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Opinion - 18 décembre 2012

La version anglaise de cet article d’opinion a paru dans la revue Embassy, le 18 décembre 2012.

Par Paul Davidson
Président-directeur général
Association des universités et collèges du Canada

En participant à la délégation du gouverneur général au Mexique ce mois-ci, j’ai entendu Son Excellence David Johnston en appeler à une « diplomatie du savoir », qu’il décrit comme la volonté et la capacité de travailler ensemble, d’une discipline à l’autre et d’un pays à l’autre.

Une telle diplomatie fondée sur des liens interpersonnels est très puissante. Collaborer et échanger des idées partout dans le monde nous permet d’avancer comme pays. Au lieu d’entretenir une concurrence internationale pour attirer le talent, nous devrions envisager une collaboration internationale à cet égard.

Nous nous sommes rendus au Mexique pour promouvoir une coopération accrue en matière d’innovation, de technologie, d’éducation et de développement local. Il s’agit d’un début. Le véritable changement résultera de l’établissement de relations de travail concrètes, c’est-à-dire de liens personnels directs.

Sur le plan universitaire, il y a d’excellentes raisons de renforcer la collaboration par la mobilité des étudiants et des professeurs et par la recherche internationale, non seulement avec le Mexique, mais à l’échelle mondiale. La Chine, l’Inde et le Brésil, en particulier, offrent une foule de possibilités dans de nombreux secteurs qu’il est urgent de saisir.

Notre main-d’œuvre vieillit : au cours des 20 prochaines années, six millions de Canadiens de la génération des baby-boomers prendront leur retraite. Le marché du travail qu’ils quittent a cependant beaucoup changé depuis le début de leur carrière. Ceux qui les remplaceront devront posséder des compétences et des connaissances qui dépassent les marchés locaux d’autrefois. La génération actuellement en formation doit donc acquérir des compétences internationales. Leur préparation sera garante de la prospérité du Canada pour les 50 prochaines années.

Une partie de la solution consiste à attirer davantage d’étudiants étrangers, qui enrichissent l’expérience d’apprentissage des étudiants canadiens sur nos campus par leurs points de vue, leurs langues et leurs cultures. Ces étudiants engendrent également des retombées économiques considérables pour les collectivités canadiennes. Bien que notre pays ait beaucoup à offrir, l’attrait des États-Unis est puissant. Nos efforts pour attirer des gens de partout dans le monde doivent donc être plus ambitieux et plus énergiques.

Le Mexique, par exemple, devrait être un lieu de recrutement tout désigné, en raison de sa proximité géographique et de près de 70 ans de relations diplomatiques et de collaboration en matière d’enseignement supérieur avec notre pays. Environ 44 000 étudiants mexicains ont effectué des études supérieures à l’étranger en 2008-2009. La part du lion, soit plus de 14 000, s’est dirigée vers les États-Unis. Moins de 2 000 d’entre eux sont venus au Canada, qui occupe ainsi le sixième rang, derrière des pays comme l’Allemagne et la France, pourtant beaucoup plus éloignés. Même l’Australie accentue ses efforts au Mexique.

J’ai invité les étudiants que nous avons rencontrés au Mexique à envisager le Canada comme destination d’études. Les établissements de tout le pays offrent une excellente formation. Nos universités et les frais de subsistance des étudiants sont abordables. Nos campus sont également ouverts à la diversité.

Le corps professoral des universités canadiennes a aussi beaucoup à offrir : la moitié des professeurs ont été embauchés au cours de la dernière décennie; ils sont jeunes, hautement qualifiés et proposent des méthodes d’enseignement et de recherche novatrices; ils font preuve de collaboration et sont tournés vers le monde; beaucoup d’entre eux ont acquis de l’expérience à l’étranger. Ajoutez à cela la démarche pratique offerte par les programmes coopératifs et les stages, qui sont devenus une marque de commerce de l’expérience universitaire canadienne, et vous obtenez des possibilités infinies de recherche et d’enseignement novateurs.

Les entreprises étrangères ont également intérêt à regarder du côté du Canada lorsqu’elles cherchent des stagiaires. En plus d’offrir une expérience pratique à un étudiant sur le point d’entamer sa carrière, les entreprises bénéficient ainsi d’une source d’idées et des pratiques novatrices, ainsi que d’un dynamisme renouvelé. Le diplômé qui intégrera bientôt le marché du travail quitte son stage avec une compréhension approfondie des forces de l’entreprise; il est prêt à travailler et peut être recruté, étant déjà présélectionné.

