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University of Guelph - étude de cas

Propulseur de l’innovation : La University of Guelph

 

Comment faire encore mieux?

Voilà la question que se posait la University of Guelph lorsque, en 2005, Maureen Mancuso, provost de l’établissement, a publié un livre blanc intitulé The Lighting of a Fire: Re-Imagining the Undergraduate Learning Experience. Au nombre de ses conclusions : l’Université ne pouvait se permettre d’adopter une attitude laxiste en apportant des modifications mineures aux cours, mais devait plutôt faire preuve d’avant-gardisme pour déterminer les besoins futurs des étudiants au chapitre des compétences et des types d’apprentissage.

Le comité du « programme du xxie siècle » de l’Université est revenu deux ans plus tard avec une série de recommandations, telles que l’augmentation du nombre de cours de première année intégrés fondés sur la résolution de problèmes, l’intégration d’un nombre accru d’expériences de recherche aux programmes au premier cycle, l’augmentation du nombre d’occasions d’apprentissage à l’étranger et l’accès des étudiants de première et de deuxième année à au moins une expérience d’apprentissage en petits groupes.

Ces recommandations ont notamment entraîné la réorganisation des importants cours de biologie de première année en modules intégrés articulés autour des concepts clés du domaine avec un volet pratique, ainsi que l’ajout de cours d’apprentissage par le service au College of Management and Economics.

Malheureusement, les compressions budgétaires se sont fait sentir. Devant plusieurs choix difficiles, Mme Mancuso a dû se résigner à suspendre, en 2009, les séminaires qui offraient aux étudiants de première année des occasions d’apprentissage interactif en petits groupes de 18 étudiants maximum.

Cette année, elle a réussi à rétablir ces séminaires grâce aux fonds de donateurs, dont l’association des anciens de l’Université, et à un don substantiel de Tye Burt, vice-président du conseil d’administration de l’établissement.

« Au Canada, il n’est pas dans la culture de solliciter des dons pour appuyer les programmes d’études parce qu’on craint que les donateurs interviennent exagérément dans les programmes », explique Mme Mancuso, ajoutant toutefois que ce programme était peu vulnérable aux influences extérieures en raison de la nature interdisciplinaire et originale des séminaires, dont les thèmes sont déterminés par les champs d’intérêt de l’enseignant.

En outre, l’Université est en mesure de démontrer que ces séminaires influent favorablement sur la moyenne pondérée cumulative des étudiants qui les ont suivis, et de présenter des témoignages enthousiastes d’étudiants qui affirment que ces séminaires leur ont donné l’occasion de perfectionner des compétences transférables à d’autres cours.

L’Université ouvre en outre la voie à des discussions entre plusieurs établissements sur l’importance d’intégrer un plus grand nombre d’activités savantes communautaires, comme l’apprentissage par le service et des projets de recherche dans la collectivité pour les étudiants.

Ces discussions ont entre autres porté sur la façon d’élargir les structures de titularisation et de promotion, qui ont toujours considéré les travaux de recherche publiés comme le symbole de l’activité savante, pour inclure d’autres types de travaux tels que l’examen des méthodes d’enseignement et d’apprentissage et la collaboration avec les partenaires communautaires pour trouver des solutions aux problèmes qui touchent la collectivité.

« Il ne suffit pas de changer les politiques, avance Kerry Daly, doyen du College of Social and Applied Science de la University of Guelph et membre de l’équipe de direction du projet. Il faut modifier les attentes et les principes profondément enracinés. C’est ce qui prend du temps, beaucoup de temps. »

Mme Mancuso abonde dans le même sens.

« Les universités évoluent lentement et la culture y est solidement ancrée, précise-t-elle. En plus d’être déterminé, ciblé et patient, il faut également sans cesse être centré sur l’innovation. »


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