BLOGUE

Reliés par un faisceau de lumière

01
mai

À des milliers de kilomètres de distance, des chercheurs sur deux continents ont fait un pas de plus samedi dernier vers la compréhension de la maladie de Crohn.

Le recteur de la University of Saskatchewan, Peter MacKinnon, se trouvait au Laboratoire brésilien de lumière synchrotron, à Campinas, près de la mégapole de São Paulo. Devant lui, les écrans d’ordinateur lui montraient les visages familiers des chercheurs du Centre canadien de rayonnement synchrotron de la University of Saskatchewan.

Son Excellence le très hon. David Johnston, gouverneur général et à sa gauche, Peter MacKinnon, recteur de la University of Saskatchewan, participent à une expérience en direct réalisé de concert avec le Centre canadien de rayonnement synchrotron à Saskatoon © Cplc Dany Veillette, Rideau Hall.

J’ai vu M. MacKinnon saluer ses collègues. Puis, j’ai vu s’afficher, sur les écrans d’ordinateur de Campinas, les images de l’intestin d’un patient atteint de la maladie de Crohn. Ces images avaient été envoyées à l’aide de la ligne de faisceaux de Saskatoon, grâce à un nouveau logiciel conçu au synchrotron canadien. Un instant plus tard, les chercheurs brésiliens avaient commencé à tirer des images expérimentales des échantillons de tissus et à analyser les données ainsi obtenues.

Selon M. MacKinnon, « il s’agit d’un exemple remarquable des nouvelles possibilités de recherche et de collaboration qui s’offrent aux scientifiques et aux étudiants aux cycles supérieurs. » (Il avait réalisé la même expérience plus tôt ce jour-là sous l’œil attentif de Son Excellence, le très honorable David Johnston, gouverneur général du Canada.)

L’expérience faisait partie d’une visite du synchrotron offerte à une trentaine de recteurs canadiens qui se sont rendus au Brésil pour établir des partenariats de recherche et de mobilité avec des collègues brésiliens. Au cours de la mission, les recteurs ont signé quelque 75 ententes visant à consolider leurs relations avec leurs homologues brésiliens.

Laboratoire brésilien de rayonnement synchrotron, à Campina au Brézil. © Cplc Dany Veillette, Rideau Hall.

Avant de visiter le synchrotron, les Canadiens ont visité l’Université de Campinas, ou UNICAMP, non loin de là. Cette université de haute technologie met tout en œuvre pour attirer les meilleurs étudiants et professeurs brésiliens et étrangers.

Le Brésil et le Canada tirent tous deux profit du lien établi entre les synchrotrons, m’a expliqué M. MacKinnon. « C’est incroyablement efficace. Une entreprise de Saskatoon qui veut mener un certain type de recherches non adapté à nos lignes de faisceaux peut maintenant se servir du synchrotron du Brésil. »

Ainsi, au lieu de devoir mettre en place une nouvelle ligne de faisceaux, les chercheurs du synchrotron canadien peuvent maintenant compter sur la collaboration internationale.

Les synchrotrons sont particulièrement utilisés par des chercheurs et des entreprises des domaines des sciences biologiques et des nanomatériaux.

Lors de la visite, j’ai également rencontré Stefan Kycia, professeur de physique à la University of Guelph, qui travaille avec des collègues des synchrotrons du Brésil et du Canada sur le projet du Secteur Brockhouse (à la mémoire du physicien canadien lauréat du prix Nobel et professeur à la McMaster University, Bertram Brockhouse). Le projet vise à établir un secteur de diffusion de rayons X de pointe qui servira dans le cadre d’expériences en physique, en chimie, en science de l’environnement et en géologie, entre autres domaines.

« Nous ne collaborons pas simplement pour nous amuser, m’a expliqué M. Kycia. Il en va de notre survie » dans le monde de la science à grande échelle. Le projet Brockhouse a été financé par le gouvernement fédéral du Canada, les gouvernements provinciaux, dont ceux de l’Ontario et du Québec, ainsi qu’IBM et Petrobras.

« Au lieu de répéter inutilement les travaux, nous mettons nos capacités en commun. C’est très sensé », a ajouté M. Kycia.

Du côté brésilien, la taille et le sérieux de la délégation universitaire canadienne ont fait bonne impression. Les Brésiliens sont tout aussi déterminés. Ils comptent construire un synchrotron à la fine pointe encore plus puissant, appelé Sirius, qui doit entrer en fonction en 2016.

Pourquoi 2016? Le nouveau synchrotron doit servir à allumer la flamme olympique, qui arrivera au Brésil dans quatre ans. Les scientifiques brésiliens comptent bien être prêts à l’accueillir.

AFFICHÉ PAR CHRISTINE TAUSIG FORD À 4:52 / COMMENTER

Commenter

*