J’ai par exemple rencontré une vice-présidente de Bombardier Transport à Querétaro, au Mexique. Diplômée de l’Université de Sherbrooke, elle a fait ses débuts chez Bombardier comme stagiaire au milieu des années 1990, et n’a jamais quitté l’entreprise.

Bombardier a établi des partenariats avec de grandes universités mexicaines, dont Tecnológico de Monterrey qui, pour sa part, a conclu des ententes de réseautage avec 24 universités canadiennes, ce qui témoigne de l’attrait international des universitaires canadiens et de leur expertise.

Ce genre de liens personnels ouvrent des portes aux étudiants et aux chercheurs et favorisent la croissance économique des deux pays. Le gouvernement fédéral peut promouvoir ce type de relation en adoptant une stratégie durable, élaborée et bien financée; une stratégie dirigée par le secteur et liée aux objectifs nationaux.

Pour voir grand, nous devons aller au-delà des améliorations graduelles. Le changement ne se fera pas seulement en signant davantage d’ententes ou en effectuant des visites à l’étranger : il faut créer un tout nouveau type de relation qui correspond aux défis et aux occasions qui nous attendent, tant par sa portée que par son envergure.

Opinion - 3 octobre 2012

La version anglaise de cet article d’opinion a été publié par Embassy

par Paul Davidson
Président-directeur général de l’Association des universités et collèges du Canada

La vision est audacieuse; le potentiel est réel. Cela dit, comment procéder pour faire du Canada un chef de file mondial en matière d’éducation internationale? Il nous faudra faire preuve de beaucoup de coordination, d’esprit de décision et de détermination afin d’agir rapidement, de manière à ne pas laisser filer les occasions qui s’offrent à nous.

Telle est la vision formulée récemment par le Comité consultatif sur la stratégie du Canada en matière d’éducation internationale – une stratégie ambitieuse qui vise à faire du Canada un leader du XXIe siècle par sa capacité d’attirer les meilleurs talents et de préparer les Canadiens pour l’économie mondiale. Il est temps de concrétiser cette vision.

Le Canada a déjà fait de grands progrès, à maints égards. Ses universités ont depuis longtemps pris conscience de l’importance de l’internationalisation des campus par le recrutement d’étudiants étrangers, la création de programmes conjoints avec des partenaires étrangers, et le financement de stratégies nouvelles et novatrices permettant aux étudiants canadiens de vivre des expériences à l’étranger.

Des progrès considérables ont également été accomplis à l’échelon fédéral. Les politiques d’immigration canadiennes, par exemple, tiennent désormais clairement compte du fait que les étudiants étrangers constituent de précieuses ressources pour notre pays. Ils correspondent au type même d’immigrants que le Canada souhaite et doit attirer pour pallier ses problèmes de pénurie de main-d’œuvre.

Les politiques axées sur l’avenir mises en place par Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) confèrent à notre pays un avantage par rapport aux autres pays désireux d’accueillir des étudiants étrangers. Ces derniers peuvent désormais travailler au Canada, sur campus ou hors campus, tout en poursuivant leurs études. Ils ont la possibilité de prendre part à des programmes coopératifs, et même de continuer à travailler au Canada pendant trois ans après l’obtention de leur diplôme. Le programme Catégorie de l’expérience canadienne a été institué pour permettre à ceux possédant à la fois un diplôme d’un établissement d’enseignement canadien et une expérience de travail au Canada d’acquérir le statut de résident permanent. Le 20 000e étudiant étranger vient tout juste d’acquérir ce statut dans le cadre de ce programme mis sur pied il y a quatre ans à peine, ce qui témoigne de son succès remarquable.

CIC a par ailleurs récemment amorcé un processus consultatif visant l’évaluation de son Programme des étudiants étrangers. L’examen a trois objectifs : renforcer l’intégrité du système d’immigration canadien, accentuer l’imputabilité et améliorer la réputation du Canada comme destination de choix pour les étudiants étrangers. Il est essentiel que ces trois objectifs soient atteints pour préserver la capacité du Canada à attirer sa juste part des trois millions d’étudiants étrangers que compte la planète.

