Cette lettre a paru sur le site Web de la Montreal Gazette le 25 mars 2013.
Christine Tausig Ford
Vice-présidente
Association des universités et collèges du Canada
Un débat important sur la pénurie de main-d’œuvre qualifiée est en cours au Québec et partout au Canada. Malheureusement, le débat se fait dans un discours mal documenté, ce qui masque les véritables enjeux.
Voilà justement ce que fait l’article publié par Christopher Curtis à la suite du budget (« Critics say Ottawa needs to start improving access to post-secondary education », 21 mars). M. Curtis y reprend le constat erroné selon lequel les diplômés universitaires terminent leurs études avec une dette moyenne de 28 000 $. C’est tout simplement faux.
En fait, 40 pour cent des étudiants universitaires terminent leurs études sans dette. Parmi les étudiants endettés, la moyenne s’établit à 24 000 $.
Heureusement, en cette période postbudgétaire, on prête une attention accrue aux domaines qui affichent une véritable pénurie d’employés qualifiés. Comme le souligne une récente étude de la CIBC, la plupart des professions en demande au Canada, y compris dans les secteurs de la santé, des sciences et de la gestion, exigent un diplôme universitaire.
La version anglaise de cette lettre a paru dans le Vancouver Sun, le 1er décembre 2012.
par Christine Tausig Ford
Vice-présidente et administratrice en chef
Dans sa chronique, Dan Ovsey induit le lecteur en erreur quant à la manière dont les universités préparent les étudiants pour le marché de l’emploi actuel. En plus de former des citoyens ouverts sur le monde, les universités forment des diplômés pouvant s’adapter aux besoins du marché du travail canadien.
Entre 1990 et 2011, le nombre d’emplois occupés par des diplômés universitaires a plus que doublé, passant de 1,9 million à 4,5 millions, alors que le nombre d’emplois pour les métiers spécialisés a augmenté du tiers seulement.
Au cours de la même période, les postes de professionnels et de gestionnaires ont augmenté de 1,7 million, parmi lesquels 1,4 million étaient occupés par des diplômés universitaires. Les possibilités d’emplois pour les diplômés ont principalement connu une croissance dans les postes exigeant de hautes qualifications.
Rien n’indique que le marché du travail compte un trop grand nombre de diplômés universitaires surqualifiés, comme le suggère l’article. La majorité des jeunes sans emploi, auxquels l’auteur fait référence en citant les données de Statistique Canada, n’ont pas terminé d’études universitaires, et certains ne possèdent même pas de formation postsecondaire.
M. Ovsey signale la nécessité de créer des partenariats entre les universités et les employeurs afin de préparer les jeunes au travail. En fait, plus de la moitié des étudiants au premier cycle font aujourd’hui des stages dans le cadre des programmes coopératifs et acquièrent ainsi une expérience de travail pendant leurs études.
Il soutient aussi que, alors que les effectifs universitaires sont en hausse, des milliers de postes pour les métiers spécialisés ou techniques sont vacants dans les provinces où l’économie est en expansion.
Toutefois, depuis 2000, la croissance de l’emploi pour les diplômés universitaires est nettement plus forte que pour n’importe quel autre niveau de formation.
Même en Alberta, où l’économie est florissante, les emplois occupés par des diplômés universitaires surpassent les emplois occupés par des titulaires de diplômes professionnels dans une proportion de quatre pour un.
Le diplôme universitaire demeure le moyen le plus sûr d’accéder à la prospérité, et les diplômés universitaires demeurent essentiels au bien-être économique du Canada.
La version anglaise de cette lettre à la rédaction a paru dans The Walrus le 13 novembre, 2012
Paul Davidson
Président-directeur général de l’Association des universités et collèges du Canada
Dans l’article The Uses and Abuses of University (octobre), les auteurs Ken Coates et Bill Morrison donnent une image trompeuse des perspectives d’avenir des diplômés d’aujourd’hui et du rôle que jouent les universités pour la prospérité du Canada.
Entre 1990 et 2011, le nombre d’emplois occupés par des diplômés universitaires a plus que doublé, passant de 1,9 million à 4,5 millions, alors que le nombre d’emplois pour les métiers spécialisés a augmenté de 31 pour cent. Au cours de la même période, les postes de professionnels et de gestionnaires ont augmenté de 1,7 million, et 1,4 million d’entre eux étaient occupés par des diplômés universitaires. La croissance des possibilités d’emplois destinés aux diplômés est principalement attribuable à l’existence de postes exigeant de hautes qualifications; rien n’indique que le marché du travail compte un trop grand nombre de diplômés universitaires surqualifiés, comme le suggère l’article.
