
Un nombre croissant d’étudiants en calcul et en chimie organique de la Wilfrid Laurier University ont la possibilité de mieux réussir grâce à l’utilisation de modèles d’enseignement mixte novateurs combinant les cours en classe et l’apprentissage en ligne.
Beaucoup d’étudiants qui assistent au cours d’introduction à la chimie organique peuvent trouver la matière rebutante. Stephen MacNeil, professeur adjoint de chimie à la Wilfrid Laurier University, donne ce cours dans une grande salle de conférences depuis 2004. Malgré ses nombreuses tentatives au fil des ans d’augmenter la participation des étudiants en classe, il la trouvait insuffisante, lorsqu’il avait recours au traditionnel enseignement magistral que ce soit lors d’échanges avec lui, entre eux ou sur le contenu du cours.
« C’est peut être en partie parce qu’ils ne savaient pas grand-chose en arrivant en classe, s’interroge M. MacNeil. Ils voyaient la matière pour la première fois et n’étaient pas vraiment à l’aise de me répondre. »
En 2009 2010, pendant un congé sabbatique, M. MacNeil a commencé à faire des recherches sur différentes méthodes d’apprentissage mixte, ce qui l’a amené à modifier sa méthode d’enseignement en y intégrant des activités avant, pendant et après chaque leçon. Avant la leçon, les étudiants doivent visionner des diapositives et des vidéos en ligne sur le sujet qui sera abordé en classe. Ils ont aussi des devoirs à rendre avant chaque leçon qui leur permettent d’accumuler des points. Le taux de participation est d’environ 90 pour cent.
« Avant la leçon, je peux ainsi rapidement cerner les questions qui posent problème et leur accorder un peu plus de temps », explique M. MacNeil. « Si les étudiants ont raisonnablement bien fait leurs travaux préliminaires, je peux éviter de faire un cours magistral et nous pouvons prendre du temps en classe pour examiner d’autres questions ensemble. »
Après chaque leçon, les étudiants doivent faire des travaux en ligne portant sur des questions choisies par M. MacNeil afin d’aborder les difficultés décelées dans les devoirs préliminaires ou les travaux effectués en classe.
« Cette étape permet de clore un chapitre avant de passer aux travaux de la semaine suivante », poursuit M. MacNeil, qui a gagné un Prix pour l’excellence en enseignement en 2011, en partie pour son utilisation de méthodes novatrices dans la transmission des connaissances aux étudiants.
Mary Samimi, étudiante de troisième année en chimie à la Wilfrid Laurier University, admet qu’elle était très inquiète par rapport au cours de chimie organique.
« J’avais surtout peur de prendre du retard. Il y a tellement de choses à apprendre, explique Mme Samimi. Le fait de passer la matière en revue avant le cours était génial, car cela me permettait vraiment de renforcer les concepts dans mon esprit, plutôt que de les voir pour la première fois en classe ».
Ce ne sont pas seulement les étudiants en chimie organique qui bénéficient de la nouvelle méthode d’apprentissage mixte. David Vaughan, professeur de mathématiques à la Wilfrid Laurier University et vice-doyen aux priorités et à la planification, a remarqué que les étudiants de première année en calcul possédaient des connaissances très diverses en mathématiques.
M. Vaughan a décidé d’offrir aux étudiants des modules de calcul en ligne constitués d’un certain nombre de devoirs pour les aider à réviser la matière préalable importante au calcul et leur donner la chance de montrer qu’ils maîtrisent ces concepts. Le programme par modules est une façon d’uniformiser leurs compétences.
« Nous voulions permettre aux étudiants de réviser les concepts mathématiques de base à partir desquels nous pourrions ensuite développer », souligne M. Vaughan.
Les modules de calcul sont intégrés à trois cours de calcul de première année : Calcul I, Introduction au calcul différentiel et intégral et Initiation au calcul en sciences sociales et en affaires. Lorsque ces modules ont été intégrés pour la première fois en 2008 2009, le taux de participation était de 10 pour cent seulement. En 2010 2011, le taux de participation à ces modules facultatifs avait grimpé à 46 pour cent et les étudiants inscrits au cours d’introduction au calcul différentiel et intégral affichaient le taux de participation le plus élevé, soit 85 pour cent.
« Plus il y avait d’étudiants au courant de ces cours, plus ils devenaient populaires », relate M. Vaughan. « En comblant les lacunes dans leur connaissances, ces modules éliminent l’anxiété chez les étudiants et les aident à être mieux préparés. »
Les étudiants reçoivent des points supplémentaires lorsqu’ils obtiennent une note de 80 pour cent ou plus dans les modules. En outre, les étudiants qui ont suivi les modules en ligne en 2010 2011 ont obtenu, en moyenne, des notes finales de deux à trois points plus élevées (sur une échelle de 12 points) que ceux qui ne les avaient pas suivis. En renforçant leurs compétences de base, ils obtiennent aussi de meilleurs résultats dans leurs travaux et aux examens.
M. Vaughan affirme que le succès du programme est en grande partie attribuable à Tina Balfour, la coordonnatrice du Centre d’aide en mathématiques, qui administre le programme et fait le suivi des notes.
« Pour que ce programme fonctionne, il faut que quelqu’un s’y consacre entièrement », soutient M. Vaughan.
« Une méthode mixte comme celle ci aide les étudiants à faire la transition entre le mode d’apprentissage qu’ils ont connu à l’école secondaire et la façon dont ils doivent aborder la matière à l’université pour réussir, affirme Deborah MacLatchy, vice rectrice à l’enseignement et provost de la Wilfrid Laurier University. Cette méthode pédagogique fait appel aux meilleurs outils disponibles – y compris la technologie en ligne – pour y parvenir. »
Une fois les étudiants bien adaptés, l’Université veille à ce qu’ils aient l’occasion d’intégrer la matière vue en classe grâce à des possibilités d’apprentissage par l’expérience, entre autres, au moyen de programmes coopératifs, de stages, d’activités de recherche en collaboration et d’apprentissage par le service communautaire. Cela fait partie d’une nouvelle initiative d’enseignement et d’apprentissage appelée « l’apprentissage actif et intégré à la Wilfrid Laurier University ».
« Nous devons d’abord nous pencher sur l’étape de la transition si nous voulons que les étudiants puissent réussir les étapes suivantes, conclut Mme MacLatchy. De toute évidence, ces méthodes d’enseignement mixte des sciences et des mathématiques fonctionnent. »