Prochaines étapes 

Des problèmes persistent toutefois, et des obstacles doivent être levés. Les délais de traitement des visas augmentent, malgré la diligence déployée pour les réduire. Les agents d’immigration canadiens en poste à l’étranger sont tenus de traiter un nombre croissant de demandes de permis d’études, en dépit des compressions financières imposées et de la réduction des dépenses gouvernementales. Il en résulte des retards involontaires de traitement qui poussent certains étudiants à opter finalement pour un autre pays, apte à leur fournir un visa d’étudiant plus rapidement que le Canada. Il est impératif de faire en sorte que CIC puisse répondre à la demande. Il est temps d’explorer de nouvelles pistes pour doter les bureaux des visas des ressources nécessaires au traitement des demandes de permis d’études. Cela passe entre autres par la révision des frais exigés pour ces permis.

Tant du point de vue de la politique étrangère que sur le plan commercial, les universités sont de plus en plus perçues comme un atout sous-exploité pour faire la promotion du Canada dans le monde. Le Comité consultatif sur la stratégie du Canada en matière d’éducation internationale a soumis ses recommandations au ministre des Finances, Jim Flaherty, ainsi qu’au ministre du Commerce international, Edward Fast. L’une de ces recommandations, très directe, consiste à mettre en place un conseil de l’éducation internationale et de la recherche formé de hauts fonctionnaires et de représentants du secteur dont les travaux porteraient sur cet aspect si important de l’économie canadienne et qui seraient chargé de coordonner les stratégies du pays en matière de recherche, d’innovation, de commerce et de ressources humaines.

Les consultations visant à mettre à jour la Stratégie commerciale mondiale du Canada ont permis d’établir que l’accès aux talents constitue une priorité pour les employeurs canadiens et est essentiel pour attirer des étudiants et des chercheurs étrangers de haut calibre. La collaboration internationale en matière de recherche à l’échelle mondiale est pour sa part considérée comme favorisant la croissance économique, le commerce bilatéral et la formation des talents. Compte tenu des liens qui existent entre tous ces aspects, l’éducation doit être clairement considérée comme un secteur économique prioritaire et être activement promue et soutenue par le Service des délégués commerciaux du Canada.

Afin de relever ces défis, les agents en poste à l’étranger auront un travail exigeant à accomplir –surtout ceux qui ont été embauchés sur place et qui n’ont aucune expérience de l’éducation au Canada. L’AUCC et ses partenaires sont prêts à faire profiter le personnel des missions canadiennes à l’étranger de leur expertise, ainsi qu’à les aider à mieux comprendre le secteur de l’éducation.

L’éducation internationale est, à tous égards, essentielle à la réussite du Canada dans une économie du savoir mondiale en rapide évolution. La stratégie ambitieuse recommandée par le Comité consultatif sur la stratégie du Canada en matière d’éducation internationale profitera aux Canadiens de l’ensemble du pays. Elle permettra aux employeurs d’avoir accès aux talents et aux marchés mondiaux dont ils ont besoin, enrichira les collectivités et contribuera à rendre notre pays plus prospère et novateur. Voilà une vision à mettre en œuvre.

Opinion - 21 septembre 2012

La version anglaise de cet article d’opinion a été publié par Research Money

Par Daniel Woolf 
Principal et vice-chancelier de la Queen’s University
Président du Comité consultatif permanent de la recherche universitaire de l’Association des universités et collèges du Canada

Les étudiants ont vécu la rentrée et sont maintenant bien intégrés à la vie universitaire ici sur le campus de la Queen’s University. Bon nombre de ceux qui étudient aux cycles supérieurs ont passé l’été sur le campus à travailler auprès de professeurs à divers projets de recherche – la recherche ne dort jamais.

Au Canada, nous avons la cote pour les réalisations en matière de recherche. Les équipes de recherche canadiennes ont élevé notre rendement au rang de chef de file mondial dans des domaines d’expertise comme les technologies de l’information et des communications, la santé, l’éducation et la gestion de l’environnement. Nous devons toutefois aller encore plus loin pour livrer concurrence aujourd’hui dans le marché mondial hautement concurrentiel de la recherche qui est de l’ordre de billions de dollars. Nos contemporains consacrent déjà beaucoup de ressources et d’attention à ce marché.