L’article soutient aussi que, alors que les inscriptions grimpent dans les universités, des milliers de postes pour les métiers spécialisés ou techniques sont vacants dans les provinces où l’économie est en expansion. Toutefois, depuis 2000, la croissance de l’emploi pour les diplômés universitaires est nettement plus forte que pour n’importe quel autre niveau de formation. En fait, le nombre d’emplois destinés aux diplômés universitaires a augmenté trois fois plus que les autres, et ce, même en Alberta.
Les diplômés universitaires ont, dans l’ensemble, un revenu et une stabilité d’emploi supérieurs à ceux des personnes qui ne possèdent pas de formation universitaire. Au cours de leur carrière, les diplômés universitaires auront un revenu supérieur de un million de dollars à celui des gens de métier ou des diplômés des collèges qui travaillent à plein temps.
L’argument de MM. Coates et Morrison ne tient pas compte des faits et risque d’induire en erreur les jeunes, leurs parents et les conseillers en orientation qui tracent la voie de l’avenir.
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Pour lire cette lettre et autres qui traitent du même sujet, visiter la page http://thewalrus.ca/letters-9-10/
La version anglaise de cet article d’opinion a paru dans le Globe and Mail le 4 septembre 2012.
Par Paul Davidson
Président-directeur général
Association des universités et collèges du Canada
Tout comme la ruée pour acheter de nouvelles chaussures de course aux enfants et les soirées qui raccourcissent, les derniers jours d’août entraînent invariablement leur lot d’éditoriaux s’interrogeant sur la valeur d’une formation universitaire, déplorant le montant des frais de scolarité et rappelant avec nostalgie l’âge d’or prétendument révolu de l’enseignement supérieur. Récemment, ces opinions se retrouvent également dans des articles suggérant que les diplômés d’aujourd’hui sont mal préparés pour le marché du travail et que les universités ne contribuent pas à l’atteinte des objectifs du Canada en matière de recherche et d’innovation.
S’il est vrai que les frais de scolarité ont augmenté au cours des dernières années, il en va de même pour la valeur des diplômes. Les avantages que confèrent les diplômes universitaires sur le plan du revenu sont grands et augmentent sans cesse. En moyenne, un diplômé universitaire gagnera 1,3 million de dollars de plus pendant sa carrière qu’un diplômé du secondaire et un million de dollars de plus qu’un diplômé du collégial. Et contrairement à ce qu’on peut lire dans les journaux, il y a de l’emploi pour les diplômés universitaires. De juillet 2008 à juillet 2012, 700 000 nouveaux emplois ont été créés au Canada pour les diplômés universitaires, contre 320 000 pour les diplômés collégiaux. Le nombre d’emplois disponibles n’exigeant pas de formation postsecondaire a pour sa part diminué de plus de 640 000.
L’endettement est un problème grave que nous devrions tous tenter de résoudre, mais il importe de souligner que plus de quatre diplômés canadiens sur 10 terminent leurs études sans aucune dette. Parmi ceux qui ont une dette, près du tiers doivent moins de 12 000 $. Comment pouvons-nous assurer un bon équilibre entre la valeur privée, l’intérêt public et l’accès?
Généralement, les Canadiens surestiment le coût d’un diplôme et en sous-estiment la valeur. En cette période de grande incertitude, les études universitaires demeurent le moyen le plus sûr pour les Canadiens d’accéder à la prospérité.
Une des plus grandes réussites des politiques publiques des trois dernières décennies a été l’amélioration de l’accès à un enseignement supérieur de grande qualité au Canada. Alors que l’enseignement supérieur a déjà été l’apanage de l’élite (en 1980, seulement 10 pour cent des jeunes Canadiens fréquentaient l’université), le nombre d’étudiants à temps plein a augmenté de façon constante si bien que cet automne, un jeune Canadien sur quatre fréquentera l’université à temps plein. En effet, depuis 2000 seulement, les inscriptions ont augmenté de plus de 50 pour cent. Pour la première fois l’automne dernier, les inscriptions à temps plein au premier cycle ont franchi le cap du million. Le Canada aura besoin de tous ces jeunes, et plus encore, pour compenser la vague de départs à la retraite qui a commencé à déferler. Au cours des 20 prochaines années, six millions de Canadiens partiront à la retraite, et bon nombre de ces postes, en plus des nouveaux emplois créés dans un monde de plus en plus axé sur le savoir, devront être pourvus par des diplômés universitaires. Il est essentiel d’injecter des fonds publics pour que les étudiants d’aujourd’hui aient droit à une éducation de qualité équivalente à celle des générations précédentes afin d’assurer la vigueur économique du Canada dans les années à venir.
