changements qu’ils observent, ainsi que des mesures qu’ils adoptent en réponse aux situations. Partant de la masse d’information recueillie, le personnel et les établissements membres de l’AUCC se sont employés, au cours de la dernière année, à définir et à articuler cinq besoins récurrents et émergents que nous, en tant que défenseurs de l’éducation, nous engageons à combler. J’aimerais vous faire part de ces engagements aujourd’hui, et je me réjouis à l’idée d’en discuter de façon plus approfondie avec vous.
Les universités prennent ces engagements communs à l’aube du deuxième siècle :
1. Nous nous engageons à élargir la vision de l’éducation. Nous faisons partie d’un système plus vaste d’éducation, et nous ne pouvons contribuer pleinement à l’avenir du Canada que si l’ensemble du système est sain et solide. Nous nous engageons donc à initier et à mener un vaste dialogue pancanadien sur l’ensemble du système d’éducation, de la maternelle au postdoctorat, pour le bien de tous les Canadiens.
2. Nous nous engageons à innover sur le plan de l’apprentissage. La recherche en matière d’enseignement et d’apprentissage et les nouvelles technologies fournissent une foule d’outils et de méthodes pédagogiques. De plus, les trois piliers de la mission universitaire – l’éducation, la recherche et l’engagement communautaire – convergent de plus en plus, offrant une expérience d’apprentissage de plus en plus intégrée. Nous nous engageons à améliorer l’expérience d’apprentissage des étudiants des programmes au premier cycle, aux cycles supérieurs et de formation professionnelle en tirant parti de toutes les possibilités qu’offrent l’enseignement, la recherche et la collectivité et en les enrichissant d’une dimension internationale et de nouvelles technologies.
3. Nous affirmons notre engagement envers l’excellence. Nous avons la responsabilité commune de faire en sorte que les étudiants disposent de tous les outils dont ils auront besoin pour jouer leur rôle dans le monde et au sein du Canada nouveau genre.
4. Nous nous engageons à trouver des solutions aux grands problèmes de notre monde. Nous sommes déterminés à accroître les études aux cycles supérieurs et à adhérer à un solide programme de recherche en vue de générer de nouvelles connaissances et de trouver des solutions aux grands problèmes de notre monde de plus en plus complexe.
5. Nous nous engageons à favoriser l’engagement et les partenariats. Nous allons au-delà de nos établissements afin de créer des alliances, des partenariats et des projets qui poursuivent des objectifs communs. Nous collaborons avec des organisations communautaires et des groupes sociaux à trouver des solutions aux problèmes locaux et mondiaux. Nous sollicitons des partenariats avec le secteur privé en vue d’améliorer la transmission du savoir et de renforcer la culture de l’innovation. Nous multiplions les collaborations entre les universités au Canada et à l’étranger afin d’accélérer le rythme de la recherche et d’unir nos forces pour réaliser des projets complexes de portée mondiale.
Ces engagements sont vastes et ouverts. Nous les partageons avec tous les Canadiens, mais ils représentent une motivation et un défi différents pour chacun de nous. Plus tard au cours de la journée, nous aurons l’occasion de nous pencher de plus près sur ces engagements. Je suis convaincu que ce sera le début d’une conversation d’importance vitale qui nous guidera vers un deuxième siècle productif et inspirant.
L’enseignement supérieur canadien ne repose pas sur un modèle unique. Il existe différents types d’intelligence, différents types d’apprentissage, et le monde a besoin de tout un éventail de compétences et de talents. Mais une chose est certaine : le Canada est et demeurera une « nation avertie et bienveillante », pour reprendre les mots du très honorable David Johnston. Pour que nous puissions prospérer, individuellement et collectivement, chacun d’entre nous doit exploiter son plein potentiel, quel qu’il soit, et s’engager à l’utiliser pleinement, de façon « avertie et bienveillante ». C’est ainsi que nous pourrons nous ouvrir à de plus vastes horizons. Dans le cadre de notre mission au service de l’enseignement supérieur, nous avons le privilège et la responsabilité d’aider les Canadiens et le Canada à y parvenir de toutes les façons possibles.
L’heure de la convocation a sonné. Nous sommes appelés à continuer de bâtir, tous ensemble, une grande nation, le Canada.
Tous ici présents, nous avons pour mission de faire progresser l’enseignement supérieur et de permettre à tous ceux qui le souhaitent d’y accéder, au bénéfice de tous les êtres humains du monde. En réalité, nous sommes, au Canada, tous appelés à remplir cette mission. Nous formons une immense collectivité d’apprenants interdépendants, et chaque personne sera un jour ou l’autre touchée, de près ou de loin, par ce que nous faisons ou avons fait.
Laissez-moi illustrer cette idée avec une image évocatrice. Il y a longtemps, l’homme a maîtrisé le feu. Cette découverte a tout changé. Certains vivent pour entretenir la flamme, tandis que d’autres s’y réchauffent. Certains étudient la physique de la combustion, puis vont allumer la flamme de l’innovation ailleurs. Quoi qu’il en soit, nous contribuons tous à la chaleur, et nous profitons tous de la lumière que le feu dégage. Il s’agit d’une responsabilité intemporelle et propre à l’homme. Les humains ont tracé la voie, des premiers feux aux tout derniers lasers. Les outils évoluent, mais le but demeure le même.
Nous, les universités, avons choisi de nous regrouper pour pénétrer les coins sombres et jeter la lumière sur de nouveaux horizons. Rien n’est plus important, peu importe le point de vue que l’on adopte.
Je vous remercie et me réjouis à l’idée de poursuivre notre conversation.