Prenons le Brésil. Ce pays est en voie de devenir la cinquième économie mondiale au cours des prochaines années. Ses universités accueillent 5,4 millions d’étudiants et elles forment déjà plus de titulaires de doctorats que le Canada. D’autres parties du monde sont aussi devenues des moteurs économiques mondiaux; d’ici vingt ans, plus de 40 pour cent du produit intérieur brut mondial seront concentrés en Asie.

La collaboration est devenue à la fois une norme et une nécessité parmi les chercheurs de renommé internationale. Au Canada, 40 pour cent des professeurs ont reçu leur premier grade ou leur grade le plus élevé dans un pays étranger, et 30 pour cent des titulaires de Chaires de recherche du Canada ont été recrutés à l’étranger. Les plus grands chercheurs collaborent comme jamais auparavant afin de tirer parti de la mise en commun des données et des connaissances, et de travailler ensemble. Près de 50 pour cent des publications universitaires du Canada sont cosignées par un auteur étranger, un taux deux fois plus élevé qu’il y a 15 ans et deux fois celui de la moyenne mondiale. Nous devons à présent intensifier nos efforts afin de nous adapter au contexte mondial de la recherche en constante évolution.

On se tourne vers les partenariats étrangers lorsque les puissances mondiales traditionnelles se retrouvent en situation financière difficile. La reprise économique plus lente que prévu aux États-Unis et l’instabilité économique persistante au sein de l’Union européenne ont ouvert la voie au Brésil, à la Chine et à l’Inde. Devant de tels changements, la constance se définit par la reconnaissance internationale et collective du fait que les investissements en recherche universitaire stimulent la croissance économique à court et à long terme. Au cours des dix dernières années, nos concurrents ont consacré des ressources considérables dans tous les secteurs de la recherche.

La Royal Society of London estime que le nombre total de chercheurs dans le monde s’élève à sept millions. Dans l’économie mondiale axée sur la recherche, les nouveaux joueurs qui profitent de démographies florissantes, accordent une grande importance à la recherche et la croissance économique.

Comme d’autres l’ont dit avant moi, le Canada devra faire des choix. Une révolution économique, sociale et technologique est en cours partout dans le monde. Au cours des prochaines décennies, nous devrons faire face à des enjeux de taille dans les domaines de l’économie, de la santé et de l’emploi en raison des changements démographiques qui se dessinent. D’ici 2030, la proportion de la population âgée de 65 ans et plus doublera tandis que la population active (les 25 à 64 ans) n’augmentera que de huit pour cent. Pour compenser et demeurer concurrentiel sur la scène internationale, le Canada doit se servir de ses atouts considérables sur le plan de la recherche pour stimuler l’innovation et accroître sa productivité.

Les collaborations internationales donnent déjà des résultats concrets, et ce n’est que le début. Le travail d’équipe dans le cadre de partenariats avec l’étranger en matière de planification et de recherche sur les pandémies permettra de mieux connaître les maladies infectieuses et en combattre plus rapidement la propagation. En ce qui concerne les grands bouleversements écologiques ou la surpopulation, la collaboration permettra de cerner les problèmes et de gérer adéquatement les ressources de la planète.

La Queen’s University travaille par exemple en partenariat avec l’Université Fudan de Shanghai et l’Université du Sud-Ouest de la Chine pour offrir des programmes universitaires de l’Ontario dans le domaine de la biologie de terrain. Ainsi, des étudiants des deux pays effectuent des études sur les milieux aquatiques et les écosystèmes du fleuve Yangzi Jiang dans les environs du projet du Barrage des Trois-Gorges en Chine, ainsi que dans les régions du fleuve Saint-Laurent et de l’arche de Frontenac de l’Est de l’Ontario.

En outre, Colin Funk, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en médecine moléculaire, cellulaire et physiologique à la Queen’s University, est le seul scientifique canadien à collaborer avec un consortium international composé de 39 chercheurs provenant de 18 établissements de quatre pays. Leurs travaux consistent à personnaliser la pharmacothérapie des médicaments les plus consommés dans le monde pour entre autres réduire les risques de crise cardiaque et d’insuffisance cardiaque.

Ces exemples démontrent que le Canada dispose de talent à offrir. Si nous voulons que le Canada soit perçu comme un partenaire intéressant, il faut placer la R-D au sommet des priorités d’investissements, et faire connaître cet engagement partout dans le monde. La concurrence est féroce. Nos collègues étrangers à la recherche de collaboration dans le cadre de projets complexes iront naturellement là où les ressources, le talent et les investissements sont disponibles.