En toute honnêteté, les investissements publics n’ont pas suivi la hausse effrénée des effectifs. En fait, en fonction du nombre d’étudiants, la contribution provinciale aux budgets de fonctionnement des universités est demeurée au niveau de 1997. Vous avez bien lu. Alors que 20 ans auparavant, l’aide publique au fonctionnement s’élevait en moyenne à 22 400 $ par étudiant, ce montant n’était plus que de 11 600 $ en 1997 et il est resté inchangé depuis. On peut présumer que les universités d’aujourd’hui arrivent à faire considérablement plus avec beaucoup moins.
Les programmes coopératifs et les stages, dans l’industrie et dans la société en général, sont devenus un élément caractéristique de l’expérience universitaire au Canada. Alors que ces formules étaient auparavant réservées à quelques programmes dans une poignée d’universités, c’est désormais plus de la moitié des étudiants qui mettent leurs idées au travail pendant leurs études. Ils profitent de ce premier contact avec le monde du travail tout comme les entreprises bénéficient de cette source accessible d’énergie, d’idées et de nouvelles méthodes.
Au Canada, plus de la moitié des professeurs ont été embauchés au cours des 10 dernières années. Partout au pays, une nouvelle génération de professeurs offre aux étudiants des occasions concrètes de recherche, une expérience qui stimule l’imagination et contribue à bâtir une culture de l’innovation. Aller à l’université, c’est plus qu’un rite de passage. C’est l’occasion de participer aux idées et à la recherche qui générera de nouvelles connaissances qui seront ensuite transformées en produits, processus et services. L’environnement de recherche est un lieu de formation essentiel pour les étudiants. La capacité à cerner un problème, à trouver des solutions et à appliquer de nouvelles connaissances dans des domaines connexes rend parfaitement l’idée d’innovation et se trouve au cœur de la mission des universités. La recherche transforme nos façons de penser, d’agir et de vivre.
Depuis 1997, les investissements fédéraux en recherche et en innovation ont doté le Canada d’une plateforme extraordinaire pour mener de la recherche de calibre mondial au profit des Canadiens et du monde entier. Ces investissements sont indispensables si le Canada veut se tailler une place de choix dans un contexte de mondialisation. Ils sont surtout essentiels à la réalisation de nouvelles découvertes et à l’éclosion de talents qui entraîneront l’amélioration des perspectives économiques pour tous les Canadiens. Finalement, l’apprentissage dans un milieu enrichi par la recherche permet aux diplômés universitaires du XXIe siècle d’acquérir les idées et les compétences que recherchent – et dont ont besoin – les employeurs d’aujourd’hui.
En passant, ces chaussures de course que vous achetez en prévision de la rentrée? Elles sont très perfectionnées grâce aux travaux de chercheurs universitaires, dont ceux du laboratoire de la performance humaine de l’Université de Calgary, qui emploie les plus grands spécialistes au monde en biomécanique des chaussures de sport.
La version anglaise de cette lettre à la rédaction a paru dans le Globe and Mail le 31 août 2012.
Par Christine Tausig Ford
Vice-présidente et administratice en chef
Association des universités et collèges du Canada
Dans l’article intitulé Why We Should All Care About Student Debt (ROB, 30 août), Rob Carrick réprimande le système d’écoles publiques qui, selon lui, conseille mal les étudiants par rapport à l’éducation postsecondaire et à l’endettement. Son commentaire pourrait malheureusement induire en erreur les étudiants et leurs parents.
Quatre étudiants sur 10 terminent leurs études sans dette. Ceux qui terminent leurs études avec une dette doivent moins de 12 000 $, et la dette médiane de ceux qui ont emprunté est de 23 500 $.
Malgré la période économique difficile, de nombreux emplois sont créés pour les diplômés universitaires. De juillet 2008 à juillet 2012, 700 000 nouveaux emplois nets ont été créés pour les diplômés universitaires comparativement à 320 000 pour les diplômés des collèges.
Au cours de leur carrière, les diplômés universitaires auront un revenu supérieur de un million de dollars à celui des gens de métier ou des diplômés des collèges qui travaillent à plein temps. Les études universitaires sont le moyen le plus sûr d’accéder à la prospérité.