Alors que ses concurrents font un bond en avant, le Canada doit s’engager à faire des investissements en R-D, particulièrement du côté du secteur privé, car si nous ne manifestons pas davantage d’intérêt, nos collaborateurs potentiels iront faire des affaires ailleurs, et nous risquons de voir partir aussi les chercheurs canadiens.

Pour assurer la prospérité chez soi, il faut faire de ses concurrents étrangers des alliés. Concurrence et collaboration vont désormais de pair et permettent, lorsqu’on parvient à concilier les deux, d’améliorer l’innovation, la productivité, le mieux-être, l’esprit d’entreprise et l’emploi au Canada.

Opinion - 10 septembre 2012

La version anglaise de cet article d’opinion a été publié par le Toronto Star le 8 septembre 2012.

Par Alastair Summerlee
Recteur, Guelph University
Administrateur d’office, Association des universités et collèges du Canada

La mobilité des étudiants aux cycles supérieurs est un processus bidirectionnel. Nous voulons à la fois attirer les meilleurs étudiants étrangers dans nos universités et faire profiter les étudiants canadiens d’une expérience à l’étranger. Alors que le flot d’étudiants entrant au Canada se porte plutôt bien et présente un bon potentiel de croissance, il est loin d’en être de même dans l’autre direction.

Même si le Canada accuse encore un retard par rapport à d’autres pays concurrents en matière de recrutement d’étudiants étrangers, sa part du marché augmente. En 2011, le nombre d’étudiants étrangers inscrits dans les universités canadiennes était à la hausse pour une 16e année consécutive. À l’heure actuelle, quelque 100 000 étudiants étrangers originaires de plus 200 pays fréquentent les universités du Canada.

Pourquoi est-ce important? Tout d’abord, les étudiants étrangers enrichissent l’expérience d’apprentissage de leurs homologues canadiens en apportant leurs points de vue, leurs langues et leurs cultures sur nos campus. Ils contribuent également à la prospérité du Canada.

Certains croient que ces étudiants venus d’ailleurs coûtent cher aux contribuables, mais ce n’est pas du tout le cas. En règle générale, ils couvrent entièrement le coût de leur formation et produisent des retombées économiques considérables. Selon un rapport publié par le gouvernement fédéral en juillet 2012, les étudiants étrangers au Canada génèrent 81 000 emplois, injectent près de huit milliards de dollars dans l’économie et produisent plus de 445 millions de dollars en revenus annuels pour le gouvernement. Ces chiffres sont supérieurs à ceux des exportations canadiennes de blé.

Au cours des prochaines années, les universités canadiennes et leurs partenaires du gouvernement et du secteur privé prévoient intensifier leur collaboration afin d’attirer en plus grand nombre les étudiants étrangers sur leurs campus. Il ne faudrait cependant pas oublier d’offrir davantage de possibilités d’études à l’étranger aux Canadiens. Malheureusement, seulement 12 pour cent des étudiants au premier cycle participent à une expérience d’études à l’étranger menant à l’obtention de crédits pendant la durée de leur programme d’études. Le monde exige davantage de la part du Canada.

L’avenir du Canada est de plus en plus façonné par des forces mondialement interconnectées qui évoluent rapidement. Pour se démarquer, le Canada a besoin d’une main-d’œuvre possédant une connaissance d’autres pays, d’autres cultures et d’autres langues et apte à établir des partenariats avec des collègues étrangers. En permettant à un plus grand nombre d’étudiants canadiens de vivre et d’apprendre tout en côtoyant une autre culture que la leur, le Canada formera des citoyens du monde et la main-d’œuvre dont il a besoin pour prospérer dans la nouvelle économie du savoir.

Selon une enquête récente du BCEI, 91 pour cent des employeurs disent reconnaître la valeur des candidats ayant vécu une expérience à l’étranger parce que cette expérience leur a permis d’acquérir la compréhension d’une autre culture. Par ailleurs, 50 pour cent des employeurs ont affirmé qu’à compétences égales, ils privilégieraient un candidat ayant vécu une expérience d’études à l’étranger.

Les expériences d’études à l’étranger jouent également un rôle important dans le processus de croissance personnelle des étudiants. Les années passées à l’université ont une influence déterminante sur la vie de beaucoup de jeunes Canadiens. Le contact avec des langues, des cultures et des milieux étrangers ainsi que les expériences que celles-ci les amènent à vivre les enrichissent encore davantage. Ils reviennent au pays non seulement avec une meilleure compréhension du monde qui les entoure, mais également avec une meilleure compréhension d’eux-mêmes. À leur retour, ils saisissent aussi mieux la valeur de l’identité canadienne.

À la University of Guelph, j’ai vu des centaines d’étudiants revenir d’une expérience d’études à l’étranger avec une compréhension nouvelle de ce qui distingue le Canada et de la chance qu’ils ont d’y habiter. Ils s’émerveillent de tout ce que nous pouvons accomplir chaque jour; des choses qu’ils tenaient auparavant pour acquises.

À moins d’augmenter considérablement le nombre d’étudiants canadiens appelés à vivre une expérience à l’étranger, le Canada risque d’être dépassé. Il suffit de regarder ses concurrents économiques. Environ 33 pour cent des étudiants allemands et 20 pour cent des étudiants américains effectuent un séjour à l’étranger pendant leurs études universitaires.

Des considérations d’ordre financier sont souvent citées comme principal obstacle à l’augmentation des taux de participation aux expériences d’études à l’étranger. Nous pouvons faire quelque chose.

La mise sur pied d’un programme pancanadien de mobilité étudiante, financé par le gouvernement et le secteur privé, permettrait aux étudiants canadiens d’acquérir l’expérience internationale dont ils ont besoin pour réaliser leur plein potentiel et contribuer à l’économie mondiale. Un tel programme devrait offrir des possibilités d’études, de travail et de recherche de durée variée à l’étranger. La participation du secteur privé est indispensable pour permettre aux étudiants d’acquérir une expérience pratique grâce à des stages et autres expériences semblables.

Je suis de plus en plus convaincu que ce programme verra le jour – et prochainement – à la lumière du rapport du comité consultatif sur la stratégie du Canada en matière d’éducation internationale, rendu public le 14 août. Le comité, présidé par Amit Chakma, recteur de l’Université Western, avait pour mandat de conseiller le gouvernement fédéral sur l’élaboration d’une nouvelle stratégie en matière d’éducation internationale. Il recommande la création d’un vaste programme de mobilité qui permettra à 50 000 étudiants canadiens de plus de prendre part annuellement à un séjour d’études, à un échange culturel ou à une activité d’apprentissage par le service ou l’expérience à l’étranger d’ici 2022.

Les expériences à l’international ouvrent de nouveaux horizons. Elles aident les jeunes à comprendre la place qu’occupe le Canada dans le monde, et la place qu’eux-mêmes occupent au Canada. Les études à l’étranger contribuent à former les travailleurs sensibles aux différentes cultures dont le marché du travail a besoin.

Plus important encore, ces expériences contribuent à former de jeunes adultes empathiques et au fait des enjeux mondiaux, qui sont prêts à prendre leur place dans le monde. Et c’est exactement ce dont le Canada a besoin.

Opinion - 3 septembre 2012

La version anglaise de cet article d’opinion a paru dans le Hill Times le 3 septembre 2012.

Par Paul Davidson
Président-directeur général
Association des universités et collèges du Canada

Un produit de grande qualité, un prix abordable et une demande croissante. Voilà la recette de la réussite en affaires. Lorsqu’il est question d’éducation internationale, ces trois ingrédients sont gages de croissance économique dans les collectivités de partout au pays. Et le Canada les possède tous.

Nous avons la chance d’offrir des programmes d’éducation exceptionnels à tous les niveaux. Au niveau universitaire, nos programmes de très grande qualité jumelés à des frais de scolarité abordables procurent une valeur hors du commun. La demande visant l’excellence en éducation est en croissance partout dans le monde, et en particulier dans des pays comme l’Inde, le Brésil et la Chine, où la classe moyenne grandissante recherche des programmes d’études de grande qualité à l’étranger.

Le défi à relever est pressant et consiste à déterminer comment tirer parti de nos atouts afin de renforcer l’image de notre système d’éducation à l’étranger, d’améliorer les possibilités d’éducation internationale offertes aux étudiants canadiens et de répondre aux besoins changeants du marché de l’emploi canadien. Un nouveau rapport publié cette semaine propose au gouvernement fédéral une feuille de route pour y parvenir.

Le rapport du comité consultatif sur la stratégie du Canada en matière d’éducation internationale, publié le 14 août, présente un solide plan pour accroître la prospérité au Canada par des investissements et par la création de partenariats stratégiques pour accroître le domaine de l’éducation internationale.

Afin de maximiser le fort potentiel du Canada en matière d’éducation internationale, les partenaires du gouvernement, du milieu de l’enseignement supérieur et du secteur privé doivent s’unir pour renforcer l’image de marque du système d’éducation canadien, d’établir des partenariats en recherche et en innovation et de faire en sorte qu’un nombre accru d’étudiants canadiens profitent d’expériences d’études à l’étranger. Les investissements produiront des retombées importantes et durables sur les plans économique, social et culturel.

Le Canada dispose d’une base solide sur laquelle prendre appui. En 2011, le nombre d’étudiants étrangers inscrits dans les universités canadiennes était à la hausse pour une 16e année consécutive. Les effectifs étrangers à temps plein ont augmenté de plus de 11 pour cent depuis 2010 et ont quadruplé depuis 1995. Quelque 100 000 étudiants étrangers originaires de plus 200 pays fréquentent actuellement les universités du Canada, attirés par son milieu d’éducation renommé offrant de nombreuses possibilités et par ses campus sécuritaires et accueillants.

Ces étudiants de partout dans le monde viennent enrichir l’expérience d’éducation des Canadiens, apportant une vision mondialisée et de nouvelles perceptions culturelles sur les campus. Leur présence produit également d’immenses retombées économiques. Selon un rapport publié par le gouvernement fédéral en juillet 2012, les étudiants étrangers au Canada génèrent 81 000 emplois, injectent près de huit milliards de dollars dans l’économie et plus de 445 millions de dollars en revenus pour le gouvernement. Ces chiffres sont supérieurs à ceux des exportations canadiennes de blé. Le Canada, qui était auparavant « le grenier du monde », est devenu aujourd’hui le « cerveau du monde ».

Parmi ses recommandations les plus importantes, le comité consultatif propose de créer un important programme de mobilité des étudiants canadiens à l’étranger. Les employeurs canadiens réclament des travailleurs qui possèdent une connaissance des pays, des langues et des cultures étrangers. Nous avons besoin de diplômés en mesure d’établir des partenariats avec des collègues de partout dans le monde. Nous avons besoin de former des citoyens du monde.

Malheureusement, seulement trois pour cent des étudiants au premier cycle participent à une expérience d’études à l’étranger menant à l’obtention de crédits pendant la durée de leur programme. Des considérations d’ordre financier sont souvent citées comme principal obstacle à la participation à un échange universitaire, à une collaboration en recherche ou à un stage à l’étranger. Le comité recommande de permettre à 50 000 étudiants canadiens de prendre part annuellement à un séjour d’études, à un échange culturel ou à une activité d’apprentissage par le service ou l’expérience à l’étranger d’ici 2022. Les partenariats sont un élément clé de cette stratégie, suivant l’idée que les universités, les gouvernements provinciaux et territoriaux ainsi que les partenaires du secteur privé doivent, conjointement avec le gouvernement fédéral, participer au financement de ce nouveau programme de mobilité étudiante d’envergure.

Les universités canadiennes sont d’avis que les partenariats et la collaboration sont essentiels à la réussite dans le domaine de l’éducation internationale. Cinq associations nationales qui représentent le secteur de l’éducation, dont l’AUCC, collaborent dans le cadre du Consortium canadien pour le marketing international de l’éducation afin de renforcer l’image d’excellence du Canada dans le marché mondial de l’éducation. Les universités canadiennes travaillent également avec leurs partenaires du secteur privé et du gouvernement à l’établissement de relations internationales dans les domaines de l’éducation, de la recherche et de l’innovation.

Le rapport du comité consultatif offre au gouvernement fédéral l’occasion de mieux coordonner ses stratégies en matière de développement économique, de sciences et de technologie, de commerce mondial, d’immigration et d’emploi. Il propose un plan qui permettra au Canada de devenir un chef de file international en éducation, en recherche et en innovation, ainsi qu’un plan d’affaires visant des investissements dans des secteurs clés au profit de la prospérité.

Les changements constants dans le marché mondial de l’éducation dicteront la portée, l’étendue et l’urgence des prochaines étapes pour le Canada. Ces étapes devront être réfléchies, coordonnées, audacieuses et ambitieuses. À nous de les définir.


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